Entreprises

L’aéronautique passe à la vitesse de croisière

Par Jean Modeste KOUAME | Edition N°:5130 Le 19/10/2017 | Partager
Création de deux nouveaux écosystèmes: moteur et matériaux composites
100 nouvelles entreprises d’ici 2020 et 23.000 emplois
16 milliards de DH de CA à l’export espéré d’ici 2020
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Après la mise en place de 4 écosystèmes en pleine expansion, l’industrie aéronautique marocaine se dote de 2 autres écosystèmes: les moteurs et les matériaux composites

Le secteur de l’aéronautique prend son envol avec la création de deux nouveaux écosystèmes: les moteurs et les matériaux composites. «Leur mise en place est devenue nécessaire pour l’accélération du développement du secteur», soutient Moulay Hafid Elalamy, ministre de l’Industrie, du Commerce, de l’Investissement et de l’Economie numérique. L’idée émane d’échanges avec des opérateurs stratégiques et leaders dans ces filières.

Ces derniers considèrent la destination Maroc comme potentiellement intéressante pour mettre en place un écosystème complet. Mis en place par Hexcel, l’écosystème des matériaux composites va devoir aller plus loin sur le plan technologique. L’Américain fait partie des leaders mondiaux dans le domaine de la fibre de carbone et des matériaux composites destinés aux avions commerciaux et militaires, hélicoptères, moteurs, satellites et dispositifs de lancement.

Située sur la zone franche aéronautique Midparc de Nouaceur, son usine est entrée en production en 2017 et a mobilisé un investissement de 20 millions de dollars (environ 190 millions de DH). Quant à la filière moteur, elle est le cœur de l’aéronautique. A travers ces choix stratégiques, le Maroc veut se positionner sur des industries à forte valeur ajoutée. Le pays compte aussi accompagner l’investissement local dans cette industrie. «Plusieurs investisseurs locaux s’intéressent de plus en plus à ces secteurs. On y compte des institutions», révèle le ministre. Mais celui-ci n’indique pas comment cela va se faire.

Dans le cadre des plans d’accélération industrielle (PAI), le ministère de l’Industrie, du Commerce, de l’Investissement et de l’Economie numérique, en partenariat avec les opérateurs du secteur réunis au sein du Gimas ont procédé, en juillet 2015, au lancement de 4 premiers écosystèmes aéronautiques: les filières de l’assemblage, du système électrique-câblage et harnais (EWIS), de l’entretien-réparation & révision (MRO) et de l’ingénierie.

En 12 ans, ces écosystèmes ont pu se positionner avec de vrais leaders et locomotives, comprenant de grands donneurs d’ordre stratégiques et équipementiers de classe mondiale (Bombardier, Safran, Boeing…). L’écosystème de Boeing au Maroc est le premier hors des Etats-Unis, qui ne soit pas orienté vers la compensation industrielle. Celui-ci est exclusivement économique, avec à terme un objectif de 1 milliard de dollars de sourcing à partir du Maroc.

Le constructeur va pratiquement multiplier par deux son catalogue fournisseurs dans le pays. Cependant, la mise en place d’un réseau de sous-traitance expérimenté prend du temps. A cela s’ajoutent les barrières à l’entrée importantes pour intégrer le marché. En effet, l’aéronautique est une industrie de pointe avec un niveau d’exigence élevé. Les fournisseurs locaux devront donc relever plusieurs défis dont la certification et la capacité à proposer une fiabilité et une sécurité de haut niveau.

Le secteur aéronautique est en plein boom. Il compte près de 130 entreprises. Mais le taux d’intégration reste faible: 17%. Celui-ci atteindrait 35% d’ici 2020. L’industrie pourrait enregistrer 100 nouveaux acteurs à cette échéance, ce qui permettrait de créer 23.000 emplois. A l’horizon 2020, le secteur réalisera 16 milliards de DH de chiffre d’affaires à l’export.

De belles perspectives pour la filière moteur

A l’échelle mondiale, les constructeurs totalisent une commande exceptionnelle qui frise les 40.000 appareils à livrer d’ici 2030. «Du jamais vu», selon le ministre. Les carnets de commandes atteignent un niveau historique. Conséquence, les cadences de production commencent à grimper. «Cette pression crée des goulots d’étranglement dans la chaîne de production des sièges, les moteurs et plein d’autres composants», relève Moulay Hafid Elalamy. Ce déficit de capacité de production traduit l’existence de perspectives importantes dans plusieurs filières du secteur et est de bon augure pour l’industrie marocaine. Pour répondre aux besoins accrus en capacités, celle-ci veut jouer sur l’agilité, la rapidité des plateformes, la proximité géographique.

 

 

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