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Culture

Jonathan Amar Objets de lumières et bijoux roulants

Par Amine BOUSHABA | Edition N°:5166 Le 12/12/2017 | Partager
Le doyen des designers marocains expose à la GVCC
Des lampes, des guéridons intelligents et… des vélos
Artisanat et design contemporain
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Alliant artisanat et haute technologie, l’artiste crée des guéridons intelligents, capables de recharger les lampes et même votre téléphone. Le transfert d’énergie est rendu possible grâce au système de rechargement de la table via port USB (Ph.GVCC)

Il a été l’un des artistes designers vedettes du Paris nocturne des années 80 au moment où le style orientalisant, dont il est passé maître, était très en vogue. A 30 ans à peine, il est à la tête de la direction artistique des «Bains douches», véritable institution des nuits parisiennes,  rendez-vous de la société mondaine et artistique internationale. On y croise, alors, David Bowie, Coluche, Mick Jagger, Iggy Pop ou Madonna… 

En 1988 le grand public le découvre véritablement  lorsqu’il signe la rénovation de la fameuse piscine Deligny, bassin flottant sur la scène datant du 18e siècle. En 1990, il réaménage le célébrissime «Palace», autre haut lieu du tout Paris de la mode, du cinéma, où  Andy Warhol, Jean-Paul Goude, Karl Lagerfeld, ou encore, Christian Louboutin et Yves Saint Laurent…  avaient leurs habitudes.

  La même année, on lui confie également la rénovation des « Bains », où il succède à Philippe Starck qui avait imaginé le lieu 10 ans avant. Entretemps, Jonathan Amar aura touché à plusieurs disciplines: arts décoratifs, photo, mode, peinture… et traverse plusieurs pays: Pakistan, Afghanistan (Berceau, d’un certain art de vivre… et de la culture « Peace and love» à l’époque) puis les Etats-Unis.

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Il faut au minimum 200 heures de travail consacrées à chaque vélo signé Jonathan Amar. Ciselage, gainage en cuir, gravure, le travail d’embellissement est entièrement réalisé à la main (Ph. GVCC)

C’est en 1989, qu’il crée son agence de design et d’architecture intérieure «Amar Studio». Il réalise et dessine pour ses clients, des lignes de mobiliers décoratifs, luminaires et différents objets aux inspirations orientales, mauresques ou andalouses qu’il édite, sous la marque «Fata Morgana» qui deviendra en 1993 également galerie d’art et de design. Un travail qui met en valeur le savoir-faire ancestral des artisans marocains rompus aux techniques traditionnelles.

Aujourd’hui la soixantaine passée, le r’bati, doyen des designers marocains, s’est un peu assagi, mais son travail reste tout aussi prolifique doublé d’une  maturité artistique, perceptible. C’est à la galerie Venise Cadre (GVCC) à Casablanca qu’il expose ses dernières créations. 

«Pratique de lumière et objets en mouvement» est composée de lampes articulées et de guéridons de fabrication artisanale, issus de deux années de recherche et de développement, mais de «35 ans de passion pour les objets d’art et la décoration d’intérieur», précise l’artiste dans sa note de présentation.  L’artiste qui a toujours fusionné artisanat marocain et design contemporain, font de lui l’un des plus fervents défenseurs de l’art, de la culture et de l’artisanat marocain. 

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Jonathan Amar, le doyen des designers marocains, aura touché à plusieurs disciplines: arts décoratifs, photo, mode, peinture… et traversé plusieurs pays: Pakistan, Afghanistan, USA… avant de faire les beaux jours du Paris nocturne des années 1980/90 (Ph.GVCC)

Les lignes sont sobres et élégantes, inspirées du design suédois des années 1950/60 produites, dans des matériaux d’origine française et italienne, à partir de ses ateliers situés à El Oulja dans la périphérie de Rabat. Le laiton y est très présent sous différentes déclinaisons: nickelé, poli ou patiné, confirmant la relation presque amoureuse entre Jonathan Amar et le matériau, qui remonte au début de sa carrière lorsqu’il réalise une série de lampadaires côniques à partir de cette matière, devenue aujourd’hui un classique. 

Polissage, gravure, travail du cuir, ciselage et autres techniques décoratives.… la dextérité  et le savoir-faire des artisans, sous la direction de Jonathan Amar, sont également mis a contribution pour un autre projet, inédit: «Amar Cycles» dédié aux esthètes amoureux de vélos.

L’idée de concevoir des vélos qui sont de réelles créations dédiées au bitume et aux amoureux du design, vient de sa passion pour le cyclisme. Résultat : de véritables œuvres d’art sur deux roues de guidons gravés en laiton ou gainés de cuir, pièces  taillées sur du cuivre ou détails ciselés en argent. 200 heures  de travail sont consacrées à chaque vélo, faisant de ces objets  de véritables bijoux à enfourcher pour des ballades en ville en toute élégance.

 

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