Economie

Politiques sociales: Les priorités d’El Othmani

Par Mohamed Ali Mrabi | Edition N°:5158 Le 29/11/2017 | Partager
Améliorer les prestations dans les domaines de l’éducation, santé, emploi
Les groupes de l’opposition critiquent la faiblesse des résultats
149 projets lancés dans le cadre du programme de développement du monde rural
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Face aux critiques des députés, surtout de l’opposition, Saâdeddine El Othmani s’est voulu plutôt rassurant. Il a insisté sur «les efforts financiers menés par le gouvernement pour répondre aux besoins dans les secteurs sociaux, particulièrement l’éducation et la santé» (Ph. Bziouat)

Le drame d’Essaouira a remis sur la table la question des aides sociales et de la lutte contre la pauvreté. Les députés se sont greffés sur ce dossier en interpellant Saâdeddine El Othmani, sur la dimension sociale dans les politiques publiques, lors de la séance mensuelle, tenue lundi dernier à la Chambre des représentants.

Le chef de gouvernement a été sévèrement critiqué par les députés, surtout des groupes de l’opposition. Dans ses réponses, El Othmani a mis l’accent sur les efforts financiers menés par le gouvernement, notamment dans les domaines de l’éducation et de la santé. En face, les députés insistaient plutôt sur la faiblesse des résultats par rapport aux moyens mobilisés.

Dans le secteur éducatif, le chef de gouvernement a fait le point sur les réalisations en matière de lutte contre le surpeuplement dans les classes et de renforcement des moyens humains et matériels. Il a rappelé que le projet de loi de Finances a prévu 59,2 milliards de DH au secteur de l’éducation et de la formation, avec une hausse de 5 milliards de DH par rapport à 2017. Pareil pour la santé, dont le budget devra augmenter en 2018 de 5 %, pour s’établir à 14,79 milliards de DH.

«D’autres mesures seront également bientôt lancées », a annoncé El Othmani. Il s’agit notamment du démarrage de la généralisation de la couverture médicale, après l’adoption du projet de loi relatif à la prise en charge des travailleurs indépendants. S’y ajoute la baisse des prix de 135 médicaments… Cela devra s’accompagner d’autres actions prévues par le plan d’action 2017-2021, portant notamment sur l’amélioration de l’accueil des citoyens, la mise à niveau de la gouvernance, notamment des ressources humaines, a-t-il expliqué.

L’enlisement du chômage est un autre problème sur lequel le chef de gouvernement a été interpellé. En face, El Othmani s’est voulu plutôt rassurant. Il a mis l’accent sur l’importance des mesures prévues par la stratégie nationale de l’emploi à l’horizon 2025. Son plan d’action sera adopté ce mois de décembre, selon le chef de gouvernement.

En attendant, certaines mesures incitatives ont été introduites dans le projet de loi de Finances, actuellement en examen à la Chambre des conseillers, comme l’a rappelé El Othmani. C’est le cas notamment «de l’exonération sur l’IS plafonnée à 10.000 et la prise en charge par l’Etat de la part patronale au titre des cotisations à la CNSS durant 24 mois au profit de 10 salariés», a-t-il dit. Idem pour «l’amélioration de l’employabilité de certaines catégories, notamment à travers l’instauration des systèmes de formation contractuelle ou de formation au profit des secteurs prometteurs».

En matière d’accès au logement, El Othmani a décliné les différentes mesures qui devront être prises durant les prochaines années. Il s’agit notamment de la construction de 800.000 logements à l’horizon 2025, afin de résorber le déficit. A cela s’ajoute la refonte de la politique d’appui aux logements pour la classe moyenne, ainsi que le lancement de programmes d’habitat adaptés aux zones rurales.

Cela s’inscrit dans la logique de mise à niveau de ces territoires, notamment dans le cadre du programme de lutte contre les disparités spatiales, qui bénéficie d’un financement de 50 milliards de DH. « Une étude qui a couvert toutes les régions a permis d’identifier les besoins de chaque douar en termes d’infrastructures et de services sociaux de base», a fait savoir le chef de gouvernement. Globalement, il s’agit de 24.000 douars au niveau de 1.253 communes rurales, nécessitant des investissements pour leur mise à niveau sociale. Les travaux ont déjà démarré pour la réalisation de 149 projets, d’une valeur de plus de 954 millions de DH. L’année prochaine, le fonds de développement rural sera doté de 3,5 milliards de DH.

Stress hydrique

Face à la menace de stress hydrique, le gouvernement vient d’adopter un plan d’urgence, en octobre dernier, selon Saâdeddine El Othmani. Il porte sur le renforcement des opérations de forage, l’amélioration de la gouvernance des ressources hydriques, l’entretien du réseau d’irrigation… A cela s’ajoute l’accélération du programme d’investissement dans le domaine de l’eau, notamment dans les bassins qui enregistrent les taux les plus élevés de déficit. Pour le chef du gouvernement, «ces mesures permettront de diversifier les sources d’approvisionnement, atténuant ainsi la dépendance aux précipitations».

 

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