Régions

Fès «formalise» ses ferrachas

Par Youness SAAD ALAMI | Edition N°:5169 Le 15/12/2017 | Partager
Les marchands ambulants recasés dans un marché de proximité dans le quartier Saâda
Libération du domaine public... commerçants, automobilistes et piétons retrouvent le sourire
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L’espace du commerce de proximité Saâda est un projet pilote. Ici, pas moins de 500 commerçants viennent d’être recasés. Ils sont soumis à un régime très strict. Tout manquement au règlement peut être sanctionné… Tout bénef pour eux, c’est déjà le rush! (Ph. YSA)

Que du bon dans l’opération de recasement des marchands ambulants à Fès. La libération du domaine public du quartier Saâda a redonné confiance aux piétons, décongestionné la voirie, et soulagé les commerçants. Cette initiative, qui fait écho à celle menée à Casablanca à Hay Mohammadi, a connu un franc succès.

Lancée par les autorités locales, celle-ci a été menée de concert avec plus de 500 marchands ambulants qui squattaient les trottoirs de ce quartier. Ils ont été tous recasés dans un «espace de commerce de proximité». Aménagé grâce à l’Initiative nationale pour le développement humain, le nouvel espace est situé au quartier El Farah.

Il est régi par un règlement intérieur de 8 articles, affichés à l’entrée du site. Ce cadre exige de chaque exploitant la propreté de son espace de commerce, la qualité des produits commercialisés et le paiement d’un loyer mensuel de 150 DH à l’association des marchands.

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A noter que ceux-ci peuvent être contrôlés à tout moment par les différents services et commissions mixtes (wilaya, commune, services d’hygiène, etc.). Aussi, en cas du non-respect du règlement, le contrevenant risque d’être suspendu ou limogé du marché. «Grâce à cette opération, les marchands ambulants intègrent un cadre légal. Ce qui les encouragerait plus tard à s’inscrire dans un système formel», estime un associatif.

Pour lui, «l’intégration des “ferrachas” dans l’économie doit être encadrée par des normes. Il faut également les soumettre à une fiscalité et leur exiger le respect de la qualité des produits vendus». En effet, la libération du domaine public est une affaire de la plus haute importance. Pour la réussir, il faut beaucoup de volonté, et surtout, un dispositif implacable.

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Les commerçants de l’avenue Lalla Meriem ne reçoivent presque plus de clients. «Il n’est pas trop tard pour sauver la situation», disent-ils. Il faut commencer par déplacer les marchands ambulants qui squattent tout le trottoir (Ph. YSA)

C’est ainsi que la wilaya a lancé, en septembre dernier, une vaste opération en vue de déloger les vendeurs ambulants des avenues Hassan II et Allal Benabdellah, les quartiers Saâda, Bab El Hamra et Sahb El Ouard. D’importants moyens matériels et humains ont été déployés par les autorités locales dans le cadre de cette campagne.

Agissant avec fermeté, les agents d’autorité, appuyés par les forces auxiliaires, ont chassé les vendeurs à la sauvette des quartiers Sahb El Ouard et Bensouda. Une délivrance pour les riverains, qui espèrent ne plus voir «ces colons des espaces verts, qui le soir venu, s’allongent sur la verdure et se débarrassent de leurs déchets sur place». «Il est temps de combattre ce fléau en mode zéro tolérance», insistent-ils.

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Outre l’espace dédié aux vendeurs du prêt-à-porter, les autorités ont aménagé un marché de fruits et légumes. Ici, la qualité des produits est une exigence... la propreté aussi. Enfin, tous les marchands paient un loyer mensuel de 150 DH (Ph. YSA)

Par ailleurs, du côté de l’avenue Lalla Meriem, à côté de la mosquée Tajmouâti, les commerçants sont las. Les marchands ambulants occupent tout le trottoir. «Certains, particulièrement ceux qui vendent du prêt-à-porter, ramènent leurs marchandises dans trois véhicules. Ils les déposent quotidiennement au vu et au su des autorités et n’hésitent pas à s’accrocher avec les commerçants», dénonce Abdelghani El Azami, commerçant de costumes traditionnels.

Pour lui, «il faut recaser les squatteurs dans des marchés spécifiques». A ce titre, des kiosques viennent d’être aménagés, dans le cadre de l’INDH, dans 5 emplacements de la ville. Au quartier Bab El Khoukha, à titre d’exemple, ces kiosques remplacent les abris de fortune. 

De notre correspondant, Youness SAAD ALAMI

 

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