Politique

Le PJD ne lâche pas Benkirane

Par Mohamed Ali Mrabi | Edition N°:5161 Le 05/12/2017 | Partager
La tension continue de monter entre pro et anti
El Othmani favori dans la course à la succession
Une sortie honorable pour l’actuel SG?
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L’éviction d’Abdelilah Benkirane de la direction du PJD est aussi problématique que son maintien. Le parti tente de négocier l’option la plus indolore (Ph. Bziouat)

A quelques jours de son 8e Congrès, prévu samedi et dimanche prochains, la tension continue de monter au sein du PJD. La dernière session extraordinaire du Conseil national de ce parti, qui a barré la route au maintien de Abdelilah Benkirane, n’a pas réussi à calmer les ardeurs des Pjdistes.

Plusieurs membres de cette formation font pression pour inscrire la question du 3e mandat au profit de Benkirane à l’ordre du jour du Congrès. Pour ce courant, le Conseil national ne doit pas avoir le dernier mot, dans la mesure où c’est aux congressistes de trancher cette question. Les pro et les anti-Benkirane semblent se diriger vers la confrontation. Les débats lors du prochain rassemblement s’annoncent houleux.

Le secrétariat général du parti, qui s’est réuni samedi dernier, a tenté d’endiguer la crise, en insistant sur «le respect des décisions du Conseil national». Lors de cette réunion de l’organe décisionnel du PJD, marquée par l’absence de Benkirane, l’état-major de ce parti a voulu fermer la porte à de nouvelles discussions autour du maintien de l’actuel secrétaire général.

Le communiqué final, signé par Slimane El Omrani, secrétaire général adjoint, a rappelé que «le Conseil national est le seul habilité à adopter les projets qui lui sont transférés. Cet organe est aussi chargé de la définition de l’ordre du jour du Congrès». Ce communiqué a aussi insisté sur le fait que « le secrétaire général a lui-même déclaré qu’il faut respecter les décisions des institutions du parti».

Lors de la dernière session extraordinaire du Conseil national du PJD, Benkirane avait appelé les membres de son parti à respecter la décision de la majorité. Mais ses soutiens semblent s’accrocher mordicus à son maintien. En face, Saâdeddine El Othmani, chef du gouvernement, a opté plutôt pour l’apaisement. Le président du Conseil national du PJD semble vouloir éviter la confrontation entre les courants divergents au sein de sa formation.

Pour lui, le PJD «a montré sa capacité à gérer ses divergences internes». En déplacement ce week-end dans la région de Souss-Massa pour soutenir les candidats du parti aux élections partielles, il a insisté dans ses interventions sur le rôle joué par l’ex-chef du gouvernement durant son mandat. Pour désamorcer la crise, il a annoncé que «le parti ne va pas laisser tomber Benkirane». Ce dernier pourrait «revenir à la direction du parti dans une prochaine période», a-t-il avancé.

Au-delà des guéguerres entre pro et anti-Benkirane, le prochain Congrès du PJD est marqué par une série d’enjeux. Le départ de l’actuel SG devra favoriser des interactions moins tendues avec les autres partis, particulièrement ceux de l’opposition. L’ex-chef du gouvernement avait souvent défrayé la chronique par ses sorties tonitruantes.

Saâdeddine El Othmani, pressenti pour remplacer Benkirane à la tête du parti, adopte un style différent. Les Pjdistes, mais également plusieurs observateurs, rappellent que c’est à El Othmani qu’a été confiée la gestion du PJD lorsqu’il était menacé de dissolution, au lendemain des attentats du 16 mai 2003.

Candidature

SI sa candidature n’a pas été officiellement annoncée, Saâdeddine El Othmani reste le candidat pressenti pour remplacer Abdelilah Benkirane au secrétariat général. La dernière session du Conseil national a validé la procédure d’élection du prochain patron du PJD. Traditionnellement, les candidatures pour ce poste sont proposées par les congressistes. Ces derniers devront également élire les membres du prochain Conseil national, habilité à choisir la composition du secrétariat général et son patron. A quelques jours de la tenue du Congrès, les dirigeants du PJD se disent «prêts», en termes de préparatifs organisationnels et logistiques. Les derniers réglages ont été faits lors de la dernière réunion du secrétariat général, tenue samedi dernier.

 

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