Entreprises

La cybersécurité n’est pas la priorité des dirigeants!

Par Reda BENOMAR | Edition N°:5160 Le 04/12/2017 | Partager
Kaspersky Lab et Averty publient les résultats d’une étude qui tire la sonnette d’alarme
Les règles de sécurité IT sont souvent outrepassées
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La cybersécurité demande une démarche volontariste car elle représente un coût et requiert du temps et des compétences. Investissements technologiques et humains en la matière doivent devenir des priorités, selon l’étude.

La cybersécurité devrait être le cheval de bataille des entreprises. Car la dématérialisation des contenus n’induit pas, pour autant, la dématérialisation des risques. Au contraire, elle leur confère un pouvoir supplémentaire, en les rendant beaucoup plus difficiles à appréhender. Kaspersky Lab, leader de la sécurité des systèmes d’information, a annoncé fin novembre 2017 les résultats d’une étude inédite sur les comportements des professionnels par rapport à la sécurité informatique au Maroc.

Plus de 21% des sondés affirment que leur entreprise a déjà été affectée par des menaces informatiques.  Réalisée en partenariat avec le cabinet d’études de marché et sondages d’opinion Averty, l’étude révèle des vulnérabilités majeures pour la sécurité informatique des entreprises et organisations marocaines.

Les virus (63%), les logiciels malveillants (21,4%) et la perte de données (16,9%), sont dans le top 3 des menaces informatiques les plus fréquentes affectant l’entreprise (voir infographie). Par ailleurs, l’antivirus reste l’outil de protection informatique de prédilection chez les professionnels (84,6%).

Sur les outils de sécurité informatique, 91% des professionnels restent convaincus de l’importance de la protection des données professionnelles. Néanmoins, 20% des sondés n’y ont pas recours, estimant ne pas en avoir besoin. Le département Informatique n’est sollicité que dans 50% des cas de problème de sécurité informatique relevés dans les milieux professionnels.

40% de l’échantillon déclarent avoir déjà branché sur leurs terminaux des clés USB inconnues, là où 33% affirment avoir déjà cliqué sur des pièces jointes qu’ils n’attendaient pas ou incluses dans des mails envoyés par des inconnus. Ces manipulations sont de nature à exacerber le risque et la prévalence des virus et autres malwares menaçant les entreprises.

Près de 46% des répondants affirment ne pas changer de mot de passe, renforçant ainsi les risques de piratage et d’intrusion de compte. Enfin, encore près de 30% des interrogés ont confié outrepasser ou négliger les règles de sécurité (retarder les mises à jour, utiliser des logiciels inconnus...).
Un peu plus que la moitié des personnes interrogées (53,5%) ont déjà essayé d’outrepasser les règles de sécurité IT. Plus encore, 23,8% des sondés ne le font que rarement, 13,4% le font souvent, tandis que 16,2% le font toujours. Force est de constater que sur les dernières cyber-attaques, telles que Wannacry et Petya, à peine le tiers des personnes interrogées (33,6%) en sont au courant, et 78,8% pensent pouvoir être victime un jour de telles menaces.

«Cette étude montre le chemin à parcourir en matière de sécurité informatique. D’ailleurs, les différentes attaques survenues en 2017 telles que Wannacry et bad Rabbit illustrent tout à fait les risques encourus par les entreprises et les économies en général», souligne Julien Pulvirenti, directeur com’ pour l’Afrique du Nord chez Kaspersky Lab.

La dématérialisation des contenus n’induit pas, pour autant, la dématérialisation des risques. Lutter efficacement contre la cybercriminalité va de paire avec le rôle essentiel de l’éducation et de la formation. La cybersécurité demande une démarche volontariste car elle représente un coût et requiert du temps et des compétences. Investissements technologiques et humains en la matière doivent devenir des priorités, selon l’étude.

Internet étant devenu un pilier de nos existences, la cybersécurité doit faire partie intégrante de l’éducation, autant du point de vue personnel que professionnel.

Quid de la méthodologie?

L’Enquête a mobilisé 714 répondants, âgés de 21 ans et plus et pouvant s’exprimer en arabe ou en français. Ils sont répartis sur 40 villes (dont 26,5% de l’axe Casablanca-Rabat, 12,5% d’Agadir, 9% de Marrakech et 8% de Fès). Ils sont issus de plus de 26 secteurs d’activité et couvrant différentes tailles d’entreprises de moins de 10 personnes à plus de 500.
Toutes les personnes interrogées affirment avoir utilisé un support électronique dans le cadre de leur travail: 46,2% utilisent des ordinateurs fixes, 28,8% des ordinateurs portables, 30,1% préfèrent les smartphones, tandis que 6,9% ont recours à l’utilisation de tablettes.

 

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