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Energies renouvelables: Les grandes ambitions de l’Union européenne

Par Reda BENOMAR | Edition N°:5136 Le 27/10/2017 | Partager
L’UE s’est fixée comme objectifs 30% d’économie d’énergie et 27% d’énergies renouvelables
Seul hic, les déploiements des ER pour 2030, incompatibles avec les -80% prévus en 2050
Un risque, que l’accord de Paris ne puisse être respecté
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Les objectifs 2020, 2030 et 2050 pour les «émissions de gaz à effet de serre» visent à réduire les émissions de gaz à effet de serre du pourcentage indiqué, par rapport aux niveaux d’émissions de 1990. Les objectifs 2020 et 2030 pour les «énergies renouvelables» visent à augmenter la part des sources d’énergies renouvelables dans le mix énergétique final, jusqu’au pourcentage indiqué

«Sortir de l’âge de l’énergie nucléaire pour entrer dans l’âge des énergies renouvelables». Nicolas Hulot, ministre de la transition écologique français, a rappelé devant l’Assemblée nationale que l’Homme était sorti de l’âge de pierre et qu’il était entré dans l’âge de fer, non pas parce qu’il n’y avait plus de pierres, mais parce que c’était mieux...  La transformation des marchés énergétiques mondiaux est en cours.

Les énergies renouvelables vont jouer un rôle essentiel dans la transition vers un système énergétique propre. L’Europe ne peut donc pas se permettre de rater l’opportunité offerte par la transition énergétique. Le paquet législatif de la Commission intitulé «Une énergie propre pour tous les européens», poursuit trois grands objectifs: privilégier l’efficacité énergétique, parvenir au premier rang mondial dans le domaine des énergies renouvelables et adopter des mesures équitables pour le consommateur.

Pour optimiser ses avantages, l’Europe a aussi besoin d’une politique d’innovation industrielle ambitieuse pour aider les entreprises et travailleurs européens à mener la course mondiale à l’énergie propre. Le paquet comprend des propositions relatives à l’organisation du marché de l’électricité, à l’efficacité énergétique, à la sécurité d’approvisionnement, aux énergies renouvelables et aux règles de gouvernance, qui visent à mettre en œuvre la stratégie pour l’union de l’énergie. L’objectif global de la stratégie étant de transformer l’UE en une économie à faible émission de carbone d’ici 2030.

L’Europe s’est fixée pour objectif de parvenir collectivement à une part de 27% des énergies renouvelables dans la consommation totale d’énergie d’ici à 2030. Elle a lancé les efforts mondiaux de lutte contre le changement climatique et se place en tête de cette lutte par son engagement à réduire ses émissions de 30% d’ici à 2030. Il est toutefois à noter que l’objectif de 2030 implique en réalité un ralentissement du taux de déploiement par rapport à la décennie précédente. Le risque est que des taux de déploiement beaucoup plus rapides soient indispensables (et plus difficiles à mettre en œuvre) dans les décennies suivantes pour atteindre l’objectif de -80% de l’UE à l’horizon 2050.

Pour réaliser tout cela, la Commission européenne a publié sa proposition de règlement sur la gouvernance de l’Union de l’énergie. Son élément fondamental consiste à demander aux États membres de fournir d’ici le 1er janvier 2018 un projet de «plan national intégré en matière d’énergie et de climat» devant refléter la stratégie énergétique nationale pour la décennie 2020-2030. La Commission européenne ferait alors des recommandations-pays spécifiques sur la base de ces projets, et les États membres devraient «tenir le plus grand compte de toute recommandation éventuelle de la Commission lorsqu’ils finalisent leur plan», qu’ils doivent soumettre au plus tard le 1er janvier 2019. Un processus similaire est prévu pour les plans nationaux à l’horizon 2070.

Pour beaucoup, la proposition de la Commission européenne est extrêmement décevante car elle se concentre sur les contrôles, les rapports et la vérification par l’administration. Elle oublie d’aborder ce qu’est une véritable gouvernance: la construction d’un système permettant de prendre des décisions tangibles basées sur les apports des sociétés civiles européennes.

En soi, les lois ne sont que de l’encre sur du papier. Pour qu’une loi ait un impact sur la vie des citoyens, elle doit être mise en œuvre et appliquée. Dans son rôle de facilitateur, la Commission européenne devrait encourager les acteurs publics et privés à promouvoir des projets concrets pouvant bénéficier de façon visible aux citoyens, tout en montrant les avantages des décisions concrètes dans le cadre de la transition énergétique.

Où en est l’Europe concrètement?

Les projections relatives au système énergétique de l’UE indiquent que, si rien ne change, les politiques actuelles des États membres et de l’UE permettront d’atteindre une consommation d’énergies renouvelables d’environ 24,3% seulement en 2030. Ce niveau se situerait bien en deçà du niveau contraignant minimal de 27% d’énergies renouvelables au niveau de l’UE approuvé par le Conseil européen. Il  empêcherait également l’UE de respecter à titre collectif ses engagements pris lors de l’accord de Paris de 2015.

 

 

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