Régions

Fès: Comment valoriser le patrimoine de la médina?

Par Youness SAAD ALAMI | Edition N°:5120 Le 05/10/2017 | Partager
L’UEMF tient un workshop international pour y répondre
L’Université Paris 1, le CRT et l’Ader… parmi les partenaires
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«Nous invitons les responsables de la ville à oeuvrer pour l’inscription du festival des musiques sacrées sur la liste du patrimoine immatériel de l’Unesco», propose Mostapha Bousmina, président de l’UEMF (Ph. YSA)

Tournée vers l’avenir, mais sans se passer des racines de la ville qui l’abrite, l’Université Euromed de Fès (UEMF) crée le premier prétexte de débat de cette rentrée 2017-2018. C’est ainsi que la prestigieuse université organise, jusqu’au 6 octobre, un workshop international sur le patrimoine historique de la médina de Fès. Initiée sous la thématique: «La médina de Fès: réalités et perspectives d’une inscription sur la liste du patrimoine mondial d’une ville millénaire», cette rencontre est co-organisée en partenariat avec la wilaya de Fès-Boulemane, le CRT de la région de Fès, l’Ader, le réseau Unitwin et l’Institut de recherches et d’études supérieures en tourisme (Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne).

Pour Mostapha Bousmina, président de l’UEMF, «l’atelier s’insère dans le cycle des ateliers qu’organise le réseau Unitwin «culture, tourisme, développement» tous les deux ans en partenariat avec des institutions universitaires pour développer une réflexion sur la durée relative aux sites du patrimoine mondial et leur gestion».  C’est ainsi qu’après Paris en 2005, Rimini en 2007, Saint-Jean d’Acre en 2011 et Buenos Aires en 2013, Fès a été retenue pour organiser le workshop de 2017.

«L’UEMF abrite et organise cet atelier car, d’un côté, la thématique du workshop est en adéquation étroite avec la vocation de l’établissement (jouer un rôle actif dans le rayonnement international de la ville de Fès dans les domaines de l’enseignement supérieur, du tourisme, de la culture et du patrimoine,...). De l’autre côté, le thème du patrimoine est bien affiché dans le profil et le programme de recherche de l’UEMF», explique son président.

De plus, l’université souhaite développer son ancrage local et une prise en compte des questions et des préoccupations de la ville de Fès en les inscrivant dans ses priorités scientifiques. Dans cette lignée, l’UEMF a signé, en novembre 2016, une convention de partenariat avec l’IREST Paris 1 pour la création d’un master (1 et 2) en double diplomation (UEMF – Paris 1) sur la gestion et la valorisation touristique des patrimoines euromed.

Lors des travaux d’ouverture du workshop, lundi dernier, Bousmina a détaillé le programme de ce workshop, invitant les responsables de la ville à s’approprier le patrimoine de la médina et ses monuments patrimoniaux et travailler sur l’inscription du festival des musiques sacrées comme patrimoine immatériel de l’Unesco.

Et mardi, deuxième jour du workshop, les experts de l’Agence de développement régional de la médina (ADER) ont animé des réflexions sur «le  bilan après une inscription sur la liste du patrimoine mondial depuis 36 ans?». Faut-il rappeler en ce sens que la médina de Fès, c’est aussi le site où le processus de mise en patrimoine est le plus ancien. Certes, elle a fait l’objet d’une inscription sur la liste du patrimoine en 1981, mais elle existe depuis plus de 12 siècles. Aujourd’hui, le fait patrimonial est une réalité et le processus qu’a vécu la médina de Fès emblématique. «De ce fait, l’atelier que nous proposons est un arrêt pour s’interroger sur ce processus et ses effets sur la ville et ses habitants», estime Mohamed Métalsi, doyen de la faculté des sciences humaines de l’UEMF.

Pour lui, il s’agit de faire un bilan tout en s’ouvrant sur le futur.  Ainsi, trois grands ensembles de questions guideront les travaux de l’atelier: comprendre le processus de patrimonialisation, s’interroger sur la réalité de ce classement, et se pencher sur les perspectives d’avenir. Pour ce dernier volet, l’atelier proposera un recadrage des actions à mener et l’optimisation des conséquences du classement de la médina en termes d’effets positifs sur le bien-être des habitants, la gestion urbaine, les activités économiques, la sauvegarde du cadre bâti. «Dans cette réflexion sur les perspectives, une attention particulière sera accordée au rôle de l’Ader et des différentes politiques, tracées ou annoncées, au fil des ans, sur la sauvegarde, la réhabilitation, le réaménagement de l’espace bâti et des espaces ouverts de la ville. Enfin, en termes de perspectives, on s’interrogera également sur les actions possibles dans le domaine des patrimoines immatériels», concluent les organisateurs.

Des visites de terrain

S’approprier le patrimoine historique de la médina. Chercheurs et praticiens travaillant ou ayant travaillé sur le processus de l’inscription sur la liste du patrimoine mondial en général ou sur celui de la médina de Fès, mais aussi sur les dynamiques en cours au sein de cette médina, animeront les tables rondes et conférences prévues à cet effet. Enfin, des visites de terrain guidées sur les différents sites de la médina représentatifs des problèmes et des dynamiques du classement alterneront avec ces séances de travail en salle.

De notre correspondant,
 Youness SAAD ALAMI

 

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