Economie

Le total bilan du Maroc: 10 fois le PIB!

Par Abdelaziz GHOUIBI | Edition N°:5150 Le 17/11/2017 | Partager
12.833 milliards de DH de richesse potentielle dont 72% en capital immatériel
Le défi majeur tient au développement durable et inclusif
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Le capital immatériel comprend en particulier le capital humain, le capital social, le capital institutionnel et le capital culturel, historique. En 2013, le capital immatériel  est évalué, à prix courants, à 8.845 milliards de DH contre 4.515 en 1999. Il constitue la plus grande composante de la richesse globale, avec une part de 72% en moyenne, au cours de la période 1999-2013. Exprimé en dirhams constants de 2007, le capital immatériel s’élève à 7.984 milliards de DH contre 5.219 milliards en 1999, soit une appréciation de 53% au cours de la période, et une progression annuelle moyenne de 3,1%.

Le rapport sur le capital immatériel  vient enfin d’être publié par  le  Conseil économique, social et environnemental (CESE) sur son site Internet. L’Economiste avait révélé, en exclusivité, ses grandes conclusions dans son édition du 20 janvier 2017.

La publication intervient après la présentation aux institutionnels et opérateurs marocains, en mai dernier, du mémorandum de la Banque mondiale  sur les perspectives de l’économie nationale à l’horizon 2040, traité en avant-première par L’Economiste.

Intitulé «Investir dans le capital immatériel pour accélérer l’émergence économique», le rapport avait soulevé une vive polémique même parmi des membres du Gouvernement (voir encadré ci-contre). En cause, le diagnostic fait de la situation des richesses globales du pays mais aussi la feuille de route qu’il dresse au sujet des priorités.

Celles-ci se résument en la réalisation d’une croissance inclusive, avec hypothèses incontournables, l’investissement dans le capital humain et l’amélioration du climat des affaires. Surtout que le chômage des jeunes de 15 à 25 ans demeure une préoccupation centrale.

Le travail de la Banque mondiale ainsi que  celui du Conseil économique, social et environnemental tombent à point nommé. D’autant plus que le débat sur le modèle économique  ne fait que commencer.  Au demeurant, l’étude du Conseil verse dans cette orientation.

La nécessité «d’une transformation structurelle de l’économie est fortement soulignée». Un levier incontournable de création d’emplois de qualité et en nombre suffisant. Ceci, via l’accélération du processus de diversification productive et de la recherche et développement.

Le rapport retient 7 leviers. Parmi les plus importants figure le renforcement du capital humain qui constitue l’épine dorsale du capital immatériel. A titre d’illustration, «il suffit d’étendre de 2 années la durée moyenne des études par adulte pour que la richesse globale du pays augmente de plus de moitié», stipule le rapport.

De même qu’il partage la recommandation de la Banque mondiale ayant trait à la consolidation du capital institutionnel dans la mesure où il implique l’amélioration de l’efficacité des institutions et la cohérence des politiques publiques.

Le document souligne aussi qu’il est nécessaire «de bâtir un nouveau pacte social». L’objectif est de réduire les inégalités entre milieu rural et milieu urbain et  de consolider la cohésion sociale. C’est à ce prix que la stabilité du pays sera davantage renforcée.  Et les atouts ne manquent pas.

La richesse globale du pays est évaluée à 12.833 milliards de DH en 2013, soit l’équivalent d’un peu plus de 10 fois le PIB. Elle a augmenté de moitié depuis 1999. Le capital immatériel y pèse en moyenne pour 72%. La seule inconnue tient à la manière de capitaliser sur ce trésor. Sur ce point, le rapport du CESE reste muet.

Le CESE s’en prend à la Banque mondiale

Selon le rapport du Conseil économique, social et environnemental, la méthodologie de la Banque mondiale (bien qu’elle ait apporté son soutien technique) présente des atouts et des limites. Son principal avantage est d’avoir  inclu les concepts de durabilité et d’immatériel dans le calcul de la richesse globale des pays. Cette approche permet de faire apparaître le capital immatériel et ses dimensions humaine, sociale et institutionnelle. Elle s’inscrit, cependant, dans un modèle de durabilité faible, «en admettant une substitution sans limite des capitaux formant la richesse, ce qui n’est ni viable ni concevable, notamment en ce qui concerne le capital naturel, notamment les ressources hydriques», relève le Conseil.
«La méthode comporte aussi des insuffisances qui ont trait  à la disponibilité des données. Plusieurs hypothèses générales sont retenues pour faciliter les calculs et la comparabilité entre les différents pays. De même,  certaines ressources naturelles, notamment halieutiques, sont omises, faute de statistiques», soulève le CESE.
Enfin, l’approche ne permet pas une évaluation directe du capital immatériel, qui se calcule en retranchant les capitaux naturel et produit, ainsi que les avoirs extérieurs nets de la richesse globale, en raison des difficultés à en cerner les évolutions sur une base annuelle.

 

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