Economie

Le Maroc et la Russie renforcent leur partenariat

Par Hassan EL ARIF | Edition N°:5125 Le | Partager
11 accords de coopération douanière, agricole, militaire, commerciale…
Les opérateurs privés réclament l’assouplissement des formalités de visa
Discussions avancées pour l’implantation du constructeur automobile Gaz
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Le Premier ministre russe Dmitri Medvedev et son homologue marocain Saâdeddine El Othmani, lors de la 4e rencontre économique tenue mercredi 11 octobre à Rabat (Ph. Bziouat)

Le Maroc et la Russie sont décidés à donner un nouveau souffle à leurs relations économiques. La visite de travail et d’amitié du Premier ministre russe Dmitri Medvedev, entamée hier mercredi 11 octobre, intervient après celles du Souverain à Moscou en 2002 et 2016. Elle a été l’occasion d’identifier les opportunités de renforcement des échanges entre les deux pays.

C’est ainsi que 11 accords de partenariat ont été signés pour renforcer la coopération douanière, agricole, militaire, diplomatique, commerciale et dans le domaine de l’énergie et des énergies renouvelables et de l’utilisation pacifique du nucléaire.

A l’issue de la cérémonie au cours de laquelle il a été distingué docteur honoris causa de l’université Mohammed V de Rabat, Medvedev a déclaré que «le Maroc est le premier partenaire commercial de la Russie en Afrique et qu’il peut lui faciliter la signature d’accords économiques et de coopération sécuritaire avec différents pays d’Afrique». De plus, «la Russie est un marché incontournable pour les produits agricoles marocains».

La CGEM et le Conseil d’affaires arabo-russe sous la présidence d’Aziz Akhannouch, ministre de l’Agriculture, de son homologue russe Alexandre Tkatchev et de Miriem Bensalah Chaqroun, patronne des patrons, ont organisé une rencontre économique entre les opérateurs privés.

«Nous sommes convaincus des complémentarités qui existent entre les économies du Maroc et de la Fédération russe, mais les échanges ne reflètent pas les ambitions des deux pays», déclare Hassan Sentissi, président du Conseil d’affaires Maroc-Russie et de l’Asmex. Les statistiques du secrétariat d’Etat au Commerce extérieur indiquent que les échanges commerciaux entre le Maroc et la Russie en 2016 s’élèvent à 11,8 milliards de DH contre 17,6 milliards de DH un an plus tôt.

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Les exportations marocaines en Russie restent dominées à 97% par des produits agricoles et agro-industriels

A fin avril 2017, ils ont atteint 2,98 milliards de DH, soit le même niveau que la même période de 2016. La balance commerciale est nettement déficitaire pour la partie marocaine. Le Maroc importe de Russie du gaz, du soufre, des engrais, de la houille... Il y exporte essentiellement des agrumes, des tomates, des poissons, des farines de poisson… Le marché russe concentre plus de la moitié des exportations marocaines d’agrumes.

Pour le conseil d’affaires Maroc-Russie, plusieurs freins se dressent devant les exportations marocaines. «Le premier concerne les difficultés que rencontrent les opérateurs nationaux pour obtenir un visa pour la Russie. La durée est toujours limitée à trois ou quatre jours. Ce qui est insuffisant pour faire de la prospection. Par ailleurs, le fait que les représentations diplomatiques russes exigent une invitation n’est pas encourageant», explique Sentissi. La question a encore été évoquée lors de la réunion de la Commission mixte maroco-russe, tenue à Moscou il y a quelques semaines et de la rencontre organisée à Casablanca, mardi 10 octobre.

L’objectif étant d’obtenir un assouplissement des conditions d’attribution de visas aux chefs d’entreprise marocains. L’autre obstacle qui freine les échanges concerne les fluctuations du rouble qui pénalisent à la fois les importateurs russes et les exportateurs marocains. Les entreprises marocaines sont également confrontées aux lourdeurs concernant la délivrance d’agréments bien qu’elles aient été auditées par des «services vétérinaires».

Le conseil d’affaires demande l’accélération de ce chantier qui permettra de développer les exportations de produits agricoles, agro-industriels et de la pêche. Les produits agricoles et transformés pèsent 97% des exportations marocaines. Ce qui représente une large marge de manœuvre pour diversifier l’export.

Des opportunités d’investissement

Dans un contexte de déséquilibre des relations économiques entre les deux pays, il faut toutefois noter les projets d’investissement russes au Maroc. Selon le président du Conseil d’affaires, les discussions sont avancées entre le constructeur automobile Gaz et le gouvernement marocain sur l’ouverture d’une première usine d’assemblage de véhicules en partenariat avec un opérateur national. Le constructeur automobile cible le marché marocain et africain. Le deuxième investissement russe au Maroc porte sur la construction d’un laboratoire pharmaceutique, avec un partenaire national, pour la production de vaccins contre la fièvre jaune, destinés aux pays d’Afrique subsaharienne.
L’hôtellerie, le tourisme, l’aéronautique, l’agriculture, l’industrie, la construction navale, les énergies, notamment le gaz, font partie des secteurs qui intéressent également les investisseurs russes. La Russie a déjà exprimé son intérêt pour le projet de gazoduc Nigeria-Maroc. Une étude pour la construction d’un hôtel à Dakhla par un groupe maroco-russe est en cours de finalisation.

Fédération de Russie

  • Le plus grand pays au monde: 17 millions de km2
  • Population: 144,1 millions d’habitants
  • Espérance de vie à la naissance: 70,4 ans
  • PIB: 1.326 milliards de dollars
  • Taux de chômage : 5,1%
  • Inflation: 7,7%
  • Exportations de pétrole et de gaz : 39,3 milliards de dollars
  • Corruption (Transparency International 2015): 119e .

Source: AFP

 

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