International

Migrants en Libye: Amnesty international accuse l’Europe!

Par Fatim-Zahra TOHRY | Edition N°:5167 Le 13/12/2017 | Partager
Les gouvernements soutiennent un système complexe d’abus
Il implique les garde-côtes, les services de détention et les passeurs

Amnesty International vient de publier un rapport choc sur les abus contre les migrants en Libye. Ce qui confirme le travail déjà réalisé par les médias. Intitulé «Libya’s dark web of collusion», ce document dévoile que les gouvernements européens, en «vue d’empêcher les migrants de traverser la Méditerranée, soutiennent activement un système complexe d’abus et d’exploitation des réfugiés et des migrants qui implique les garde-côtes libyens, les services de détention et les passeurs». Par ces actes, ils se rendent complices des violations des droits humains.

Depuis fin 2016, les Etats membres de l’UE, notamment l’Italie, ont mis en œuvre une série de mesures destinées à fermer la route migratoire qui traverse la Libye et la Méditerranée centrale. En se souciant bien peu des conséquences pour les personnes prises au piège à l’intérieur des frontières d’une Libye anarchique. Leur coopération avec les acteurs libyens se décline en trois volets, selon Amnesty International.

Premièrement, ils se sont engagés à fournir un soutien et une assistance technique au Service de lutte contre l’immigration illégale. Lequel gère les centres où les réfugiés et les migrants sont détenus de manière arbitraire, pour une durée indéfinie, et sont exposés à de graves violations des droits humains, notamment à la torture.

Deuxièmement, ils ont permis aux garde-côtes libyens d’intercepter les migrants en mer, en leur fournissant des formations, des équipements, notamment des bateaux, et une assistance technique, entre autres. Troisièmement, ils ont conclu des accords avec les autorités locales et les chefs de tribus et de groupes armés. Et ce, afin de les inciter à mettre fin au trafic d’êtres humains et à renforcer les contrôles aux frontières dans le sud du pays.

L’ONG cite des témoignages de migrants et de réfugiés. Jusqu’à 20.000 personnes sont actuellement enfermées dans ces centres «surpeuplés et insalubres». Depuis le début de l’année 2017, 19.452 personnes ont été interceptées par les garde-côtes libyens, ramenées en Libye et transférées immédiatement vers les centres de détention.

«Il existe un moyen immédiat d’améliorer le sort des réfugiés et des demandeurs d’asile dans les centres du Service de lutte contre l’immigration illégale», d’après John Dalhuisen, directeur pour l’Europe à Amnesty International. Pour lui, les autorités libyennes doivent reconnaître officiellement le mandat du Haut-Commissariat des Nations Unies pour les Réfugiés (HCR), signer la Convention relative au statut des réfugiés et adopter une loi relative à l’asile. La détention automatique des migrants doit aussi cesser, car «c’est dans ce cadre que se produisent les pires violations».

Les Subsahariens en tête

Fin septembre 2017, l’Organisation internationale pour les migrations (OIM) avait recensé 416.556 migrants en Libye, dont plus de 60% sont originaires d’Afrique subsaharienne, 32% d’autres pays nord-africains et environ 7% d’Asie et du Moyen-Orient. D’après les chiffres du HCR, 44.306 personnes en Libye étaient enregistrées en tant que réfugiés ou demandeurs d’asile au 1er décembre 2017. Ces données sont sans aucun doute bien en deçà de la réalité. A noter que près de 235 des Marocains bloqués en Libye ont été rapatriés au pays. Cette première étape de rapatriement concerne des Marocains bloqués dans la région de Zouara. Elle sera suivie par d’autres opérations.

 

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