Primary tabs

Politique

PJD: El Othmani contre El Azami

Par Mohamed CHAOUI | Edition N°:5165 Le 11/12/2017 | Partager
Le chef du gouvernement est donné favori
Le second, proche de Benkirane, pourrait créer la surprise
6 autres candidats ont renoncé à la compétition

La page de Benkirane à la tête du PJD est sur le point d'être définitivement tournée. Mais à l’heure où nous mettions sous presse, le nom du nouveau secrétaire général n’était pas connu. Les congressistes n’ont pas encore départagé les deux candidats restés en lice.

Il s’agit de Saâdeddine El Othmani, chef de gouvernement et président du conseil national sortant contre Driss El Azami, ancien ministre délégué en charge du Budget, maire de Fès et actuel chef du groupe parlementaire du PJD à la Chambre des représentants. Au cours de ce  8e congrès, tenu le week-end à Rabat, les membres du nouveau et ancien conseil national ont choisi 8 candidats ayant franchi le seuil de 10% pour concourir au poste de secrétaire général.

6 ont décliné leur présélection dont notamment Mustapha Ramid, Abdelaziz Aftati, Aziz Rebbah et Jamae Moatassime. Signalons que le PJD se distingue des autres formations dans le sens où ce sont ses militants qui proposent des noms au poste de secrétaire général. Ceux qui franchissent le seuil de 10% sont soumis au vote des congressistes.

Dans cette compétition, Saâdeddine El Othmani est le favori mais des surprises ne sont pas écartées. Car avec Driss El Azami, secrétaire général, c’est certes le rajeunissement des dirigeants politiques. Mais, il traîne l’image de sa proximité avec Benkirane qui le coache. Il y a de fortes chances que les partisans du 3e mandat votent pour lui.

Quel que soit le nouveau patron du PJD, les deux connaissent la maison. El Othmani pour avoir occupé le poste entre 2004 et 2008. S’ils le portent à la tête du parti, les congressistes auront appuyé le choix royal de le nommer à la tête de l’exécutif et renforcer ainsi son poids politique pour être le véritable chef de la majorité. En outre, le chef du gouvernement aura les coudées franches et ne se sentira plus obligé de se référer à un  autre secrétaire général pour prendre certaines décisions. 

En tout cas, El Othmani et son «groupe des ministres» ont mené un bras de fer avec le sortant qui aura duré plusieurs mois. En effet, Abdelilah Benkirane ne voulait pas quitter son poste et visait un troisième mandat à travers l’amendement de l’article 16 du règlement du parti. Le conseil national extraordinaire du 25 novembre a refusé de voir Benkirane rempiler. Ses partisans voulaient imposer cette question d’amendement à l’ordre du jour du congrès. Finalement, ils n’ont pas pu le faire.

Cette question a divisé le PJD entre partisans et adversaires au point de craindre son implosion. Dans sa dernière intervention en tant que patron, Benkirane, qui a reconnu avoir supprimé la séance d’ouverture du congrès, avec des invités des autres partis, a appelé à l’unité des rangs.  Pourtant, il y a peu, il a alimenté les divisions.

D’autres contradictions sont apparues comme celle où il vantait les mérites de la démocratie interne alors qu’il a cherché à amender les statuts pour les modeler à la mesure de ses ambitions personnelles. Revenant sur sa mise à l’écart et la nomination de Saâdeddine El Othmani, il a parlé de «délivrance». Mais il a évoqué «le coup dur pour lui et qui aurait pu faire basculer le PJD dans l’oppositiona». Qu’importe, son avenir au sein du parti est lié au nom du prochain secrétaire général.

Les finances du parti

Au cours du congrès, le trésorier du parti et ministre de l’Equipement et du Transport Abdelkader Amara a dévoilé une partie des finances du PJD. Ainsi, ses ressources au cours des cinq dernières années ont atteint 119 millions de DH, soit une moyenne de 24 millions de DH contre 22 millions dépensés par an depuis 2012. Le soutien de l’Etat a atteint 65 millions de DH au cours des cinq dernières années. Quant aux contributions des élus locaux, régionaux et parlementaires du PJD, elles ont dépassé 45 millions de DH.

 

  • SUIVEZ-NOUS:

  • Assabah
  • Atlantic Radio
  • Eco-Medias
  • Ecoprint
  • Esjc