Politique

Batailles pour le contrôle du PJD

Par Mohamed Ali Mrabi | Edition N°:5156 Le 27/11/2017 | Partager
L’avenir du parti est en jeu
Une session mouvementée du Conseil national

Auparavant fiers de leur «unité des rangs», les Pjdistes sont aujourd’hui dans la tourmente. Malgré les déclarations rassurantes des dirigeants, les interventions lors du Conseil national, tenu à huis clos samedi dernier à Salé, ont révélé l’ampleur des divergences. Aucun des deux patrons de cette formation n’a pris une position claire sur la question qui divise tant les Pjdistes.

Benkirane, fin tacticien, s’est contenté de dire qu’il «n’a pas revendiqué un 3e mandat». Mais il ne ferme pas la porte à cette option. Face aux détracteurs de son maintien à la tête du PJD, Benkirane se montre défiant, sans trop dévoiler ses cartes. Pour lui, «c’est aux membres du Conseil national et par la suite aux congressistes de décider.

Tout le monde doit se soumettre à la volonté de la majorité, quel que soit le résultat du vote». En face, Saadeddine El Othmani, président du Conseil national, a plutôt insisté sur l’importance de privilégier «l’unité du PJD». Le  Chef du gouvernement  dont le parti est face à une réelle menace d’implosion, a préféré rester cantonné derrière un discours conformiste. Il s’est contenté d’appeler les membres du Conseil national à «rester fidèles aux valeurs du parti».

En évitant soigneusement de prendre une position claire, El Othmani a opté pour les messages glissés entre les lignes. Dans son discours face aux membres du parlement du parti, El Othmani a insisté sur le fait que «tout peut être discuté. Les divergences sont un signe de bonne santé. Mais les débats doivent être dans le cadre de ce qui est strictement inscrit dans les statuts». Or, c’est la problématique à résoudre pour les Pjdistes.

Le maintien de Benkirane pour un 3e mandat suppose l’amendement des statuts, particulièrement le fameux article 16. Cette réforme des dispositions relatives au nombre de mandats possible pour le patron du PJD a été déjà validée par le Secrétariat général.

Aujourd’hui, Benkirane veut passer à l’étape suivante dans le processus de «come-back», qu’il prépare discrètement depuis des mois. A l’heure où nous mettions sous presse, le résultat du vote des membres du Conseil national relatif à la réforme de l’article 16 n’était pas encore annoncé.

Les tiraillements sont tels que les meneurs de la fronde étaient jusque-là parmi les ministres les plus proches de Benkirane. A leur tête Mostafa Ramid, ministre d’Etat en charge des Droits de l’Homme. Il s’est clairement prononcé contre le maintien de l’ex-Chef du gouvernement.

Pour lui, si Benkirane arrive à briguer un 3e mandat, «ça ne sera plus le PJD, ou du moins, ça sera une nouvelle version, dont les valeurs sont différentes de ce que j’ai connu au sein de cette formation». Plusieurs autres cadres du parti sont du même avis. Mais Benkirane a aussi des soutiens solides parmi les cadres du PJD, y compris son directeur, Abdelhak El Arabi, qui est resté discret sur la question auparavant.

 

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