Economie

Bank Al-Maghrib: Fitch prévoit une remontée du taux directeur

Par Franck FAGNON | Edition N°:5165 Le 11/12/2017 | Partager
L'agence anticipe un relèvement de 0,25 point en 2018 et un autre en 2019
Les taux américains, l’inflation… justifieraient une manipulation
Toute hausse serait prématurée, pensent des analystes locaux
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La Banque centrale devrait donner des indices sur l'orientation du taux directeur lors du conseil de politique monétaire du 19 décembre. Depuis 2014, elle l’a baissé à trois reprises pour soutenir l'activité

La réunion du Conseil de politique monétaire de Bank Al-Maghrib du 19 décembre sera scrutée avec attention. Selon les analystes de BMI Research, filiale de Fitch Group, BAM pourrait entrer dans une phase de resserrement monétaire à partir de 2018. Ils anticipent une hausse de 0,25 point du taux directeur en 2018 et une autre augmentation du même acabit en 2019.

Le taux directeur passerait donc de 2,25% actuellement à 2,75% en 2019. Plusieurs arguments soutiendraient ce scénario. «L'augmentation des taux d'intérêts de la Fed poussera Bank Al-Maghrib à relever le sien pour endiguer les sorties de devises et atténuer les pressions sur la parité», estiment les analystes de BMI Research. En outre, «le regain de l'inflation en 2018 et le redressement de la croissance économique pourraient justifier un resserrement monétaire», relèvent-ils.

L'hypothèse d'une remontée du taux mère n'est pas écartée chez des analystes de la place, mais avec quelques nuances. «Dans le contexte actuel, rien ne justifie un relèvement du taux directeur. Mais, en cas de mise en œuvre de la réforme du régime de change, la donne pourrait changer. La Banque centrale pourrait être amenée à relever le taux directeur pour contrer l'inflation si nécessaire», indique un professionnel de marché.

Pour la Banque centrale, l'inflation devrait idéalement tourner autour de 2%. Après une année de hausse modérée des prix à la consommation (0,6% en moyenne), le rythme passerait à 1,3% en moyenne en 2018 selon les dernières prévisions de Bank Al-Maghrib. Cela peut être considéré comme une normalisation de l'inflation. BMI Research, elle, prévoit 2,1%, peut-être en prévision du démarrage de la migration vers le régime de change flexible.

Parmi les autres indicateurs, il y a le PIB. L'économie ne semble pas encore suffisamment robuste pour supporter une remontée des taux.  Sans tenir compte de l'impact du retard des pluies, les dernières prévisions laissaient entrevoir une hausse du PIB de l'ordre de 3% en 2018, soit un rythme inférieur à celui attendu en 2017. BMI Research retient une croissance économique de 3,8%. La politique monétaire accommodante menée ces dernières années, n'a pas redynamisé comme espéré le crédit.

La progression de l'encours des prêts aux entreprises privées reste relativement modeste. Le coût de l'argent ne semble pas être le principal facteur de blocage de la demande. Il y a d'autres éléments au niveau du climat des affaires qu'il faudra améliorer pour relancer l'investissement. Néanmoins, un relèvement des taux ne va pas dans le sens de relance de l’activité. Ces considérations plaideraient pour un statu quo encore un moment.

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