Entreprises

Fort engouement pour la transformation

Par Ahlam NAZIH | Edition N°:5131 Le 20/10/2017 | Partager
Selon une étude CGEM-Optimum Conseil, 7 entreprises sur 10 ont initié un plan
L’informel, la rareté des compétences et le cadre réglementaire et fiscal les perturbent
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La majorité des dirigeants interrogés citent l’amélioration des performances commerciales en tête de leurs défis. Pourtant, ils placent la nécessité de mettre le client au centre de leurs préoccupations en dernier. Par ailleurs, même si 69% de leurs entreprises sont familiales, préparer la succession et la relève ne fait pas partie de leurs premières priorités. Pas plus que la transformation digitale, dont l’enjeu est de plus en plus crucial

S’adapter en permanence aux changements ou disparaître. Les entreprises marocaines en sont désormais conscientes. Le dernier baromètre du cabinet Optimum Conseil sur la transformation des entreprises le confirme. Réalisé en partenariat avec la CGEM auprès de 200 dirigeants, il révèle que 73% des structures ont déjà mis en place un projet de transformation au cours des trois dernières années. Par ailleurs, 81% prévoient d’en lancer un durant les trois prochains exercices.

«C’est désormais un mode de management et de gouvernance inhérent à notre ère, quelle que soit la taille des organisations», souligne Assia Aiouch, directrice générale d’Optimum Conseil. La majorité (90%) considère qu’il s’agit d’un chantier progressif.

Le secteur financier (93%), l’énergie (92%), les IT et télécoms (82%) et l’industrie sont les plus dynamiques dans le domaine. «Ceux qui s’adaptent le plus sont en général des secteurs très réglementés ou protégés», précise Hakim Marrakchi, président de la commission International de la CGEM.

Ce sont également ces branches qui réussissent le mieux les objectifs de leurs projets de transformation, avec des taux de réalisation allant de 66% (secteur financier) à 75% (énergie). En moyenne, seulement 58% des patrons déclarent avoir atteint, au moins partiellement, leurs objectifs de transformation.

«Les dirigeants sont globalement ouverts aux opportunités de la mondialisation et du digital, mais en termes de défis, ils pensent à d’autres enjeux qu’ils considèrent prioritaires, comme la performance opérationnelle et commerciale, et l’innovation», précise Aiouch. En effet, certains défis qui semblent essentiels, comme la transformation digitale, qui continue de chambouler notre manière d’acheter, de consommer, de travailler… n’arrivent qu’en dernier pour eux (voir illustration).

«Les entreprises ont des préoccupations d’abord maroco-marocaines. Evoluant dans un contexte législatif en retard sur le marché et un cadre de travail peu flexible, elles sont préoccupées en priorité par leur survie», avance Marrakchi. Néanmoins, sont-elles sur la bonne voie, sachant que leur survie dépendra aussi de leur degré de maîtrise du digital?

Les sociétés sondées, en majorité familiales (69%), accordent, en outre, peu d’importance à leur succession, et à la nécessité de mettre le client au centre de leurs préoccupations (voir illustration). «Les dirigeants sont, en fait, plus concentrés sur la conquête de nouveaux marchés que sur la rétention de leurs anciens clients. C’est une question qui devrait les interpeller», estime Karim Tazi, directeur associé d’Optimum Conseil.
Le financement, le nerf de la guerre, a également été très peu évoqué par les sondés (13%).
En termes de difficultés, les dirigeants sont plus nombreux à citer la maîtrise du temps (50%), et la capacité à faire évoluer la culture de l’entreprise (45%). Près du quart relèvent la non-adhésion des équipes au changement et 21% mettent en avant la difficulté à définir une vision claire dans un environnement incertain.

Pour réussir leur projet, ils misent en premier sur des visions claires et partagées, la mobilisation des managers, la prise de décision rapide et l’accompagnement par des spécialistes. L’enquête a aussi mis en évidence quelques goulots d’étranglement, considérés par les patrons comme des menaces. Notamment l’informel, qui inquiète 52% d’entre eux, la rareté des ressources humaines (surtout du côté du middle management), et le poids de l’environnement législatif et fiscal.

«Le cadre actuel ne permet pas à l’entreprise de se développer. Il faut plus d’équité réglementaire et concurrentielle. A titre d’exemple, les investisseurs privés au Maroc sont essentiellement étrangers, bénéficiant de dérogations et d’avantages auxquels les nationaux n’ont pas accès», insiste le président de la commission CGEM-International.
A bon entendeur!

Une conjoncture incertaine et une visibilité réduite

Près des deux tiers des dirigeants enquêtés disent avoir une visibilité réduite. Le tiers situe sa visibilité à un horizon inférieur à 6 mois, et 29% la place entre 6 mois et un an. Les secteurs les plus organisés et les plus structurés font face à moins d’incertitudes. Dans le secteur financier, par exemple, plus de 70% affirment jouir d’une visibilité supérieure à un an. Et plus la taille de l’entreprise est grande, plus elle est confiante.

 

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