Economie

Les courtiers d’assurance veulent une suppression de la TVA

Par Badra BERRISSOULE | Edition N°:5152 Le 21/11/2017 | Partager
Aucun pays du pourtour méditerranéen ne la paye
Le métier est déjà fragile par le faible taux de commission d’usage depuis 40 ans
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Pour Khalid Aouzal, président de la Fnacam, si le marché marocain des assurances est le 2e en Afrique, c’est grâce aussi à ses 2.000 intermédiaires du Maroc qui génèrent 80% du chiffre d’affaires  (Ph. Mokhtari)

- L’Economiste: Quels sont les défis qui attendent le métier de courtage?  
- Khalid Aouzal:
Ce sont les défis qui attendent l’ensemble des opérateurs du secteur (assureurs et courtiers) liés au numérique, à la nouvelle réglementation… Pour les courtiers, notre revendication première reste la commission sur les primes d’assurance. Et  c’est normal lorsque l’on sait que cette commission est en moyenne de l’ordre de 10%, un taux qui n’a pas été revu depuis 40 ans. Dès 2007, le commissionnement est devenu libre mais le marché a maintenu ce commissionnement d’usage. Avec cette libéralisation de la rémunération de la prime, les prix ont sérieusement baissé, le revenu de l’intermédiaire a donc baissé en conséquence.  
- Vous vous êtes aussi soulevés contre l’augmentation de la TVA prévue dans la loi de finances?
- Le projet de loi de finances voulait consacrer une augmentation d’une TVA sur ces commissions qui sont déjà dérisoires. Il voulait les grever d’une augmentation de 6 points en passant de 14% à 20%. Nous avons réussi à faire accepter l’abrogation de cette mesure avec l’espoir que cet axe disparaisse à l’avenir. Nous avons effectué un benchmark au niveau du pourtour méditerranéen pour connaître le fonctionnement de nos confrères, la France, l’Espagne, le Liban, l’Italie, l’Egypte… et tous ces pays ne payent pas de TVA sur ces commissions.  

- Comment se préparent les courtiers aux nouveaux produits?
- L’assurance tous risques chantiers existe depuis très longtemps, la totalité des projets publics sont couverts par ces garanties. La plupart des projets ayant un concours bancaire important disposent de ce type de garantie, reste les projets individuels qui échappaient à cette couverture. C’est donc un développement dans le cadre de la couverture du citoyen marocain. C’est notre métier de savoir vulgariser toutes les branches d’assurance. Si le marché marocain est le 2e en Afrique, c’est grâce à nous. Les 2.000 intermédiaires du Maroc génèrent 80% du chiffre d’affaires du marché de l’assurance, c’est dire l’importance et l’efficacité de ce réseau professionnel de distribution. Maintenant, nous voyons, ces dernières années, la concurrence des banques en ce qui concerne la distribution des systèmes d’assurance. Une réalité qui fait mal à beaucoup d’intermédiaires. Nous attendons avec impatience le projet de modification du Livre IV relatif à la présentation des opérations d’assurance en ce qui concerne le réseau professionnel de distribution qui est censé nous protéger.
La refonte du Livre IV œuvre ainsi à offrir plus de souplesse aux compagnies d’assurances dans le réseau de distribution et d’encadrer la vente en ligne. Mais aussi à clarifier les obligations et les droits entre les agents, courtiers et compagnies et d’accompagner le réseau actuel dans sa mise à niveau et son développement.

Propos recueillis par Badra BERRISSOULE

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