Culture

Pourquoi la Fondation Ducci claque la porte

Par Youness SAAD ALAMI | Edition N°:5162 Le 06/12/2017 | Partager
Son président déplore le manque d’appui
Symposiums, concerts, expositions… annulés
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Paolo Ducci rappelle que sa fondation a été inaugurée, en 2010, sous le haut patronage de SM le Roi. «Faute d’un réel appui, nous ne pouvons plus maintenir notre calendrier culturel», explique l’ancien diplomate (Ph. YSA)

Triste nouvelle pour les amoureux de la culture italienne à Fès. Après 7 ans d’animation culturelle, la Fondation Ducci prépare son départ de la ville. «La raison, nous n’avons pas trouvé d’appui auprès du Conseil communal. Et ce, malgré les promesses du maire Driss El Azami El Idrissi», déplore Paolo Ducci, le président de la Fondation. Cet ancien diplomate a misé 1,8 million d’euros (20 millions de DH) pour la réalisation d’une maison culturelle italienne à Fès.

Dédié à la promotion de la culture et de la paix, l’espace culturel est opérationnel depuis 2010. Il avait un agenda chargé tenu grâce notamment à un apport de la mairie. En fait, la Fondation Ducci œuvre dans le domaine économique, social, scientifique, culturel et artistique ainsi qu’en celui de la recherche historique et politique.

Engagée dans la promotion du dialogue interculturel, la Fondation participe notamment à la promotion de la relation qui lie le monde arabo-méditerranéen à l’Europe, et en particulier le Maroc à l’Italie. Les deux pays entretiennent une relation qui remonte à plusieurs centaines d’années.

«Une forte connivence que la Fondation Ducci souhaite faire perpétuer aux cultures différentes, aux valeurs et ressources riches, qui se voient pourtant confrontées à des barrières culturelles qui vont à l’encontre de la réciprocité de la connaissance de l’autre et du dialogue, qui pourrait pourtant permettre la naissance de véritables synergies», estime Ducci.

Dans cette perspective, la Fondation qu’il dirige, conformément à ses finalités, a organisé plusieurs activités dont des tables rondes, symposiums, think tanks, expositions, et concerts. «Nous avons également accueilli des chercheurs provenant de divers pays européens afin de promouvoir les échanges d’opinions et d’idées entre eux et leurs homologues marocains», rappelle son président.

Ceci était avec l’aide de l’institution du Centre international pour le Dialogue interculturel (CIDI) qui siège à Kassr Annoujoum, dans la médina de Fès. Partenaire de ladite Fondation, la Ville lui accordait une subvention de 40.000 DH et prenait en charge la restauration de certains événements, tout comme l’hébergement des hôtes.

Or la Fondation voulait un partenariat solide avec un budget conséquent. D’autant que ses activités prenaient de l’ampleur et sa gestion est confiée à un personnel permanent. «Kassr Annoujoum ainsi que la Galerie Aquas y attenant, avec leurs collections d’art ancien et contemporain respectives, enregistrent quotidiennement la visite de centaines de visiteurs qui restent en admiration extatique devant la splendeur des architectures réalisées à l’intérieur de la cour et dans les salons, ainsi que devant la beauté et la rareté des objets de la collection... étant donné que nos activités sont à but non lucratif et nos sites nécessitent un entretien continu, nous espérions un réel soutien de la Ville», explique l’ancien diplomate.

«L’appui que nous attendions depuis deux ans tarde à venir. Certes, nous avons contribué à la promotion de Fès qui garde certaines des cultures les plus antiques et raffinées du monde islamique... Mais, nous ne pouvons pas le faire tout seul ou s’engager avec un partenaire insolvable», conclut Ducci.

 

 

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