Economie

PLF 2018: Le texte transféré aux Conseillers

Par Mohamed Ali Mrabi | Edition N°:5151 Le 20/11/2017 | Partager
L’opposition, majoritaire à la 2e Chambre, veut le pilonner
Les discussions démarrent cette semaine
Le projet de Budget adopté avec 180 voix pour, 53 contre et 29 abstentions
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Mohamed Boussaid, ministre des Finances, a insisté sur «le caractère social» de ce projet de Budget. Il a particulièrement mis l’accent sur les secteurs de l’éducation et de la santé (Ph. Bziouat)

Après des semaines de discussions intenses, le projet de loi de Finances 2018 a été adopté par la Chambre des Représentants. Le gouvernement, qui dispose de la majorité à la première Chambre, a réussi à faire passer ce texte, avec 180 voix sur 395 pour et 53 contre. Les 29 abstentions proviennent essentiellement du groupe Istiqlalien.

Par contre, les choses pourraient être plus compliquées au niveau de la 2e Chambre, dont les membres se pencheront sur l’examen du projet de Budget à partir de la semaine prochaine. L’opposition y est majoritaire et a déjà prévenu qu’elle ne fera aucun cadeau au ministre des Finances. Le gouvernement aura à répondre aux interpellations des syndicats et du patronat. Le PAM, également largement représenté au sein de la Chambre des Conseillers, est aussi en embuscade.

Son groupe parlementaire a prévu l’organisation d’une journée d’études autour des dispositions de ce texte, ce lundi 20 novembre. Si le gouvernement peut craindre un vote négatif face à son projet de Budget, il y a toujours la possibilité de l’adopter en 2e lecture à la 1re Chambre.

Globalement, le projet de loi de Finances approuvé par les députés a préservé pratiquement ses principales orientations, malgré les 77 amendements approuvés, sur 215 proposés par les groupes parlementaires (voir encadré). Dans sa réponse aux interpellations des élus, le ministre des Finances a estimé que «le gouvernement a interagi positivement avec les amendements, aussi bien de la majorité que de l’opposition. Mohamed Boussaid a insisté une nouvelle fois sur «le caractère social de ce projet». Il a expliqué que «les ressources consacrées à l’Enseignement constituent 25% du budget général».

Pour lui, il s’agit d’un «effort exceptionnel en termes de ressources humaines et financières pour combler le déficit». Idem pour le secteur de la Santé, a-t-il ajouté. Pourtant, les montants injectés dans ces secteurs durant les dernières années n’ont pas permis de résorber le gap. En dépit des milliards mobilisés, les résultats restent encore loin des objectifs d’amélioration de la qualité d’enseignement et de facilitation de l’accès aux services de soin.

Lors des interventions des groupes parlementaires, particulièrement ceux de l’opposition, Boussaid a été interpellé sur la faiblesse de créations de postes d’emploi, qui se traduit par une hausse du taux de chômage. Ce à quoi il a répliqué que «le gouvernement a réussi de bonnes performances» dans ce domaine. «Les créations de postes budgétaires en 2017 et 2018 s’élèvent à 100.000, avec une charge de 8 milliards de DH».

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Si le volume des investissements publics a connu une augmentation entre 2011 et 2018, son impact reste limité en termes de croissance et de création des richesses. Le ministre des Finances a été interpellé sur cette question par les groupes parlementaires. Son département veut améliorer cet impact, notamment à travers l’introduction d’un nouveau Système de gestion des investissements publics (SGIP)

Boussaid a aussi mis l’accent sur «l’accélération de la mise en œuvre du Plan national de l’emploi». La création de nouveaux emplois sera également tirée par la stratégie d’industrialisation. «Le Maroc se positionne désormais en leader régional dans l’industrie automobile, avec un chiffre d’affaires de 60 milliards de DH contre 40 milliards en 2014», a-t-il dit. Ces «efforts» n’ont pas permis, toutefois, de réduire le chômage, dont le taux s’inscrit dans une tendance haussière durant les dernières années.

Pour plusieurs députés de l’opposition, le taux annoncé par le gouvernement dans ce projet de loi de Finances, à savoir 8,5%, est «trop optimiste». Face aux critiques sur le faible impact des investissements publics, le ministre a mis l’accent sur l’apport économique et social des «grands chantiers d’infrastructures et des stratégies sectorielles, ayant contribué à l’électrification du monde rural, au désenclavement de certaines zones, à la lutte contre la pauvreté».

Les députés ont déploré également les retards qui marquent souvent l’exécution des budgets sectoriels. Pour eux, «les montants dépensés réellement dans la réalisation des projets d’investissement restent loin des prévisions inscrites dans les projets de loi de Finances».

Hypothèses du projet de loi de Finances

Croissance: 3,2%
Déficit budgétaire: 3%
Taux de chômage: 8,5%
Investissement public: 195 milliards de DH
Gaz: 380 dollars/tonne.

77 amendements retenus

Sur les 215 amendements déposés par les groupes parlementaires, seuls 77 ont été approuvés (voir aussi notre édition du 15 novembre dernier) . Les députés ont aussi retiré une cinquantaine au moment des discussions. Si le ministre des Finances s’est félicité de «l’interaction positive avec la majorité et l’opposition», les groupes de cette dernière ne semblent pas satisfaits. Pour eux, il s’agit essentiellement «d’amendements de forme, qui n’ont pas une incidence sur les hypothèses ni sur les grandes orientations de ce projet de Budget». Toutefois, certains amendements ont été retenus notamment ceux relatifs à la TVA sur les carburants et sur les intermédiaires en assurances.

70 millions de quintaux  de céréales?

Les députés de l’opposition ont sévèrement critiqué «l’optimisme» des hypothèses contenues dans le projet de loi de Finances. Surtout que «la croissance au Maroc reste très liée à la pluviométrie. Et pour cette année, il y a un risque de faible récolte, notamment à cause du retard des pluies». Le projet de Budget a prévu une production céréalière de la prochaine campagne de 70 millions de quintaux. En face, l’opposition reste sceptique.

 

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