Economie

Balance commerciale: Le taux de couverture gagne 2 points

Par Abdelaziz GHOUIBI | Edition N°:5154 Le 23/11/2017 | Partager
Rythme plus accéléré des ventes par rapport aux achats
Quatre secteurs contribuent à 70% à la hausse des exportations
Mais la facture énergétique reste une grosse menace
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En dépit du bond de 28% des achats de produits énergétiques, le déficit commercial s’est légèrement contracté de 1,4%. C’est l’effet de la hausse de tous les secteurs exportateurs

A deux mois de la clôture de l’exercice, la balance commerciale affiche une légère amélioration. Sur les 10 premiers mois, le déficit s’est légèrement contracté de 1,4% à 154,4 milliards de DH. De même, le taux de couverture  a gagné 1,8 point pour s’établir  à 56,6%  contre 54,8% à fin octobre 2017.

Pour la Direction des Etudes du ministère des Finances qui publie en avant-première les données préliminaires des échanges extérieurs, l’évolution s’explique par la hausse plus prononcée  de la valeur de l’export (+9,3%)  par rapport à l’import  (+5,7%). Au  total, les exportations des biens ont porté sur 201,4  milliards de DH. Et tous les secteurs ont participé à la dynamique.

Avec en tête 4 activités qui contribuent pour les 2/3 à la hausse des exportations. Il s’agit des phosphates et dérivés (+3,8 milliards de DH), de l’agriculture et agroalimentaire  (+3,7 milliards), de l’automobile (+2,5 milliards), et du textile et cuir (+2 milliards).
Les expéditions du groupe OCP ont porté sur 36,5 milliards de DH, en hausse de 11,6% en variation annuelle. Ceci s’explique par la légère  amélioration des cours des engrais phosphatés à l’international. Et les perspectives aussi bien pour la roche que les produits dérivés s’annoncent prometteuses, compte tenu de la réduction attendue des ventes chinoises et de la reprise de l’import de l’Inde. (Voir infographie).

Hors OCP, les exportations ont enregistré une augmentation de 8,7%, liée, particulièrement, à la bonne tenue des métiers mondiaux du Maroc, en l’occurrence les expéditions  des secteurs de l’automobile (+5,5%), de l’aéronautique (+15,6%) et de l’électronique (+4,9%). 

Les exportations de produits agricoles et agroalimentaires sont en hausse de 9,5%. Elles ont totalisé 42,8 milliards de DH.  Avec cette valeur, le secteur  concentre 20%  du total de l’export.  Et c’est grâce à l’agro-alimentaire qui concentre la moitié du chiffre d’affaires: 24,5 milliards de DH. De leur côté, le textile et cuir enregistre une hausse de 6,6% à 31,5 milliards de DH. Cette évolution résulte de l’accroissement des exportations des vêtements confectionnés (8,4%), des articles de bonneterie (3,5%) et des chaussures (1,7%).

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A fin octobre, les cours du phosphate brut se sont établis à 80 dollars la tonne, en baisse de 27% sur un an. Alors que les engrais phosphatés (DAP) se négociaient aux alentours de 344 dollars la tonne, une légère hausse de 3% en glissement annuel

A l’import, c’est la facture énergétique qui pèse le plus sur le déficit. A fin octobre son montant s’est encore alourdi de 12,4 milliards à 65,6 milliards de DH. Un plus qui participe à raison de 65% à la hausse des importations. En variation annuelle, la valeur des achats de produits énergétiques a bondi de 28,2%. C’est surtout l’effet prix des produits finis tels le gas-oil (+32,6%) et le gaz de pétrole.

Et la tendance est promise au raffermissement. Déjà, début novembre en cours, les prix du Brent ont dépassé la barre des 60 dollars, portés par une montée des tensions au Moyen-Orient. Dans le sillage du pétrole, les prix du gaz butane ont atteint environ 560 dollars la tonne à la même période.
S’inscrivent également dans la même tendance haussière les achats de produits finis de consommation, dont la valeur s’est établie à 83,9 milliards de DH. Elle est essentiellement tirée  par la hausse des importations des réfrigérateurs, lave-vaisselle et autres articles domestiques (+19,8%), des achats des tissus et fils de coton (+7,9%) et des parties et pièces pour voitures et véhicules de tourisme (+3,7%).

En revanche,  les acquisitions des biens d’équipement se sont stabilisées à 84 milliards de DH après une forte progression en 2016. L’année ayant coïncidé avec le lancement ou la réalisation de certains projets industriels. De même, les achats de produits alimentaires ont marqué une baisse de 2,9%, résultant du recul des importations du blé suite à la réalisation d’une bonne campagne céréalière. Mais le mois de décembre, les importations des blés devraient reprendre selon un rythme accéléré, compte tenu du niveau assez bas du droit d’importation applicable au blé tendre: 30%.

 

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