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Energie: Les scénarios à l’horizon 2020

Par Fatim-Zahra TOHRY | Edition N°:5162 Le 06/12/2017 | Partager
Un impact positif de la transition énergétique sur l’emploi
Les investissements sont rentables
Dix ans du partenariat énergétique UE-Afrique
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Le Maroc figure parmi les pays les mieux notés dans le classement des Etats selon leurs politiques encourageant l’accès à l’énergie, l’efficacité énergétique et les énergies renouvelables

Les économistes s’attendent à ce que d’ici à 2020, 223 millions d’Africains supplémentaires aient reçu une connexion électrique, dépassant de loin l’objectif initial de 100 millions. Les objectifs en matière d’énergies renouvelables (EnR) sont en bonne voie, avec des projections prudentes appelant à ce que des capacités supplémentaires soient opérationnelles dans trois ans.

Ce sont là les projections de l’étude «Ten Years of the Africa-EU Energy Partnership, Status Report 2017-18 and future perspectives» (1) qui s’est penchée sur 10 ans du partenariat énergétique UE-Afrique. Le constat global est que de nombreux objectifs ont été atteints, dépassés ou sont sur la bonne voie. Tour d’horizon:
■ L’irrésistible ascension des énergies renouvelables: Leur capacité de production a augmenté. Au total, elle devrait atteindre 43% d’ici 2022 avec 1000 GW produits en plus dans le monde, selon les chiffres de l’Agence internationale de l’Energie (AIE). Les récentes données montrent que dans certains secteurs (tels que l’installation de capacités solaires à grande échelle), les développements ont largement dépassé les objectifs politiques 2020 du partenariat Afrique-UE pour l’énergie.
■ La capacité solaire dépasse les records: L’énergie solaire connaît une croissance exponentielle. Au cours des deux dernières années, des projets de développement de capacités photovoltaïques et photovoltaïques concentrées sur le continent se sont étendus. D’une capacité de seulement 146 MW en 2010, les installations solaires ont atteint 2.382 MW à fin 2016. D’autres scénarios suggèrent que plus de 7,7 GW seront installés d’ici 2020.
■ Les systèmes solaires domestiques: Plusieurs pays ont instauré un environnement réglementaire permettant d’accélérer la diffusion de ces systèmes. Cette industrie potentiellement en transformation n’en est qu’à ses balbutiements en Afrique. Mais le succès et la prolifération d’installateurs et les financements pour soutenir les nouvelles entreprises, témoignent du potentiel du secteur. A la fois pour apporter de l’énergie à des communautés isolées et marginalisées, mais aussi pour créer de nouveaux emplois. Des projets novateurs notamment au Maroc ont encouragé des projets solaires à grande échelle.
■ Grand intérêt aux projets d’énergie éolienne: Fin 2016, la puissance totale installée en énergie éolienne a atteint 3.822 MW. L’objectif d’ajouter 5 GW d’ici 2020 sera confortablement atteint, avec une capacité éolienne installée de plus de 9 GW attendue. Les principaux projets éoliens à ce jour ont été largement limités aux pays industrialisés d’Afrique du Nord et d’Afrique du Sud. Plusieurs pays (comme le Sénégal, l’Éthiopie et la Tanzanie) installent des capacités attirant les investissements du secteur privé. Plus de 380 MW sont en construction et 1.220 MW sont prévus en Egypte d’ici 2020, date à laquelle le pipeline de projets nord-africain pourrait fournir près de 4,5 GW de vent. Le Maroc dispose également d’une capacité impressionnante.
■ L’énergie hydroélectrique est au-delà de la cible: L’énergie hydroélectrique (HEP) reste la technologie dominante des énergies renouvelables fournissant les réseaux africains. L’année dernière, des progrès ont été réalisés pour atteindre l’objectif du PAEE d’augmenter la capacité de l’énergie hydroélectrique de 10 GW au cours de la décennie jusqu’en 2020, avec 3.731 MW rajoutés au réseau. Cela signifie que depuis 2010, 6.984 MW ont été injectés. Un important pipeline de projets d’énergie hydroélectrique devrait entrer en service en 2018-2020. Cela dit, l’objectif de 37,07 MW sera largement dépassé, avec plus de 40 GW desservant le réseau d’ici 2020.
■ L’accès à l’électricité se démocratise: Les indicateurs montrent une amélioration globale. Près de 544 millions d’Africains avaient accès à l’électricité en 2016 (contre 307 millions en 2010). Il est prévu que ce chiffre atteigne 650 millions d’ici 2020. La question du déficit d’accès à l’électricité deviendra de plus en plus critique du fait de l’explosion démographique que connaît le continent.
■ Et de la cuisine propre: Les chiffres montrent que les Africains ayant accès à du combustible de cuisson non solide restent faibles. D’une base de référence de 200 millions de personnes en 2010, quelque 302 millions y avait accès en 2014. Avec plus d’initiatives, le nombre d’Africains utilisant la cuisine propre pourrait doubler d’ici 2020 à plus de 600 millions (mais les tendances récentes suggèrent que cela est peu probable).
■ Le gaz, c’est tendance: L’utilisation accrue du gaz pour stimuler le développement industriel reflète une tendance positive. Les économies africaines connaîtront des augmentations substantielles de la consommation et des exportations de gaz jusqu’en 2020 et au-delà. Les exportations du gaz naturel liquéfié (GNL) et de gazoducs ont fortement augmenté en 2016, enregistrant leur plus haut niveau depuis 2012.

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(1) Publiée par Africa-EU Energy Partnership (AEEP), c/o Deutsche Gesellschaft für Internationale Zusammenarbeit (GIZ) GmbH et préparée par CBI (Cross-border Information) et Kenergy Renewables. Le Partenariat Afrique-UE pour l’énergie (PAEE)  est un cadre destiné à favoriser un dialogue et une coopération politiques structurés entre l’Afrique et l’UE sur des problèmes énergétiques stratégiques reflétant leurs besoins respectifs.

                                                              

Le modèle marocain

Le modèle réussi du Maroc en matière d’énergies renouvelables a été toujours mis en avant. Les premiers projets solaires (Complexe Noor) et éoliens ont connu un franc succès. L’étude fait d’ailleurs référence aux importants investissements entrepris dans le Royaume. C’est le cas de Siemens Gamesa qui a inauguré en octobre 2017 la première usine de pales d’éoliennes dans la zone de Tanger Automotive City.

D’autre part, Sound Energy, la compagnie britannique spécialisée dans l’exploration gazière, a annoncé un nouveau programme de forage. Le Maroc développe deux lignes hautement stratégiques, à savoir Jorf Lasfar et le gazoduc Maroc-Nigéria. Aussi, la ligne reliant l’Espagne à l’Algérie qui passe par le Maroc est tout aussi importante. La Tutelle lance aussi la réflexion sur le gazoduc reliant l’Espagne à l’Algérie car le contrat va s’achever en 2021 (cf. notre édition N° 5046 du 15/06/2017).

Rabat mise sur le terminal de gaz naturel liquéfié (GNL) de Jorf Lasfar pour répondre aux besoins du marché interne. La stratégie nationale gazière 2015-2030 prévoit la réalisation, sur le site de Jorf Lasfar, d’un terminal gazier à partir de 2019. Le plan «Gas to power», qui  correspond à un investissement global évalué à 4,6 milliards de dollars, est en cours de mise en œuvre. Il comporte un terminal gazier ainsi qu’une capacité additionnelle de 2.400 MW de centrales à cycles combinés fonctionnant au gaz.

 

 

 

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