Economie

Plaisance: Le Maroc mise gros sur les marinas

Par Ali ABJIOU | Edition N°:5137 Le 30/10/2017 | Partager
Un élément-clé pour le développement touristique
L’offre actuelle loin derrière celle de pays comme l’Espagne
Le dispositif législatif se met en place
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La marina de Tanger, finalisée depuis quelques mois, attend son inauguration officielle pour entrer en jeu. Elle fait partie des neuf marinas dont sera doté le Maroc sous peu avec près de 5.000 anneaux au total (Ph. Adam)

Le potentiel de développement des marinas et de la plaisance interpelle le Maroc à plus d’un titre. Avec ses 3.500 km de côtes, le pays ne compte que 7 marinas opérationnelles totalisant 4.000 anneaux. Deux autres sont actuellement en cours d’aménagement, celles d’Atalayoun (Marchica, Nador) et de Tanger qui en rajouteront un bon millier au total.

Malgré tout, cela reste faible face aux 350.000 anneaux que comptent les pays de la Méditerranée dont les trois quarts concentrés dans les ports d’Espagne, d’Italie, de France et de la Grèce, selon Mohamed Ouanaya, président de l’Association des marinas et ports de plaisance du Maroc, qui intervenait lors des premières journées dédiées aux marinas de plaisance, tenues à Tanger. Comparativement, l’Espagne, avec 7.880 km de côtes, offre à elle seule 135.000 anneaux. Ce qui laisse envisager tout le potentiel de croissance de ce secteur.

Pour le gouvernement, les priorités sont bien définies. «Le Maroc est déterminé à conforter et promouvoir la plaisance au niveau national et à contribuer à son développement dans le bassin méditerranéen», affirme Abdelkader Amara, ministre de l’Equipement, du Transport, de la Logistique et de l’Eau. Pour le ministre, l’ensemble de ces marinas, notamment celles situées sur la Méditerranée, contribuent notablement à la création de richesse et d’emplois et bien sûr à l’animation touristique des territoires avoisinants. Même son de cloche chez Lamia Boutaleb, secrétaire d’Etat chargée du Tourisme qui voit dans ces ports de plaisance «des éléments indispensables pour toute destination touristique».

La situation géographique favorable couplée aux attraits touristiques du pays et la proximité de grands bassins de plaisance, sont autant d’atouts que le pays entend exploiter.
La plaisance figure d’ailleurs en bonne position dans la stratégie nationale portuaire à l’horizon 2030, élaborée en synergie avec la Vision touristique 2020. Elle prévoit le développement de la plaisance grâce notamment à la réalisation d’infrastructures portuaires de qualité et l’amélioration de leur connectivité, terrestre et aérienne.

Un réseau de marinas s’est d’ailleurs formé le long des côtes méditerranéennes et atlantiques du pays avec Bouregreg (Rabat), Agadir, Marina Smir, Kabila, M’diq, Al Hoceïma, Atalayoun (Nador), Saïdia et Tanger. Outre les infrastructures, le pays compte se doter d’un arsenal juridique adapté en la matière.

Le projet de loi n°101.13 relative à la navigation de plaisance a été mis dans le circuit de validation et d’adoption. Son objectif est de fixer les conditions dans lesquelles la navigation de plaisance doit être pratiquée, les règles de sécurité qui lui sont appliquées ainsi que les obligations et responsabilités des utilisateurs des navires de plaisance, des engins nautiques à moteur et des engins de plage.

Son adoption devrait intervenir avant la fin de l’année, pas trop tôt pour les marinas dont certaines l’attendent depuis 2005, date de la rédaction de son premier brouillon. Les exploitants des marinas s’attendent à ce que les conditions d’accueil des plaisanciers et de leurs bateaux s’améliorent.

C’est le cas de l’admission temporaire pour les embarcations de plaisance qui est récemment passée de 6 à 18 mois. Du côté de l’association, on espère plus afin d’attirer plus de plaisanciers et d’allonger leur durée de séjour.

Une association pour faire du lobbying

L’Association des ports de plaisance du Maroc (APPM) a été créée il y a quelques mois. Elle regroupe plusieurs marinas dont celles de Saïdia, Marchica, Bouregreg et Tanger qui en assure actuellement la présidence. L’objectif est de s’unir pour assurer un partage d’expériences et de savoir-faire entre les différents membres. D’autre part, il s’agit aussi de travailler à la promotion de la plaisance, tant au Maroc qu’à l’étranger en mutualisant les efforts, surtout dans les foires à l’international. Ensuite, l’association veut devenir une force de proposition pour le développement de la filière, surtout en matière législative.
Elle vient de signer deux accords de partenariat avec la Fédération espagnole d’associations des ports de plaisance et touristiques et la Fédération française des ports de plaisance dont l’objectif est de resserrer les liens avec les principaux acteurs en la matière en Méditerranée.

 

 

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