International

Tourisme: Les chantiers prioritaires

Par Fatim-Zahra TOHRY | Edition N°:5120 Le 05/10/2017 | Partager
Formation, numérique, obstacles à l’investissement…
Faire face au vieillissement de la population, respect de l’environnement
L’OCDE livre ses recommandations
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Plus de 1,1 milliard d’arrivées de touristes internationaux ont été recensées en 2014. Ce chiffre devrait atteindre 1,8 milliard à l’horizon 2030, la progression des arrivées dans les pays émergents étant deux fois plus rapide que celle des pays avancés. Le transport aérien a toujours connu un développement plus rapide que le transport de surface

Repenser la politique du tourisme pour encourager la diversité, réduire la concentration vers des destinations très recherchées, mettre en place des stratégies écologiques... C’est ce qu’ont recommandé les participants à une réunion de l’OCDE tenue en début de semaine à Paris. Dans les pays de la zone, le tourisme contribue à hauteur de 4,1% en moyenne au PIB, à près de 5,9% à l’emploi et à environ  21,3% aux exportations de services. Il est ainsi important d’étudier les différentes mégatendances à l’horizon 2040 pour une refonte du modèle du tourisme.

■ Démographie: Au cours des prochaines décennies, la structure de l’économie du tourisme se modifiera sous l’effet de l’augmentation des niveaux de revenu et d’études dans les pays émergents, du vieillissement continu de la population mondiale et de l’émergence de nouveaux groupes de consommateurs. La conjonction de ces facteurs influera sur les attentes des voyageurs. La part des personnes âgées de plus de 60 ans dans la population mondiale devrait quasiment doubler au cours des 35 prochaines années. Il faudra dès lors adapter les infrastructures et les services connexes (accessibilité…) à l’accroissement de cette demande.

■ Environnement: Le tourisme peut être un rouage essentiel de la transition vers une économie bas carbone et sobre en ressources. Il pourrait donc contribuer au Programme de développement durable à l’horizon 2030. Et ce, en intégrant des modes de consommation et de production durables qui soient à la fois efficaces sur le plan des ressources et générateurs de meilleurs résultats économiques, sociaux et environnementaux.

■ Nouvelles technologies: Le numérique transforme le secteur et les plateformes collaboratives et d’échange entre pairs devraient continuer à créer de nouveaux marchés. L’automatisation et le recours à l’apprentissage automatique influeront très probablement sur le secteur du tourisme. Ces évolutions offrent aux autorités l’occasion de repenser la façon dont les touristes perçoivent leur pays et dont la population peut tirer profit des technologies génériques. Mais elles posent aussi des problèmes épineux aux opérateurs existants et soulèvent des questions d’ordre plus général dans des domaines tels que l’emploi, la protection des consommateurs, la protection de la vie privée et la sécurité, la fiscalité et la réglementation.

■ Mobilité des voyageurs: Elle sera déterminée au cours des 20 à 25 prochaines années par une série de facteurs. L’augmentation du nombre de touristes, les préoccupations relatives à la sûreté et à la sécurité, la perception des voyageurs, l’évolution des politiques relatives aux douanes et à l’immigration, les innovations en matière de transport, les infrastructures d’accès et la réglementation aérienne ne sont que quelques-uns des aspects qui peuvent influer sur la circulation des personnes. Les décideurs devront faire preuve de souplesse afin d’apporter des réponses efficaces à ces évolutions.

■ Mobiliser l’investissement: La recherche des investissements est devenue une activité hautement concurrentielle dans de nombreux pays. A quoi s’ajoutent les contraintes qui pèsent sur les budgets publics et la pénurie de capitaux à investir. Les responsables doivent mieux comprendre les tendances de l’investissement dans le secteur, ainsi que les obstacles que rencontrent différentes parties prenantes (publiques ou privées, étrangères ou nationales, grandes ou petites…). Des facteurs très divers influent sur le choix du lieu, de la date et du montant des projets, y compris le retour sur investissement potentiel, le processus, le coût et la facilité de faire des affaires.

Le Maroc y était

Le Maroc veut profiter de l’expertise de l’OCDE pour mieux mettre en œuvre les différentes politiques sectorielles, en particulier celle liée au tourisme. C’est ce qu’a indiqué Mohamed Sajid, le ministre du Tourisme, du Transport aérien, de l’Artisanat et de l’Economie sociale, qui a assisté à la réunion à Paris. Il a précisé à la presse que l’OCDE effectuera des études sur le secteur touristique au Maroc. Elles porteront notamment sur les petites entreprises touristiques et les moyens d’intégrer les statistiques et les chiffres du secteur touristique marocain dans cette organisation internationale. Pour dynamiser le secteur touristique, l’OCDE avait livré ses recommandations pour la destination marocaine dans son étude «Tendances et politiques du tourisme 2016» (cf. notre édition N° 4835 du 15/08/2016).

 

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