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Trophée de la femme manager: And the winner is…

Par Aziza EL AFFAS | Edition N°:5162 Le 06/12/2017 | Partager
Zakiya Sekkat, Imane Belrhiti et Ghalia Sebti, le trio gagnant
Elles sont sélectionnées sur un total de 58 candidatures
Montée en puissance avec de nouvelles catégories
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Deux gros calibres à la tête du jury: Hassan Ouriagli, PDG de la SNI, Gérard Mestrallet, président du CA d’Engie. En tout, 11 personnalités du monde de l’entreprise ont contribué à départager les 58 candidates. Parmi lesquelles: Miriem Bensalah-Chaqroun, Nadia Salah (fondatrice du groupe Eco-Médias), Fathallah Sijilmassi, SG de l’Union pour la Méditerranée (UpM), Valérie Bernis (vice-présidente de la Fondation Engie) ou encore Lionel Zinsou (ancien Premier ministre béninois et président de Terra Nova)... (Ph. SNI)

Fin de suspense sur les lauréates du Trophée de la femme manager. Trois femmes d’exception ont été récompensées dans les trois catégories en jeu: Leader, Manager et Entrepreneure. Il s’agit respectivement de Zakiya Sekkat, PDG de la société PoudrOx Industrie, Imane Belrhiti, vice Présidente Vente et Marketing d’OCP Africa et Ghalia Sebti Bennani, co-Fondatrice et DG de la société Aït Manos.

Hassan Ouriagli, PDG de la SNI, et Gérard Mestrallet, Président du CA d’Engie ont présidé hier mardi 5 décembre à Casablanca la cérémonie de remise des trophées. Les dirigeants des deux groupes ont uni leurs forces pour co-organiser cette 2e édition du Trophée, en partenariat avec le groupe Eco-Médias.

Dans leurs allocutions d’ouverture, Ouriagli et Mestrallet ont insisté sur l’importance du développement du leadership féminin en entreprise, la mixité des organisations constituant un levier de performance, un impératif pour la compétitivité. «La volonté de la SNI est d’agir au sein de ses propres participations mais également en tant que catalyseur de mobilisation à travers la synergie des entreprises marocaines et la coopération de leurs DRH», a souligné Hassan Ouriagli.

Gérard Mestrallet, pour sa part, a exprimé son admiration «quant à la diversité, la qualité et la dimension du vivier de femmes candidates, dont certaines dotées d’une expérience internationale qui en fait des actrices d’une mondialisation inclusive». Il a en outre salué le rôle qu’elles jouent dans les transformations de la société marocaine qu’il juge «spectaculaires».

L’édition 2017 du Trophée de la Femme Manager marque une montée en puissance de l’événement à travers la mise en place de nouvelles catégories. Cette évolution répond aux attentes identifiées dans le cadre de l’étude préparatoire. Elle vise à donner une image plus représentative de la diversité des potentialités du leadership féminin tout en favorisant plus d’interactivité avec l’environnement économique marocain, notamment les grandes entreprises, publiques et privées du Royaume et leurs gestionnaires du capital humain.

L’édition 2017 récompense trois catégories de femmes à travers trois processus de sélection participatifs. Ceux-ci ont permis d’embarquer de nombreux partenaires autour du Trophée et d’élargir son périmètre d’action tout en favorisant l’identification de candidates de qualité, en dépassant les freins que les femmes se mettent parfois elles-mêmes.

Pour la catégorie Leader, récompensant une dirigeante d’une grande entreprise ou d’une administration publique, les membres du jury ont été invités à proposer eux-mêmes une sélection de candidates selon la diversité de leur regard. Pour la catégorie Manager, récompensant une femme cadre supérieure dans une grande entreprise ou administration publique, les DRH des grandes entreprises marocaines ont été sollicités pour désigner, au sein de leurs organisations, des femmes que le Trophée pourra aider à faire émerger.

Pour la catégorie Entrepreneure, récompensant une femme à la tête d’une entreprise qu’elle a fondée, co-fondée ou reprise au Maroc, un appel à candidature par voie de presse et via les associations professionnelles a été lancé. Le bilan de participation à cette 2e édition se caractérise par une bonne performance quantitative (58 candidatures) mais également, sur le plan qualitatif, par une vitalité et une diversité remarquables en termes de profils, formations, parcours et environnement professionnel. Aboutissement de près de 8 mois de travail, le palmarès 2017 réaffirme la capacité du Trophée de la Femme Manager à pouvoir durablement identifier de nouveaux profils dans un vivier de femmes marocaines très prometteur.

Régression inquiétante

En 2016, 12.000 marocaines ont créé leurs entreprises ou exercent des postes de responsabilité au sein de grands groupes nationaux ou internationaux. Six femmes Marocaines figurent dans le classement Forbes Moyen-Orient des femmes arabes les plus influentes. Paradoxalement, les statistiques marquent une régression récente très inquiétante. En effet, le taux d’activité des femmes est ainsi passé de 28% en 2000 à 25% en 2013, pour être aujourd’hui inférieur à 24% (contre 48% à l’échelle mondiale). Ce taux d’emploi féminin dans le salariat est pour moitié représenté par des emplois sous-qualifiés et pour moins de 10% d’emplois de cadres. Il en est de même pour l’entrepreneuriat. A peine 10% des entrepreneurs marocains sont des femmes. De surcroît, le taux de présence des femmes parmi les cadres ne dépasse pas les 7%, selon une étude de l’Afem(1). Ainsi, 93% des entreprises sondées emploient moins de 5 cadres féminins. Par ailleurs, de nombreux freins subsistent: l’accès à l’éducation et au monde du travail et le plafond de verre empêchent l’ascension vers un poste de plus grande responsabilité.

