International

Bruxelles lance un nouveau plan d’investissement extérieur

Par Fatim-Zahra TOHRY | Edition N°:5159 Le 30/11/2017 | Partager
Il stimulera les échanges dans les pays d’Afrique et du voisinage européen
Ce qui permettra de venir à bout des obstacles à la croissance
Seuls 4% des IDE prennent le chemin du continent africain

La Commission européenne a défini des projets concrets pour son plan d’investissement extérieur (PIE) (voir encadré). Celui-ci mobilisera 44 milliards d’euros d’investissements durables pour l’Afrique et les pays du voisinage de l’UE. «Aujourd’hui, seuls 4% des investissements directs étrangers (IDE) prennent le chemin de l’Afrique. Grâce à ce plan, nous pourrons mobiliser de grands financements d’investissements privés d’ici à 2020, en particulier pour les zones les plus fragiles du continent», a assuré Federica Mogherini, haute représentante et vice-présidente de la Commission.  
■ Pourquoi ce plan? Parmi les principaux défis auxquels restent confrontés les pays en développement figurent la capacité de parvenir à une croissance inclusive et durable et la création d’emplois. Le climat d’investissement et le contexte politique général que connaissent les pays d’Afrique et du voisinage de l’UE ne sont pas toujours propices aux investissements par le secteur privé. Cela est particulièrement visible dans les pays fragiles et en proie à des conflits et à la violence.
■ Comment il va fonctionner? Le plan fera appel à des investisseurs privés, quand des propositions répondront à des besoins de développement durables, et lorsqu’une quantité limitée de fonds publics peut attirer des fonds privés. Il associera financement mixte et assistance technique afin d’améliorer le climat des affaires.
Pour aider les investisseurs et les entrepreneurs, un guichet unique en ligne sera créé.
■ D’où viendra l’argent? Le Plan d’investissement extérieur, auquel la Commission européenne contribue à hauteur de 4,1 milliards d’euros, devrait permettre de mobiliser plus de 44 milliards d’euros d’investissements d’ici à 2020.
L’instrument de financement du PIE est le Fonds européen pour le développement durable (FEDD). Il comprend la garantie d’un montant de 1,5 milliard d’euros et 2,6 milliards des mécanismes de financement mixte. Ceci dans le cadre de la facilité d’investissement pour l’Afrique et de la facilité d’investissement pour le voisinage. Les ressources proviennent du budget de l’UE et d’autres sources. Le FEDD est ouvert aux contributions des Etats membres de l’UE, des pays de l’AELE (Association européenne de libre-échange) et d’autres partenaires. Si ces derniers apportent la même contribution que l’Union, Bruxelles pourra mobiliser jusqu’à 88 milliards d’euros d’ici à 2020.
■ Quelles sont les conditions? Pour obtenir un soutien, les projets doivent être réalisés en Afrique ou dans le voisinage européen. Ils devraient contribuer au développement économique et social, en mettant l’accent sur la création d’emplois, en particulier en faveur des jeunes et des femmes.
Les propositions d’investissement doivent notamment assurer un partage des risques et être économiquement et financièrement viables. Les entreprises qui souhaitent bénéficier du projet peuvent prendre contact avec les institutions financières qui gèrent les volets d’investissement.

Cinq volets d’investissement

- «Energie durable et connectivité»: C’est pour attirer des investissements dans les sources d’énergies renouvelables, l’efficience énergétique et les transports.
- «Financement des micro, petites et moyennes entreprises (MPME)»: Il est question de faciliter leur accès aux sources de financement. Ces entreprises proposent des solutions en remplacement de l’économie informelle.
- «Agriculture durable, entrepreneurs ruraux et agro-industrie»: L’objectif est d’offrir un meilleur accès aux sources de financement aux petits exploitants, aux coopératives et aux micro, petites et moyennes entreprises du secteur agricole. Ce qui leur permettra de s’attaquer aux problèmes liés à la sécurité alimentaire.
- «Villes durables»: L’idée est de mobiliser les investissements dans le développement urbain durable d’infrastructures municipales. Y sont concernés: la mobilité urbaine, la distribution d’eau, l’assainissement, la gestion des déchets, les services dans le domaine des énergies renouvelables.
- «Le numérique pour le développement»: Le but est de promouvoir les investissements dans des solutions numériques innovantes.

 

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