Politique

El Othmani sans relief

Par Mohamed Ali Mrabi | Edition N°:5129 Le 18/10/2017 | Partager
Au Forum de la MAP, il s’est contenté de promesses vagues
Compensation: Pas pressé pour poursuivre la réforme
Une première réunion sur la refonte du modèle économique la semaine prochaine

Beaucoup de promesses, pas de réalisation. C’est l’une des principales conclusions du passage de Saâdeddine El Othmani au Forum de la MAP, organisé hier à Rabat. Le discours royal à l’occasion de l’ouverture de la session parlementaire d’automne est l’un des principaux thèmes abordés lors de cette rencontre. Le Chef du gouvernement a annoncé que son équipe va mettre en place une commission qui va prendre en charge cette mission. Une première réunion est prévue la semaine prochaine, a-t-il annoncé.

Un processus de concertation élargi sera lancé, afin de déterminer les moyens de modernisation et de mise à niveau de ce modèle, en vue de corriger les défaillances identifiées. Il s’agit notamment de remédier aux dysfonctionnements liés à la faible création d’emplois et de richesses par le modèle actuel, ainsi que son incapacité à résorber les disparités. Une étude sur le modèle de développement en vigueur a été réalisée, a fait savoir le Chef du gouvernement.

Pour lui, l’Exécutif a introduit, dans le projet de loi de finances 2018, des mesures allant dans le sens des orientations contenues dans le discours royal. Evitant de dévoiler les détails de ces mesures, il a mis l’accent sur des dispositions liées à l’appui aux entreprises, la mise à niveau de l’Administration, la poursuite de la digitalisation des services publics ainsi que la lutte contre la corruption.

Au moment où plusieurs rapports, dont celui de Transparency, pointent une corruption endémique, El Othmani a défendu le bilan de son prédécesseur dans ce domaine, avançant qu’il va poursuivre ce processus. Il a également évité de s’engager sur certaines grandes réformes, comme celle de la poursuite de la refonte du système de compensation. «Pour l’instant, il n’y a rien de nouveau», a-t-il dit.

Le gouvernement semble ne pas avoir de visibilité sur le calendrier d’exécution, au moment où le discours royal a été clair en matière de nécessité d’accélération des réformes. El Othmani ne semble pas pressé. Pour lui, son équipe a «encore 5 ans pour lancer le chantier selon une méthode qui prend en considération les besoins des catégories vulnérables et de la classe moyenne».

Par ailleurs, le Chef du gouvernement a écarté la possibilité d’un remaniement dans les prochaines semaines. Pourtant, le Roi a appelé, lors du dernier discours au Parlement, à la création d’un ministère délégué chargé des Affaires africaines. «Nous sommes encore en train d’examiner la conception de ce nouveau département», s’est-il contenté de dire.

El Othmani est également revenu sur la cohérence de sa majorité. Il n’a pas nié l’existence de divergences, ayant par exemple retardé l’approbation du décret sur la Commission nationale de lutte contre la corruption. Mais il a estimé que «ces différences sont souvent résolues par le dialogue». Interpellé sur d’autres dossiers urgents, le Chef du gouvernement a botté en touche.

Concernant les projets de loi qui traînent encore, il a lancé la balle dans le camp des élus. Or, des textes très attendus n’ont pas encore été approuvés par le gouvernement. Il a également refusé de se prononcer sur la question de la réforme du régime de retraite des parlementaires. Pour lui, c’est une «question interne». Mais il a reconnu que le président de la Chambre des représentants, Habib El Malki, lui a adressé une lettre définissant sa conception de cette démarche.

«Je ne suis pas au courant!»

Lors de son passage au Forum de la MAP, le Chef du gouvernement a brillé par ses capacités à esquiver les questions des journalistes. Interpellé sur les divergences au sein du PJD, Saâdeddine El Othmani a estimé que son parti «reste uni en dépit des différences». Pour lui, «c’est un parti qui respecte les décisions de ses institutions». A quelques mois de la tenue du Congrès national de cette formation, la tension monte autour du maintien de Abdelilah Benkirane à la tête du secrétariat général. Au point où ce dernier a publié, lundi 16 octobre, une note d’orientation appelant les Pjdistes à cesser les confrontations sur les réseaux sociaux. Interrogé sur cette situation bouillonnante, El Othmani a opté pour une réponse surprenante: «Je ne suis pas au courant que Benkirane veut briguer un 3e mandat».

 

  • SUIVEZ-NOUS:

  • Assabah
  • Atlantic Radio
  • Eco-Medias
  • Ecoprint
  • Esjc