International

Commerce mondial: Qui veut tuer l’OMC?

Par Fatim-Zahra TOHRY | Edition N°:5167 Le 13/12/2017 | Partager
Washington paralyse le mécanisme de règlement des différends
Le Maroc à la Conférence ministérielle à Buenos Aires

Les Etats-Unis ont adressé, encore une fois, une nouvelle série de critiques à l'Organisation mondiale du commerce (OMC), lors de sa 11e Conférence ministérielle tenue du 10 au 13 décembre à Buenos Aires (Argentine). Le représentant américain au Commerce Robert Lighthizer a regretté que l’Organisation perd son objectif essentiel et soit axée sur les litiges.

En bloquant le processus de nomination de ses membres, Washington complique le fonctionnement de l'organisme de règlement des conflits de l'OMC. Dirigée par le Brésilien Roberto Azevedo, l’institution arbitre les nombreux contentieux entre pays portant notamment sur l'octroi de subventions ou les droits de douane appliqués aux produits importés.

Pour le responsable américain, il n’est pas question de maintenir une situation dans laquelle de nouvelles règles ne s’appliquent que sur certains pays. Alors que d’autres obtiennent un passe-droit car ce sont des pays en développement. Une allusion à des pays comme la Chine et l'Inde.

La France et la Chine ont exprimé leur soutien à l'Organisation. Paris reste attachée au multilatéralisme. «Nous tenons à ce que le cadre ne soit pas remis en question. Il y a des améliorations à apporter», a indiqué Jean-Baptiste Lemoyne, le secrétaire d'Etat auprès du ministre de l'Europe et des Affaires étrangères. Même son de cloche de la part de Pékin.

Le ministre chinois du Commerce Zhong Shan a assuré que la Chine soutenait la mondialisation de l'économie. Il reste convaincu qu’aucun pays ne peut réussir dans l’isolement.  Lundi et mardi, les représentants des 164 pays se sont succédé à la tribune pour exposer leur souhait de voir aboutir un accord dans le domaine de la pêche et de l'agriculture. Beaucoup de pays sous-développés, notamment en Afrique, espèrent profiter des horizons qui s'ouvrent à eux avec le commerce électronique.

Le Maroc demeure convaincu de la nécessité de continuer à soutenir un système commercial multilatéral ouvert, fondé sur des règles justes et équitables. C’est ce qu’a affirmé la secrétaire d'Etat chargée du Commerce extérieur, Rkia Derham, qui a participé à la Conférence.

Détaillant la position du Maroc concernant les négociations agricoles de l’OMC, la secrétaire d’Etat a jugé que le document sur les modalités de l'agriculture de 2008 reste une base solide pour consolider les progrès déjà accomplis. Et ce, particulièrement en matière de renforcement des flexibilités offertes au titre du Traitement spécial et différencié (TSD).

Aussi, le Royaume est favorable à une solution permanente à la question de la détention de stocks publics à des fins de sécurité alimentaire, qui serait applicable pour des programmes existants et futurs.

Subventions aux pêcheries

Concernant les subventions aux pêcheries, Rkia Derham a relevé que le Maroc continuera à travailler avec les autres membres de l’OMC dans le cadre du programme qui sera convenu pour arriver à un accord équilibré et équitable. Il est question de proscrire certaines formes de subventions notamment celles octroyées aux acteurs actifs dans la pêche illégale, non régulée et non reportée. Et celles ayant des effets négatifs sur les stocks surexploités avec les flexibilités et les périodes transitoires nécessaires pour permettre à tous les membres une bonne application.

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