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(1) L’étude s’intitule «Evaluation du vivier entrepreneurial au Maroc» (2015). L’étude a été menée auprès d’un échantillon de 400 femmes chefs d’entreprises et a couvert tout le Royaume.

                                                                                

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■ Zakiya Sekkat,  PDG de PoudrOx Industrie
Avec à son actif 30 ans d’expérience, cette ingénieure en chimie et chimie macromoléculaire et diplômée en ingénierie commerciale a fondé en 1990 PoudrOx, société spécialisée dans les peintures industrielles en poudre.
Sekkat a fait de son entreprise, présente au Maghreb et au Moyen-Orient à travers une gamme de produits diversifiés et innovants, l’un des fleurons de l’industrie marocaine. Dans un secteur industriel concurrenciel, Mme Sekkat investit dans la R&D et la valorisation de son capital humain, en tant que principaux leviers de sa réussite. Qualifiée de visionnaire et d’audacieuse, la dirigeante fidélise ses collaborateurs autour de projets mobilisateurs. Elle investit dans le développement des compétences comme levier de croissance pérenne.
Douée d’une forte capacité de négociation et de persuasion, elle a participé dans le cadre des accords bilatéraux ou régionaux avec le Maroc à la défense des intérêts du secteur privé, des entreprises et des entrepreneurs marocains.

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■ Imane Belrhiti,  Vice-Présidente Vente et Marketing d’OCP Africa
Ingénieure centralienne, diplômée du MIT Sloan, âgée de 33 ans avec 10 années d’expérience dont 7 au sein de l’OCP, elle a, dès ses premières missions dans le métier du conseil, développé une propension à capitaliser les expériences acquises sur le terrain afin de les remettre en perspective pour alimenter la vision déployée par l’entreprise. Imane Belrhiti dispose de plusieurs qualités nécessaires à tout futur leader, notamment sa capacité à donner du sens à la vision communiquée, à convaincre du bien-fondé des décisions, mais aussi son authenticité qui inspire la confiance et suscite l’engagement. Elle dispose par ailleurs d’une forte capacité d’adaptation et de résilience, nécessaires pour opérer dans un environnement emprunt d’incertitude et de complexité.

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■ Ghalia Sebti Bennani, Co-fondatrice et DG d’Aït Manos
Fille d’un serial entrepreneur, Ghalia Sebti s’est focalisée dès le début de son cursus académique sur le développement du commerce international à partir des économies émergentes. Dotée d’un double master en commerce international et en techniques d’exportation et économie des pays en développement, elle se lance, avec son époux, dans la création d’une des premières entreprises structurées dédiées aux métiers d’art au Maroc. Aït Manos voit le jour en 1995 avec pour ambition d’élever le monde du zellige traditionnel, fait main dans l’authenticité d’un métier ancestral, avec une vision contemporaine associant recherche et innovation.
Dès son lancement, l’entreprise s’impose au-delà des frontières et se développe à l’export. La griffe Aït Manos, reconnue dans le monde du design global, reçoit de nombreuses distinctions. La volonté d’innover de ses créateurs fait d’Aït Manos une marque dont Ghalia est l’ambassadrice depuis 22 ans, porteuse de l’image du savoir-faire marocain à l’international.

                                                                                

Des pré-requis et des chiffres

Critères: Leadership & Influence (vision, charisme, capacité à fédérer), Innovation (inventivité, prise de risque) et Engagement sociétal (capacité de mentoring, engagement, intégrité).

58 dossiers retenus, dont  14 candidates Leaders pour une moyenne d’âge de 50 ans dont 25 années d’expérience professionnelle, 38 candidates Managers pour une moyenne d’âge de 45 ans dont 20 années d’expérience et 6 candidates Entrepreneures pour une moyenne d’âge de 41 ans, dont une ancienneté moyenne de 10 ans.

Catégorie Leader: 71% des femmes sont multi-diplômées. 21% ont un profil d’ingénieur et 43% sont diplômées d’une école de commerce. 50% sont mandataires. Elles exercent pour 71% dans des métiers de service et  29% dans l’industrie.

●  Catégorie Manager: 61% ont un parcours multisectoriel et 32% à l’international. 63% exercent dans les services et 37% dans l’industrie. 50% sont membres d’une ou plusieurs associations.

●  Catégorie Entrepreneure:  elles sont en grande majorité titulaires d’un diplôme supérieur et issues du secteur des services avant d’initier leur projet, petite ou très petite entreprise (effectif moyen: 15 collaborateurs). La moitié d’entre elles est engagée dans des activités associatives.

 

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