Economie

Investissement en Afrique: La CGEM liste les handicaps

Par Khadija MASMOUDI | Edition N°:5156 Le 27/11/2017 | Partager
Manque d'information, offre de produits inadaptés…
Pourtant, 9 entreprises sur 10 comptent investir dans les 12 prochains mois
Les besoins de financement visent la prospection et le marketing
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21,7% des entreprises ont un besoin de financement estimé entre 500.000 et 1 million de DH, essentiellement pour les opérations de prospection et de marketing. 17,7%, soit moins d'une entreprise sur cinq,  ont des besoins allant de 10 à 30 millions de DH pour réaliser leurs investissements

Quels financements pour les entreprises marocaines qui souhaitent investir en Afrique et quels moyens pour les accompagner dans cette dynamique? Des questions auxquelles la CGEM a tenté de répondre en s'appuyant sur une étude réalisée auprès de 200 entreprises dont plus de 130 répondants (start-up, PME, TPE et grandes entreprises qui sont dans une dynamique de développement en Afrique ou qui ont l'intention d'y investir).

Menée par les équipes de Mazars et financée par BMCE Bank of Africa, l'enquête a révélé  que 92% des entreprises sondées ont manifesté l'intention  d'exporter ou d'aller vers le continent dans les 12 prochains mois. Ce qui devrait engendrer des besoins de financement et d'accompagnement importants alors que 60% des entreprises  interrogées ont exprimé les difficultés à accéder au financement!

Pour la majorité des entreprises, les besoins de financement visent  en particulier la prospection, le marketing et le business développement (53%).  «C'est l'étape basique qui pourrait freiner le développement et l'expansion de l'entreprise car les coûts de prospection  sur le continent sont élevés», indique Abdou Diop, associé gérant de Mazars.

Les financements des besoins de trésorerie et des implantations viennent en deuxième et troisième position. Ils sont cités respectivement par 47 et 42% des entreprises. Les entreprises recourent essentiellement à l'autofinancement (50% de l'échantillon).

En revanche, seules  39% se tournent vers les emprunts bancaires et 26% optent pour le capital investissement. «Les fonds de capital investissement s'orientent vers l'Afrique avec des tickets variables allant de 200.000 à 500.000 DH et des délais de maturité des investissements entre 5 et 8 ans. Mais ils n'ont pas beaucoup de projets à disposition. C'est un vrai sujet  de mise en cohérence entre l'offre disponible et les financements», soutient Abdou Diop.

Les produits régulièrement utilisés par les opérateurs sont basiques: 43% recourent aux virements bancaires et 22% optent pour les crédits documentaires irrévocables. Le chèque, la mobilisation des créances nées de l'étranger et les crédits révocables sont très peu utilisés. «Notre étude a montré toute la richesse de l'offre financière qui existe au niveau de l'écosystème financier, mais plusieurs produits sont méconnus des opérateurs», souligne Laila Channawi Tahiri, présidente de la commission Financement des entreprises au sein de la CGEM.

Ainsi, 89% des entreprises sondées ne connaissent pas suffisamment les produits financiers proposés alors que l'offre est importante. Ce qui renvoie à la nécessité de renforcer la communication. Un guide sur les produits qui existent sur le marché vient d'être élaboré et il est également consultable sur un site dédié (http://finafrique.cgem.ma). L'objectif est de permettre à l'entreprise de disposer de l'information en fonction de sa taille et de ses besoins.  

L'autre constat relevé par l'enquête est l'inadéquation de l'offre par rapport à la demande, en particulier pour la TPE. De même, les institutions financières n'ont pas une connaissance suffisante des besoins des entreprises. Même les mécanismes mis en place par l'Etat restent insuffisants comparativement à la concurrence. C'est en tout cas ce qui ressort du benchmark réalisé sur un échantillon de sept pays dont la Tunisie, la Turquie et l'Afrique du Sud.

«Ces pays disposent de  mécanismes intéressants et qui sont en  général fortement avantageux par rapport à l'offre Maroc», indique Diop. En Afrique du Sud  par exemple, des fonds spécifiques sectoriels  sont regroupés dans une même structure qui finance les projets à risque, les franchises… Des aides sont également accordées aux TPE et PME pour des  opérations de prospection ou de marketing.

Pourquoi pas un fonds souverain

L'étude recommande de renforcer l'appui de l'Etat via la création d'un fonds souverain de développement et de soutien. Celui-ci pourrait fédérer les fonds dédiés à l'Afrique. Elle conseille aussi la création d'un fonds de garantie dédié aux nouvelles implantations, la mise en place d'un crédit d'impôt export ainsi qu'un écosystème regroupant notamment les banques, les conseils juridiques et l'administration. Autres mesures, le développement des offres de produits alternatifs, la création de centres d'affaires dédiés aux activités à l'international au niveau des banques ainsi que le lancement de produits spécifiques.

 

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