Economie

4 millions de pauvres au Maroc

Par Mohamed Ali Mrabi | Edition N°:5121 Le 06/10/2017 | Partager
L’essentiel de cette population dans le milieu rural
La pauvreté multidimensionnelle met l’accent sur l’incidence des privations sur les citoyens
Béni Mellal-Khénifra, région la plus pauvre, Marrakech-Safi concentre le plus grand nombre de pauvres
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Les résultats de l’étude menée par le HCP montrent que 3,5 millions de Marocains connaissent un seul type de pauvreté, monétaire (1,2 million) ou multidimensionnelle (2,3 millions). A cela s’ajoute une population frappée par une double pauvreté, portant l’effectif global des pauvres à près de 4 millions de personnes, soit 11,7% au niveau national

Le gouvernement dispose désormais d’une véritable base de données pour mieux orienter les politiques publiques. Après l’ONDH la semaine dernière, c’est au tour du Haut commissariat au plan (HCP) de présenter sa cartographie de la pauvreté multidimensionnelle. Globalement, les résultats des deux études semblent concorder sur la persistance des inégalités sociales et territoriales.

Aujourd’hui, l’adoption de l’approche de la pauvreté multidimensionnelle permet de prendre en compte l’impact du manque d’accès à certains droits sur le vécu des citoyens. Selon la définition adoptée par le HCP, «la pauvreté serait l’état où les dimensions de base qui constituent les besoins socioculturels d’un ménage sont à un tel niveau d’insatisfaction qu’elles sont considérées comme une privation», a expliqué Ahmed Lahlimi, Haut commissaire au plan, lors d’une conférence organisée mercredi à Rabat.

Les résultats de cette enquête confortent le constat selon lequel «la pauvreté est un phénomène rural par excellence», selon Lahlimi. Sous sa forme monétaire, elle touche 2% des citadins et 9% des ruraux, soit plus de 1,3 million de personnes dans les campagnes.

Globalement, «la distribution des pauvretés et leur cumul montrent que 3,5 millions de personnes connaissent une seule pauvreté. Sur ce total, 2,3 millions de personnes souffrent de la pauvreté multidimensionnelle et 1,2 million de la pauvreté monétaire. Un noyau dur croule sous le poids des deux pauvretés. Ils sont 463.000 personnes dans cette situation. Le cumul de ces trois indices fait porter l’effectif de la population en situation de précarité à près de 4 millions de personnes, soit 11,7% au niveau national.

L’étude du HCP précise que l’effectif global de la population en situation de pauvreté multidimensionnelle a enregistré une baisse entre 2004 et 2014, passant de 7,5 millions à 2,8 millions d’individus. Cette évolution a été plus palpable dans les villes, au moment où le monde rural est resté à la traîne. Aujourd’hui, 85% des personnes en situation de pauvreté multidimensionnelle vivent dans les campagnes.

Par type de privations au niveau national, le déficit en termes d’éducation explique plus de la moitié de la pauvreté multidimensionnelle (55,3%). Il est suivi de la privation d’accès aux infrastructures sociales de base (19,7%) et d’accès à l’habitat (14,1%) et à la santé (10,9%).

Au niveau territorial, cette étude montre que «la moitié des régions enregistrent un taux de pauvreté supérieur à la moyenne nationale, fixée à 8,2%». Béni Mellal Khénifra est la collectivité la plus pauvre, avec un taux de 13,4%, suivie de Marrakech-Safi avec 11,3%. Cette dernière abrite le plus grand nombre de pauvres au Maroc. Dans les provinces, l’incidence de la pauvreté multidimensionnelle a été réduite dans la plupart des collectivités, à l’exception de Figuig, où la pauvreté est passée de 28% à 34,5% entre 2004 et 2014. Cette situation est particulièrement accentuée dans les zones rurales de cette province.

Les efforts de lutte contre la pauvreté semblent plus effectifs en milieu urbain. Sur les 1.683 communes urbaines couvertes par cette enquête, 438 ont un taux de pauvreté multidimensionnelle inférieur à 5% et 300 entre 5 et 10%. Dans le monde rural, ce taux est supérieur à 50% dans 56 communes, entre 40 et 50% dans 55 communes et entre 30 et 40% dans 113 communes. Les collectivités ciblées par les programmes de l’INDH ont réalisé de meilleures performances. Le taux de pauvreté est passé de 51,4% à 21,4% dans ces communes rurales entre 2004 et 2014.

Noyau dur

Le noyau dur de la pauvreté est plus important en milieu rural qu’urbain. Il s’élève à 3,2% dans les campagnes contre 0,2% dans les villes. Cette situation touche particulièrement des régions comme Draâ Tafilalet (3,7%) et Béni Mellal Khénifra (3,5%). Au niveau des provinces, cette double pauvreté est plus accentuée à Azilal (10,4%), suivie par Figuig (8,6%), Midelt (6,2%) et Tinghir (5,7%).

 

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