Economie

COP23: Le Maroc confirme son leadership

Par Nadia DREF | Edition N°:5150 Le 17/11/2017 | Partager
Annonce d’une aide allemande de 357 millions d’euros dont 90% pour le climat et les énergies renouvelables
Le Fonds vert pour le climat approuve 54 projets africains dont 21 du Maroc
Selon une étude de l’UpM, le Royaume devance ses voisins en matière de financement
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Le leadership du Maroc en Afrique est applaudi à Bonn, qui abrite les travaux de la COP23 jusqu’au vendredi 17 novembre. L’expérience marocaine est devenue un modèle pour les pays du continent. Dans son discours lors de la réunion de haut niveau, Manuel Macron a tenu à saluer les efforts consentis par le Maroc et les îles Fidji. Le Royaume a été représenté par son Altesse Royale Lalla Hasnaa à cette rencontre.

La mobilisation du Maroc a été également applaudie lors des échanges et débats sur les changements climatiques organisés au sein du pavillon marocain, situé dans la «zone Bonn». Cette partie est, d’ailleurs, réservée aux pays, entreprises et société civile ayant des réalisations concrètes depuis l’Accord de Paris ainsi que de nouvelles initiatives.

La représentante du gouvernement allemand, Madame Bolgman, a annoncé mercredi dernier la mobilisation par son pays, dans le cadre de la coopération bilatérale, de 357 millions d’euros au profit du Maroc. Sur ce total, près de 90% seront réservés à la protection du climat et des énergies renouvelables. Ce financement servira à la fois à l’augmentation des capacités de l’industrie propre mais également à la création d’emploi.

«Champion du climat en Afrique»

L’Allemagne accompagne le Maroc, à travers la GIZ, dans la mise en place des énergies renouvelables et de l’efficacité énergétique. Par ailleurs, la COP22 à Marrakech a initié le partenariat NDC, coprésidé par les deux pays, qui propose une plateforme unique pour autonomiser les pays en développement à remplir leurs engagements sous l’Accord de Paris et les Objectifs de Développement durable.

Selon un représentant du Fonds vert pour le climat, «le Maroc est le champion du climat en Afrique». Sur les 54 projets africains approuvés par cet organisme en octobre dernier totalisant 2,65 billions de dollars, soit 35% des financements modiaux, le Maroc accapare à lui seul 21 projets. Relevant les difficultés d’accès au financement pour les pays d’Afrique, le représentant du Fonds a précisé que les procédures ont été simplifiées pour encourager les pays en voie de développement. 

D’après une étude, rendue publique à Bonn par l’Union pour la Méditerranée, le Royaume devance ses voisins méditerranéens en matière de financement dédiés au climat. Sur la période 2013-2015, le Maroc a absorbé 20% des financements, suivi par l’Egypte (15%), la Jordanie (7%), la Tunisie (3%) et l’Algérie (1%). 4,6 milliards de dollars ont été affectés en 2016 par différents organismes, notamment la Banque européenne pour la Reconstruction et le Développement (BERD), la Banque internationale pour la Reconstruction et le Développement (BIRD), la Banque européenne d’Investissement (BEI), l’Agence française de développement (AFD) et l’UE.

Selon l’UpM, la région devra faire face à une augmentation de la demande énergétique de 98% d’ici à 2040. «Le défi à relever sera d’attirer les investissements énergétiques afin de renforcer la transition vers une économie durable et résiliente», précise l’Union. Les Etats membres de l’UpM ont approuvé jusqu’à présent trois projets spécifiques sur la production d’énergies renouvelables et la formation professionnelle, pour lesquels l’investissement prévu dans la région s’élève à
1 milliard d’euros.

Le Maroc s’est engagé d’une manière effective dans un développement durable caractérisé par une croissance responsable, une équité sociale et une préservation proactive de l’environnement. Pour ce qui est de la finance climat, le Maroc a lancé sa feuille de route pour l’alignement du secteur financier avec le développement durable.

Cinq axes ont été retenus. Il s’agit du développement des instruments financiers durables, de l’extension de la gouvernance, du renforcement des capacités, de la transparence du marché et de la promotion de l’inclusion financière en tant que vecteur du développement durable.
Par ailleurs, la COP23 constitue une opportunité pour les pays africains, y compris le Maroc, de partager leurs expériences dans la lutte contre le changement climatique et mettre en exergue les éventuelles opportunités de coopération Sud-Sud.

De notre envoyée spéciale à Bonn, Nadia DREF

 

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