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Analyse

OCP/Ynna Holding: Ces géants marocains dans le top 30 africain

Par Aziza EL AFFAS | Edition N°:5166 Le 12/12/2017 | Partager
Les 2 groupes peuvent prétendre au rang de «géants mondiaux»
Ils sont dans le top 30 des entreprises opérant en dehors du continent
Un palmarès largement dominé par les sud-africains
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Les sud-africains dominent largement le palmarès des 30 groupes africains pouvant prétendre au rang de «géants mondiaux» (22 sur 30). Le Maroc y compte à peine 2 groupes, l’Egypte 3 (Elsewedy Electric, Ghabbour Auto et Global Telecom Holding) et l’Algérie un groupe (Cevital)

L’OCP et Ynna Holding dans le top 30 des groupes africains pouvant prétendre au rang de «géants mondiaux». C’est ce que vient de dévoiler l’initiative AfroChampions, en partenariat avec le cabinet sud-africain de conseil en stratégie Konfidants. Son rapport «African Globalizers 2017», le premier du genre, retrace l’expansion des multinationales africaines en dehors de leur continent d’origine.

Outre le classement des entreprises africaines pouvant prétendre au rang de potentiels «géants mondiaux», ce travail explore les conditions favorisant leur émergence, les marchés sur lesquels elles développent leurs activités, tout en analysant les secteurs africains les mieux représentés dans les échanges internationaux.

Sans surprise, les entreprises sud-africaines dominent dans ce palmarès  (22 sur 30). Le Maroc y compte à peine 2 groupes, l’Egypte 3 (Elsewedy Electric, Ghabbour Auto et Global Telecom Holding) et l’Algérie via le groupe Cevital (voir aussi carte). Il ne s’agit en aucun cas d’une liste exhaustive, elle est plutôt «représentative», tiennent à souligner les consultants.

«Cette étude démontre très clairement le potentiel de développement à l’international des entreprises africaines. Leur expansion mondiale est un phénomène récent - mais extrêmement rapide et dynamique», a déclaré Michael Kottoh, DG de Konfidants et co-auteur du rapport. Selon Kottoh, cette évolution est une opportunité pour le continent.

«Nous espérons ainsi que notre travail inspirera les décideurs africains, car nous cherchons à caractériser les conditions de marché locales permettant aux acteurs africains de déployer leurs opérations à l’international et de devenir compétitifs dans une économie mondialisée», a-t-il ajouté.

L’Afrique a besoin que ses propres géants, ses champions et ses marques partent à la conquête des marchés mondiaux. Ces groupes doivent aller au-delà du continent, qui reste un marché restreint. En effet, malgré une décennie de croissance, les économies africaines sont encore assez fortes pour répondre aux ambitions de grands groupes. «La part de la classe moyenne dans le continent ne dépasse pas les 10%  de la population», justifient les auteurs du rapport.

Autre facteur plaidant pour la globalisation des activités des entreprises africaines: opérer en dehors du continent permet de mieux résorber les chocs et réduire les risques liés à des activités trop liées aux économies africaines (et aux cours cycliques des matières premières).
Les résultats de l’étude apportent de «bonnes», mais aussi de «mauvaises» nouvelles pour le continent, selon les termes du rapport. Parmi les côtés positifs, on peut citer le fait que parmi ces groupes, plusieurs ont plus de 200 opérations et des participations majeures dans d’autres continents.  Non seulement sur les marchés émergents, mais aussi sur ceux plus avancés en Europe, en Amérique du Nord et Australie», poursuit l’étude. 

A titre d’exemple, le sud-africain Datatec spécialisée dans l’informatique et les réseaux, opère dans une soixantaine de pays sur 5 continents. C’est le cas aussi d’Aspen Pharmacare, le plus large laboratoire pharmaceutique de l’hémisphère sud, dont 69% des revenus sont réalisés en dehors du continent africain.

Plus encore, sur les 200 opérations des groupes listés sur ce top 30, 113 sont réalisées sur des marchés avancés et 90 sur les marchés émergents. Ce qui annonce un changement majeur, car les entreprises issues des marchés émergents ont généralement tendance à s’étendre sur ces marchés en priorité avant de s’aventurer sur les marchés les plus avancés.

Au chapitre des mauvaises nouvelles, les auteurs de l’étude déplorent que les groupes sud-africains dominent ce top 30. «A peine 6 groupes de l’Afrique du Nord y figurent, alors que des groupes d’origine subsaharienne brillent par leur absence», estiment les auteurs du rapport.

Que faut-il pour redresser la situation et pousser d’autres groupes africains à explorer les opportunités d’investissements en dehors de leur continent?
Comment l’Afrique peut-elle produire ses propres géants? Quand peut-on voir un «Samsung africain», un «GE africain» ou un «Toyota africain»?
Malgré l’émergence de quelques acteurs globaux en Afrique, aucun parmi ces «African Globalizers» ne figure aujourd’hui sur le classement Fortune Global 500. Comment redresser la barre? Les auteurs de l’étude promettent une réponse dans l’édition 2018.

Méthodologie

Conduite sur une période de 9 mois, l’étude a été menée par le cabinet de stratégie Konfidants qui se spécialise dans le conseil aux entreprises locales ou étrangères opérant sur le continent africain. Les entreprises retenues dans le cadre de cette recherche ont toutes un siège dans un pays africain, tandis que leurs filiales à l’étranger sont contrôlées par la société mère africaine. Elle doit avoir au minimum 2 filiales opérationnelles en dehors de l’Afrique ou du moins des placements dans des entités étrangères dans un continent autre que l’Afrique. Au total, ce sont 30 sociétés répondant à ces critères, et principalement actives dans les secteurs de la finance, des biens de consommation, de l’industrie, des matériaux de base et des soins de santé, qui ont été retenues pour cette étude.

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