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Une nouvelle approche de la approche

Par Daniel FINNAN - Saprknews | Edition N°:5136 Le 27/10/2017 | Partager
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Rotor Deconstruction a pour objectif de promouvoir et de favoriser le réemploi d’éléments architecturaux issus de bâtiments promis à la destruction (Ph. Jean-François Flamey)

Effervescente start-up belge, Rotor Deconstruction bouscule le statu quo des déchets du bâtiment.

Connaissez-vous le point commun entre un faux plafond translucide, des sièges de métro en fibre de verre et une épaisse porte en chêne finement sculptée? Tous ont été «sauvés» et proposés à la vente par Rotor Deconstruction, une petite entreprise belge qui cherche à changer les pratiques de traitement des déchets de démolition dans le secteur de la construction.
 En Belgique et au-delà, Rotor Deconstruction démantèle des édifices commerciaux, évalue le potentiel de réemploi des matériaux et revend les pièces sauvées de la benne à ordures au grand public, par le biais de sa boutique en ligne et de son magasin à Bruxelles.
«Nous ne sommes pas une enseigne de matériaux de construction», confie le responsable du projet Lionel Billiet. «Nous proposons un florilège d’éléments récoltés dans les bâtiments».
Émanation de Rotor, une coopérative sociale, à but non lucratif, créée en 2005, la start-up et ses cinq collaborateurs ont notamment pour objectif de promouvoir et de favoriser le réemploi d’éléments architecturaux issus de bâtiments promis à la destruction.
Forte de son expertise collective dans les domaines de la démolition et de la rénovation, elle a su identifier un besoin sur le marché. En général, les revendeurs de matériaux de seconde main s’intéressent aux antiquités d’avant-guerre échouées dans les intérieurs des particuliers. Ils sont peu nombreux à tenter d’écouler des pièces issues des vastes immeubles de bureaux construits après-guerre. Conséquence: celles-ci atterrissent dans les conteneurs à ordures.
Entreprise à but lucratif depuis l’an dernier, Rotor Deconstruction a pris de l’ampleur: de quatre chantiers de récupération en 2013 à quelque 31 appels d’offres en 2016, elle espère en décrocher une quarantaine d’ici la fin de l’année 2017.
Rotor Deconstruction a déshabillé certains bâtiments de l’Université de Gand, déposé des éléments de banques belges, récupéré des matériaux de l’entreprise chimique Solvay, de l’opérateur immobilier Befimmo, et même de la mairie d’Anvers. La start-up réalise un petit bénéfice dont Lionel Billiet préfère taire le montant. Les chantiers de démolition (prix par tonne) et la vente des marchandises récupérées font tourner l’affaire.
 L’entreprise agit depuis une ancienne chocolaterie située dans la commune d’Anderlecht, un bâtiment qui sera démoli dans quatre ans et réhabilité par un promoteur – ironie qui n’a pas échappé à ces entrepreneurs du recyclage.
L’usine de réemploi abrite également le showroom de Rotor Deconstruction. Cette authentique boutique de curiosités réunit du mobilier et des installations éclectiques datant d’à partir des années 1930.
Chaque objet subit un examen minutieux destiné à contrôler sa qualité et son degré d’usure – un seul éclat sur un lavabo suffit à l’exclure de la sélection. Rotor Deconstruction nettoie tous les spécimens et remet les vieux appareils électriques aux normes en les équipant de prises et câbles neufs. En général, l’entreprise privilégie les éléments non structurels ou mécaniques qui présentent peu de risques, excluant certains dispositifs comme les gicleurs d’incendie.
Les marchandises de Rotor Deconstruction plaisent aux architectes et aux designers, attentifs à les intégrer habilement à leurs projets de petite ou moyenne envergure. Ils se sont fait une place dans les bureaux, les logements de particuliers, les centres culturels, les restaurants et les cafés. Comme ils sont disponibles à l’unité, ils sont également accessibles aux particuliers.
Selon les estimations de Lionel Billiet, Rotor Deconstruction écoule 85% des pièces amassées, au moyen d’un processus de sélection extrêmement exigeant.
Emblématique de l’esprit «industriel chic», le siège de Rotor doit son style harmonieux à du mobilier entièrement récupéré. «Tout ce que vous voyez ici, ajoute Lionel Billiet, jusqu’aux portes et aux équipements de la cuisine provient d’autres bâtiments».

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