Competences & rh

MBA international: Qui sont les têtes d’affiche?

Par Stéphanie JACOB | Edition N°:5147 Le 14/11/2017 | Partager
Le MBA, d’origine américaine, est aujourd’hui proposé partout dans le monde
Mais les plus prestigieux ne sont pas forcément les plus rentables
La valeur des programmes éclairée par les palmarès
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Le site web britannique Emolument est un bon baromètre pour savoir ce que coûte et rapporte un MBA. En collectant les données salariales d’un millier de détenteurs de ce diplôme, il en ressort que l’école de commerce Chicago Booth arrive en tête du classement avec des frais de scolarité de 59.000 euros par an pour une rémunération moyenne des diplômés de 193.000 euros. Les MBA les plus prestigieux ne sont donc pas forcément les plus rentables en raison de frais de scolarité très élevés, alors que les rémunérations, une fois le diplôme obtenu, restent sensiblement proches d’une école à l’autre

Les MBA, Master of Business Administration, sont scrutés à la loupe dans de nombreux classements. Les plus prisés, les meilleurs en termes d’employabilité, dans le monde ou par région, les plus rentables… Une manière comme une autre de s’y retrouver en termes d’offres et de connaître la valeur d’un programme. Spécialisé ou avec une approche globale des affaires, il englobe tout à la fois la stratégie, le marketing, les finances, les ressources humaines et le management.

Un diplôme, très souvent financé par l’employeur, qui s’adresse aux cadres expérimentés cumulant de 4 à 10 ans d’expérience professionnelle à leur entrée dans la formation, le principe, pour accélérer leur carrière. Si le MBA provient des Etats-Unis, il est aujourd’hui proposé partout dans le monde.

Mais outre-Atlantique, il reste populaire, la plupart des universités américaines ayant un programme de type MBA. Dans les années 60, l’Europe s’y est mise avec des premiers programmes très élitistes. Calqués sur le modèle US, les MBA européens diffèrent par leur durée qui est généralement de 1 an, contre 2 ans aux Etats-Unis, afin de minimiser le temps passé en dehors de l’entreprise, et s’adressent à des étudiants plus âgés, autour de 30 ans en moyenne, l’entrée dans la vie active étant plus tardive en Europe qu’aux USA.

En matière de MBA sur le vieux continent, la France a ouvert la marche avec deux concurrents, l’INSEAD et l’Institut supérieur des Affaires, MBA du groupe HEC, dont les programmes font partie des meilleurs au monde. L’Afrique n’a pas échappé au phénomène puisque des pays comme le Sénégal, la RDC, le Cameroun, la Tunisie, l’Algérie et bien sûr le Maroc ont leurs propres programmes. La demande de formation en management de haut niveau s’étant concentrée sur le local en raison d’une libre circulation restreinte des personnes. Alors faire un choix éclairé n’est pas chose facile. Portraits des têtes d’affiche sur 3 continents.

■ L’Institut européen d’Administration des Affaires

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(Insead), et ses 3 campus à Fontainebleau, à Singapour, et à Abu Dhabi, confirme sa 1re place cette année, après avoir détrôné Harvard en 2016 dans le palmarès du Financial Times, une référence en la matière. Sa culture internationale avec 95% d’étudiants et d’enseignants étrangers, son large réseau d’anciens diplômés, la progression de carrière des anciens élèves ou le développement d’idées innovantes sont autant de critères qui lui ont permis d’arriver en tête. Pour un MBA autour de 75.000 euros, le diplômé peut prétendre, après 3 ans, à un salaire annuel moyen de 153.637 euros, soit une augmentation de 96% par rapport aux rémunérations pré-MBA. Un critère de taille dans les classements.

■ La Harvard Business School (HBS) propose un programme MBA à plein temps, entre cours communs la première année et cours électifs

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pendant la seconde. Avec un taux de diplômés d’environ 99,5%, elle s’inscrit parmi les écoles de management les plus réputées au monde. Les études de cas préparés par les étudiants et discutés en classe résument son mode d’enseignement. D’ailleurs chaque promotion, qui compte en moyenne 900 étudiants, travaille à résoudre des problématiques rencontrées par des entreprises dans des pays émergents comme l’Inde ou la Chine, mais aussi le Maroc depuis 2015. MBA en poche, les étudiants inondent les banques d’affaires et les cabinets de conseils, mais depuis 5 ans, une nouvelle tendance apparaît avec 11% des diplômés qui optent pour l’entrepreneuriat et la start-up. HBS a d’ailleurs mis en place des bourses pour lancer un business en 1re année et des bourses pour les jeunes qui préfèrent monter leur start-up plutôt qu’accepter un poste de salarié. Autre dispositif intéressant, l’incubateur Harvard Innovation Lab, qui soutient le lancement de 10 projets étudiants tous les 6 mois.

■ En Chine, la Kellogg / HKUST Business School arrive en tête du classement du Financial Times des meilleurs executive MBA en 2017. Ce

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sont d’ailleurs plusieurs hautes écoles chinoises qui occupent les premières places, en raison surtout des revenus très élevés des managers qui proviennent des grands groupes «consommateurs» de hautes écoles. Un étudiant de la Kellogg / HKUST gagne environ 478.000 dollars, soit plus de 4 millions de DH par an.

■ Cher, mais rentable
Si le prix d’un MBA est élevé, les salaires des diplômés sont à la hauteur de l’investissement. Aux frais d’inscription, d’entraînement et de préparation, il faut ajouter le prix de la formation elle-même, les frais qui lui sont liés et le coût de la vie, d’autant que pendant cette année ou ces 2 ans d’étude, le cadre n’a plus de rémunération. En France, les tarifs varient entre 5.000 et 90.000 euros, jusqu’à 995.000 DH, suivant la qualité du programme ou la réputation de l’établissement. Aux Etats-Unis, où il est relativement facile d’obtenir des emprunts bancaires à bons taux, il faut compter tout compris autour de 140.000 dollars, soit quelque 1.332.000 DH.  

■ De très bons résultats pour être admis
Une longue étape, qui commence pour certains établissements, par l’assurance de la solvabilité du candidat. Puis les tests de connaissances générales (GMAT) et d’anglais, sachant que les étudiants admis dans les meilleurs MBA (Harvard, Stanford, Columbia, Kellogg, Yale, INSEAD, London Business School…) ont obtenu un score moyen de 700 sur 800. Relevés de notes et lettres de recommandation s’ajoutent à cette sélection sur dossier, suivie d’un entretien qui détermine l’admission définitive.

■ La course à la certification «privée»
Pour s’imposer comme un établissement de qualité, il faut être accrédité par un organisme international tel que l’American Assembly of Colleges and Schools of Business, un label d’excellence, l’European Foundation for Management Development ou l’AMBA, l’Association of MBA pour les anglais. En effet, même si ces labels n’ont pas de valeur officielle, contrairement aux labels de l’état, leur obtention permet aux écoles de toujours plus se démarquer. Bien évidemment, cette accréditation augmente nettement le prix des études. Pour faire face à la concurrence, certaines écoles tentent même la triple accréditation, comme HEC en 2002, la première à avoir atteint le rêve ultime de tout établissement.

 

 

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