Régions

Tanger milite pour l’entrepreneuriat social

Par Ali ABJIOU | Edition N°:5151 Le 20/11/2017 | Partager
Une forme d’entreprise peu connue et usitée
La région est handicapée par l’absence d’incubateurs dédiés
Le British Council et l’Ambassade britannique font de la promo tous azimuts

Développement et rentabilité, des objectifs qui sont érigés en idéaux par tout investisseur ou presque. Mais parmi ceux qui nagent à contre-courant, on retrouve les entrepreneurs sociaux. Afin de faire connaître cette génération et l’encourager, l’Ambassade britannique au Maroc, le British Council et l’Université Abdelmalek Essaadi ont réuni leurs efforts pour présenter aux étudiants de la région, futurs acteurs, cette manière de faire du «business».

«Tout d’abord, il y a lieu de libérer l’entrepreneuriat social de l’amalgame qui l’entoure», note Myriem Kabbaj, du Laboratoire de recherche en entrepreneuriat de l’Université Hassan II. Afin de mieux connaître le phénomène au niveau de la région, le laboratoire a lancé récemment une étude dont les grandes lignes ont été présentées la semaine dernière. L’une des principales conclusions est le manque de notoriété de cette catégorie d’entreprise qui reste «très embryonnaire».

En effet, elle est très souvent assimilée par erreur à l’entrepreneuriat solidaire dont l’un des représentants les plus en vue est la coopérative. Pour Kabbaj, le recours à cette structure est dicté par sa facilité de mise en place et par l’existence d’un environnement législatif et financier incitatif, ce qui n’est pas le cas de l’entreprise sociale.

Ce type de structure manque en effet de tout type de reconnaissance légale au Maroc avec comme corollaire l’absence de sources de financement. Un autre problème est l’accès difficile aux marchés publics, «ce qui devrait être une priorité pour ce type de structure dont le profit n’est pas le premier objectif», selon l’universitaire. Malgré tout, l’étude a permis de relever l’existence d’une jeune communauté dévouée et motivée pour le lancement d’entreprises de ce type particulier, selon Kabbaj, qui reste à développer.

La région est aussi handicapée par l’absence d’incubateurs dédiés. Pour les entreprises sociales voulant profiter de ce type de structures d’accompagnement, il faut impérativement se tourner vers les villes de Rabat et Casablanca. Parmi les recommandations, Kabbaj insiste sur la promotion du concept auprès du public, mais surtout chez les étudiants, public de choix pour ce type de messages.

Il est aussi fait état de la nécessité de créer un réseau national et régional d’entreprises sociales en insistant sur la promotion des «success stories» parmi elles. Et en dernier lieu, l’universitaire appelle à faire du lobbying pour ouvrir les marchés publics à ces entreprises, quitte à mettre en place une discrimination positive à leur égard.

Quelle différence avec le solidaire?

En matière d’entrepreneuriat, le social est très souvent confondu avec le solidaire. L’entrepreneuriat solidaire, principalement sous forme de coopératives, a pour objectif d’aider les couches défavorisées en leur permettant l’accès au financement et à une occupation de manière solidaire. Une entreprise sociale cherche le même objectif de manière différente. Elle essaie d’offrir des biens et des services aux consommateurs sur le marché. Cependant, elle diffère de l’entreprise traditionnelle du fait qu’elle réinvestit ses profits pour poursuivre sa mission sociale ou environnementale tout en assurant sa viabilité financière.
Parmi ses domaines de prédilection, faciliter l’accès à l’hébergement, offrir une première expérience aux nouveaux arrivés sur le marché du travail ou même offrir des produits et services à partir de ressources locales de manière propre et écologique...

De notre correspondant, Ali ABJIOU

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