Competences & rh

Relancer sa carrière grâce à un diplôme, la promesse d’un MBA

Par Tilila EL GHOUARI | Edition N°:5147 Le 14/11/2017 | Partager
Des formations internationales dédiées aux cadres et aux dirigeants à fort potentiel
Cours en anglais, qui mettent les apprenants dans des situations concrètes
Aucune réglementation ne protège ce label
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Un MBA offre une vision transversale et globale du management d’une entreprise. La formation permet de s’adapter à toutes les activités, industrielles ou de services (Ph. L’Economiste)

Un sésame pour une carrière réussie. Un EMBA (Executive Masters of Business Administration) a pour vocation d’accélérer le parcours professionnel. Ce diplôme tout droit venu des Etats-Unis est principalement destiné aux personnes qui sentent avoir atteint un plafond de verre et qui veulent le briser. «La formation accompagne la réussite d’un projet entrepreneurial, et permet de saisir l’opportunité d’une ouverture de poste de direction», explique Nada Biaz, directrice générale de l’ISCAE.

Un EMBA est aussi recommandé aux personnes souhaitant changer la trajectoire de leur carrière. «Le programme offre un espace d’évolution et d’identification de nouvelles perspectives. Les bénéficiaires apprennent à gérer, démarrer ou développer une entreprise», ajoute-t-elle. Selon un sondage réalisé par Toulouse Business School (TBS), «après l’obtention du EMBA, la réorientation de carrière est nettement privilégiée.

Près de 67% de nos lauréats tendent vers la reprise d’une autre activité ou créent leur propre entreprise», relève Mohamed Derrabi, directeur de l’école. Le tiers restant bénéficie d’une évolution en interne ou vers des postes de direction. «Mais l’objectif premier de la formation est d’apporter des réponses efficaces à des problématiques concrètes (managériales, stratégiques...) déjà rencontrées ou qu’on continue à rencontrer dans son travail», poursuit-il.

La formation, par son aspect généraliste, permet aux participants d’acquérir une vision globale de l’entreprise. «Par son aspect déspécialisant, elle aborde l’ensemble des disciplines du management dans leur dimension stratégique et non technique», précise Tawhid Chtioui, directeur général de l’Emlyon Business School Afrique. Une approche essentielle si l’on veut accéder au poste de dirigeant. «La formation permet particulièrement de développer une forte capacité d’analyse stratégique chez les participants, une capacité de leadership et de prise de décision. Un manager doit avant tout être capable de prendre les bonnes décisions dans un environnement complexe», souligne Thami Ghorfi, président de l’ESCA.

«Un programme MBA tel que nous le pratiquons propose un contenu adapté à des managers», poursuit-il. Par ailleurs, un Executive MBA a un aspect international non négligeable. Des cours donnés en anglais, par des professeurs venant des quatre coins du monde, ainsi que des étudiants internationaux offrent une vision plus large du management, qui est en plus étayée par des expériences personnelles.

Les cours permettent également à des personnes ayant des acquis techniques et opérationnels dans un domaine précis d’élargir leurs champs de compétence vers le management et la gestion d’entreprise. Dans les classes de cours, ingénieurs, scientifiques, cadres d’entreprises se côtoient et s’enrichissent mutuellement par leurs connaissances et leurs vécus professionnels.

Aucune date butoir n’est exigée pour entamer ce type de formation. Du moment qu’une personne a gagné en expérience dans un poste de gestionnaire, elle peut s’inscrire à un EMBA. «Certains se dirigent vers cette formation quand ils veulent saisir une opportunité de promotion interne, d’ouverture de poste ou pour un changement de carrière», explique Nada Biaz. «Mais avant de se lancer dans ce projet de vie, il est important pour le candidat de définir ses objectifs personnels et mûrir sa décision à l’issue d’un bilan personnel et professionnel», poursuit-elle.

Toutefois, accéder à cette formation est difficile. Il faut justifier au minimum 10 ans  d’expérience professionnelle dont 4 ou 5 ans dans des fonctions managériales pour prétendre à un Executive MBA. «Les EMBA sont très sélectifs, la moyenne d’expérience de nos 2 promotions sur le campus Casablanca est de 15 ans, avec une moyenne d’âge de 39 ans», souligne le directeur de l’Emlyon.

La durée d’expérience varie selon l’établissement. A TBS, la durée moyenne de l’expérience des étudiants est de 13 ans. Ce vécu en entreprise permet aux candidats de prendre du recul sur leur carrière et leur profession. «Capitalisant sur leur expérience pour acquérir de nouvelles compétences, cette formation permet de créer un lien entre la formation initiale et la somme des expériences d’un individu en vue d’accroître sa performance en management et d’accélérer sa carrière», explique Thami Ghorfi.

Le coût élevé de la formation est aussi un frein pour ceux qui désirent s’y inscrire. Par ailleurs, il faut être parfaitement anglophone puisque les cours sont administrés uniquement en anglais. L’élitisme de l’EMBA se justifie par cette rude sélection. «Le programme attire des personnes déterminées, les meilleurs et les plus brillants, autant parmi les étudiants que parmi le corps professoral. La salle de formation est un vrai laboratoire de contribution et de création de contenu à forte valeur ajoutée pour tous les participants», explique la directrice de l’ISCAE.

Alors que le MBA s’est imposé comme étant une référence mondiale dans le domaine de l’entreprise, aucune réglementation pour encadrer cette formation n’existe à ce jour. «A défaut de pouvoir utiliser le label Master ou Mastères spécialisés qui eux sont protégés, certaines écoles prétendent délivrer un MBA», explique le directeur de l’EmLyon.

Aujourd’hui, pour avoir la certitude d’accéder à une formation qui répond aux standards de qualité, il faut vérifier les accréditations internationales que l’école a pu décrocher. «Les candidats peuvent être rassurés par un MBA accrédité  par l’AMBA (Association of MBAs), qui n’est accordé qu’après un audit très consciencieux», indique Mohamed Derrabi, directeur de TBS.

«Le classement du «Financial Times» est une autre garantie de la qualité des formations. Le quotidien britannique publie, tout au long de l’année, des classements pour chaque catégorie de programmes», ajoute-t-il.  A noter que le premier programme EMBA 100% marocain à avoir reçu l’accréditation internationale AMBA est celui de l’ISCAE. Les écoles étrangères implantées au Maroc bénéficient elles aussi de ce titre, comme cela est le cas pour l’Emlyon, TBS et d’autres.

Un réseau à l’international

Un MBA est également considéré comme un passeport pour une carrière à l’étranger. Il est très prisé pour la mobilité internationale qu’il offre aux étudiants. Par ailleurs, le pluralisme des nationalités des intervenants et des participants apporte une dimension internationale très intéressante. «La force du réseau des lauréats et la qualité de ses profils sont parmi les atouts majeurs d’un MBA. Leur excellence est un gage de qualité de la formation», précise Thami Ghorfi, président de l’ESCA. Les carnets d’adresses peuvent s’étoffer rapidement grâce à ce parcours, et permettre aux candidats de trouver de futurs clients ou collaborateurs. Certains chasseurs de têtes démarchent directement sur le campus, car ils sont certains de trouver des profils dotés de compétences managériales considérables. S’ajoute à cela l’accès au réseau de diplômés, qui est l’une des valeurs ajoutées les plus importantes d’un MBA.

 

 

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