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Fès-Meknès: Le SRAT fin prêt, mais…

Par Youness SAAD ALAMI | Edition N°:5168 Le 14/12/2017 | Partager
Des présidents des communes rurales réticents réfléchissent encore
Cette vision à l’horizon 2042 sera adoptée le 28 décembre lors d’une AGE

A quelques semaines de son adoption définitive, le Schéma régional d’aménagement du territoire (SRAT) de Fès-Meknès ne fait pas l’unanimité. Présentée, jeudi dernier, devant quelque 277 élus (sur les 300 membres de la commission consultative), la feuille de route suscite encore des remous, au sein même de la majorité gouvernante.

«Nous avons dessiné ensemble le chemin du développement de notre région durant les 25 prochaines années (2017-2042)», tempère Driss Skalli Adoui, 1er vice-président du conseil régional. «Nous avons conçu les contours d’une vision inclusive et globale qui devra assurer un avenir meilleur à notre région», ajoute l’élu.

Lancé en octobre 2016, le SRAT a été finalisé suivant un processus de concertation (une vingtaine de rencontres) qui a duré un an. Nécessitant quelque 5 millions de DH, ce travail est financé par le ministère de l’Urbanisme. Il fait état d’un diagnostic territorial stratégique et propose des orientations préliminaires à l’aménagement du territoire régional à travers les facteurs d’intégration nationale, les grands problèmes que connaît la région et le diagnostic selon les domaines de projets.

«Les axes stratégiques du projet visent à enclencher un véritable processus de métropolisation», explique Hassan El Bahi, responsable du bureau d’études. Cela renforcera le rôle de la région dans l’économie nationale tout en valorisant ses ressources territoriales.

Et permettra aussi de consolider les liaisons avec les régions voisines pour profiter de leurs dynamiques. Et à l’instar des autres villes du Royaume, s’inscrire dans une logique de développement durable. Notons que le bureau d’études a implémenté la vision par 271 recommandations émanant de 34 services externes, la CGEM, outre les propositions du wali et des gouverneurs de la région.  

Techniquement, le SRAT prévoit 10 axes stratégiques et 100 orientations sectorielles. Celles-ci visent principalement la création de 55.000 postes d’emploi à l’horizon 2042, l’investissement en infrastructures et équipements (110 milliards de DH), la création de 8.000 entreprises/an, et l’amélioration des exportations régionales.

A travers ces mesures, le taux de pauvreté devrait passer de 5,2% (en 2016) à 2,5% en 2030 et le chômage de 16,5% à 6%. Ainsi, le revenu moyen par habitant grimperait de 20.500 DH actuellement à 70.500 DH en 2042. En revanche, ces prévisions ne semblent pas convaincre nombre d’élus. Ces derniers s’interrogent sur la convergence du SRAT avec l’évolution des besoins des générations futures. Des présidents des conseils élus proposent d’y intégrer une réelle stratégie de e-gov.

D’autres affirment qu’ils ne se retrouvent pas dans cette copie qui sera soumise au vote le 28 décembre lors d’une session extraordinaire du conseil régional. «Cette vision devait prendre en considération les années de sécheresse afin de mobiliser l’eau et éviter l’exode», suggèrent-ils.

Enfin, en matière de tourisme, «il faut prévoir une desserte ferroviaire entre l’aéroport Fès-Saïss et le reste du monde… Aussi, décréter la montagne de Zalagh comme zone touristique serait d’un grand apport», conclut Mohamed Youssef, conseiller régional.

S’aligner sur les objectifs du gouvernement

Pour Abdallah Bouano, maire de Meknès et président de la Commission des finances au Parlement, «le SRAT devait s’aligner sur les objectifs du gouvernement en matière d’alphabétisation, tout comme la construction des barrages, le raccordement avec la LGV, et l’industrie automobile».
Le maire, qui se veut pragmatique, «propose de réduire le taux d’analphabétisme de moitié d’ici à 2042 (actuellement, il est de 34%)». «Le gouvernement s’est engagé à construire un grand barrage par an. La région devrait en construire au moins 5 en 25 ans», dit-il. «Fès-Meknès devrait avoir d’importantes ambitions en matière de tourisme spirituel, surtout dans sa dimension africaine, avec Sidi Ahmed Tijani», termine Bouano.

De notre correspondant,
Youness SAAD ALAMI

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