Competences & rh

Les nouvelles tendances en matière d’Executive MBA

Par Hassan EL ARIF | Edition N°:5171 Le 19/12/2017 | Partager
Des formations orientées projet et soft skills
L’Ecole des Ponts Business School lance un MBA panafricain
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Alon Rozen, doyen de l’Ecole des Ponts Business School: «Du fait que l’Ecole des Ponts et Chaussées a réorienté ses formations vers un enseignement basé projet, la Business School a elle aussi radicalement changé son MBA pour s’aligner» (Ph. HE)

Alon Rozen, doyen de l’Ecole des Ponts Business School de Paris et maître de conférences, livre le détail des grandes mutations dans le domaine de la formation des cadres supérieurs.
 
- L’Économiste: Comment se positionne l’Ecole des Ponts Business School par rapport aux autres établissements?
- Alon Rozen:
Notre école est plutôt orientée business management et nous complétons le hard skills par des compétences de soft skills, qui sont très en vogue en ce moment, telles que le leadership, l’interpersonnel, l’interculturel, le développement personnel… Nous envisageons de développer notre offre en français dans le domaine de la gouvernance des entreprises publiques, le management des secteurs publics en plus du business des entreprises.
 
- Comment la Business School capitalise-t-elle sur la renommée de l’Ecole des Ponts et Chaussées?
- En plus du nom que nous avons en commun, nous capitalisons sur plusieurs éléments. D’abord, nous faisons partie du même écosystème. Nous partageons  les process, la qualité de la programmation académique, la sélection des professeurs, des élèves. De plus, nous développons des formations complétant les disciplines où notre école a de l’expertise comme le développement durable, la finance, la gestion de projets… Nous développons également un riche échange avec les laboratoires de recherche de l’école.
 - Quelles sont les nouvelles mutations auxquelles on doit s’attendre en matière de formation?
- Il y a deux ans, l’Ecole des Ponts Business School a radicalement changé son MBA pour s’aligner sur les standards de l’Ecole des Ponts et Chaussées. Notre programme s’articule désormais autour de trois projets. Chacun dure un trimestre. Au niveau du Maroc, nous avons développé un «leadership retreat». Le principe consiste en un week-end dédié au développement personnel, interculturel, au leadership, à la formation d’équipe performante, au coaching individuel…
 
- Sur quelles filières allez-vous miser?
- Nous focaliserons de plus en plus sur l’économie circulaire, la gestion durable. Nous avons créé un centre de recherche dédié ici à Paris. Le même centre sera dupliqué au Maroc dès l’année prochaine. Nous avons lancé trois centres de recherches spécialisés dans l’économie circulaire. Trois de nos projets vont bénéficier d’un financement européen et impliqueront nos équipes au Maroc.
Nous avons également mis en place un centre spécialisé dans la politique et la concurrence, qui sera bénéfique au secteur public en termes d’innovation, de transformation digitale, de nouveau mode de gouvernance… Le centre développera de nouvelles formations, dont des Executive MBA spécialisés. Le Maroc et l’Afrique seront un pilier de notre stratégie. Après Paris, nous créerons un deuxième centre à Rabat et un troisième à Dubaï.
 
- Quels besoins en formation avez-vous identifiés au Maroc?
- Nous avons identifié des besoins dans le domaine de la transformation digitale que ce soit dans le privé, le public ou les secteurs mixtes, l’innovation dans les établissements publics, l’administration des entreprises de l’Etat… Pour répondre à ces besoins, nous avons lancé six nouveaux certificats spécialisés et un Executive MBA panafricain, qui sera proposé par notre filiale au Maroc. Ce qui permettra d’attirer des talents de tout le continent.
 
- Le travail change de plus en plus de forme. A quoi doit-on s’attendre à l’avenir?
- Nous assisterons de plus en plus à une fragmentation du travail. On s’oriente de plus en plus vers ce qu’on appelle «Gig economy». Ce qui consiste à travailler seul, en petite équipe, en free lance, ou en équipe mais au sein de l’entreprise avec des postes changeants… Notre constat, c’est que, que ce soit en entreprise ou en indépendant, les cadres sont appelés à faire preuve de beaucoup d’agilité, d’une capacité à s’adapter et à être généraliste, capable de maîtriser plusieurs domaines. Les technologies vont changer rapidement. Ce n’est donc presque pas la peine d’être expert dans une technologie particulière si l’on veut être manager. Il suffit juste d’en connaître les différentes applications business possibles. C’est la raison pour laquelle nos Executive MBA sont tous généralistes.

Un module en arts martiaux

Depuis le début de l’année, l’Ecole des Ponts Business School de Paris propose un module intitulé «Weightlessness», ce qui veut dire impesanteur ou sans poids. C’est un terme emprunté aux arts martiaux, qui signifie être tellement léger qu’on ne touche pas le sol. Le module inclut les arts martiaux, l’autodéfense, la méditation, la prise de décision sous contrainte ou la menace physique, la relaxation en situation de stress… «Nous avons testé ce module à Paris. C’est l’agilité de l’agilité. Et nous pensons l’introduire l’année prochaine au Maroc», annonce Alon Rozen, doyen de l’Ecole des Ponts Business School.

Propos recueillis par Hassan EL ARIF

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