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Faire de l’huile un carburant, c’est tout bénef pour la Chine

Par Ma YIFEI - Yicai Global | Edition N°:5136 Le 27/10/2017 | Partager
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Prenant d’énormes risques sanitaires, des restaurateurs, en Chine, préparent des plats avec de l’huile de cuisson illégalement recyclée. MotionECO propose un moyen propre et sûr de régler ce problème d’huile usagée (Ph. Motion Eco)

Connue pour ses raviolis frits, boulettes, pâtés impériaux et autres classiques de sa gastronomie, la Chine est le premier pays consommateur d’huile de cuisine. Et donc le premier à devoir s’en débarrasser une fois utilisée: cela se compte en millions de tonnes chaque année.

Bien que ce soit illégal, des entrepreneurs peu scrupuleux filtrent l’huile de friture récupérée dans les restaurants, égouts et autres collecteurs de graisse, puis l’écoulent auprès de vendeurs de rue ou de petites gargotes, qui la réutilisent. Appelée huile de caniveau ou huile de gouttière, elle ne répond évidemment pas aux critères standards de l’huile de cuisine, contenant notamment des éléments cancérigènes ou pouvant causer de graves maladies. Mais elle détient un avantage incontestable: elle coûte moins cher que la bonne huile.

Shutong Liu a fondé MotionECO pour combattre ce problème en proposant une meilleure utilisation de l’huile de friture recyclée.
Les avantages sont évidents: le carburant produit à partir des déchets peut aider à réduire de 90% les émissions de gaz à effet de serre tout en limitant radicalement la pollution de l’air par les particules, le dioxyde de soufre et autres polluants qui s’échappent des avions.
Persuadé qu’un marché existe en Chine, Shutong Liu fonde MotionECO à son retour au pays, en mars 2015. L’année suivante, l’entreprise est finaliste pour la Chine au concours international The Chivas Venture, qui chaque année distingue des entrepreneurs sociaux faisant de leur activité une force au service du bien.

Shutong Liu a découvert que l’un de ses plus grands défis sera de rendre efficace la collecte des huiles alimentaires usagées. Aucun système n’est encore en place. Afin d’attirer des fournisseurs fiables et loyaux, MotionECO a établi un processus public, transparent et traçable de la production aux ventes. Le prix est un autre obstacle de taille. L’huile de caniveau se vend plus cher que le biocarburant; les vendeurs illégaux peuvent donc débourser davantage que les recycleurs honnêtes pour s’approvisionner. Le climat général s’améliore maintenant que le gouvernement chinois sévit contre les revendeurs d’huile de caniveau.

Il a mis en place un système de traçabilité alimentaire et incite les restaurants à vérifier de plus près ce que deviennent leurs huiles usagées. De son côté, MotionECO a établi une «ligue de l’huile sûre» qui vérifie et certifie ses membres, espérant accroître ses sources d’approvisionnement et instaurer de bonnes relations avec les restaurants.
Les avantages d’une économie du recyclage étant de plus en plus reconnus dans le pays, Shutong Liu a commencé à collaborer avec des gouvernements locaux. Ainsi, un accord de partenariat va débuter fin 2017 entre MotionECO et la ville de Nankin. Lors de la première phase du projet, appelé Green Oilfield, les bus municipaux et les cars touristiques fonctionneront au biocarburant produit localement à partir des huiles de cuisine usagées. MotionECO compte aujourd’hui cinq collaborateurs et semble bien parti pour réaliser un chiffre d’affaires de 3 millions CNY (381.000 euros) cette année.

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