Entreprises

Automobile: La BCP scelle un pacte avec les écosystèmes

Par Amin RBOUB Ali ABJIOU | Edition N°:5120 Le 05/10/2017 | Partager
Deux conventions signées avec l’Amica et son homologue français, la Fiev
Des mécanismes orientés PME et reconversion
Textile, plasturgie, acier… Les filières qui émergent
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Mohamed Benchâaboun, PDG du groupe Banque Populaire (à gauche), signant la convention de financement avec Hakim Abdelmoumen, président de l’Amica (à droite), en compagnie de Moulay Hafid Elalamy ministre de l’Industrie (au centre) (Ph. Adam)

Encore du nouveau dans les écosystèmes de l’industrie automobile. «Des fenêtres de tir se sont ouvertes, c’est le moment de prendre le train en marche», affirme d’emblée Moulay Hafid Elalamy, ministre de l’Industrie, du commerce et de l’investissement. Pour le ministre de tutelle, il n’y a pas le moindre doute, aujourd’hui un tournant s’opère dans l’automobile avec des opérateurs qui ont décidé de se développer via des extensions voire des reconversions.

Textile, plasturgie, acier/métallurgie, aluminium, amortisseurs, direction assistée, technologies embarquées… De nouvelles filières qui n’existaient pas jusqu’alors sont en train de se développer. Il s’agit d’une montée en compétences qui s’opère avec un réel potentiel de développement et des cycles longs à l’instar du cycle de vie du véhicule et de la série (15 ans en moyenne).

Un nouveau contexte dans lequel se positionne la BCP en lançant une série de mécanismes de financement et une plateforme dédiée aux PME pour accompagner les industriels tentés par le secteur automobile. «Cela s’appelle l’alignement des astres. Si vous voulez en bénéficier, il faut y aller tout de suite», soutient le ministre à un parterre d’industriels et de patrons de PME venus de six régions du Maroc.

Justement, la BCP capitalise sur les acquis du Plan d’accélération industrielle (PAI) lancé en 2014. «Une nouvelle étape sera engagée pour atteindre l’un des objectifs stratégiques du PAI notamment le développement du tissu des PME autour des constructeurs et équipementiers de renom», tient à préciser Mohamed Benchâaboun, président du groupe Banque Populaire.

Pour le dirigeant, le concept d’écosystèmes traduit le regroupement d’une communauté qui exige de la part des différents protagonistes de s’inscrire dans la mutualisation et l’optimisation permanente afin de tendre vers des objectifs communs. C’est ce qui permet d’assurer la pérennisation voire la croissance et la création de valeurs.

Pour traduire ses engagements, le groupe Banque Populaire a signé, hier à Tanger, deux conventions avec l’Amica et la Fiev, (Fédération française des industries et équipements pour véhicules) représentée par son président Jacques Mauge. Il s’agit de conventions pour le renforcement des mécanismes financiers en faveur des PME et de la création de joint-ventures. L’enjeu est de faire adhérer le plus grand nombre d’entreprises, particulièrement des PME, à un cercle vertueux, résume Benchâaboun. Ce qui devrait permettre de relever de nouveaux challenges comme l’attractivité d’investissements (IDE), des créations d’emplois, de l’intégration locale et surtout de la montée en valeur ajoutée.

L’originalité de ce type d’accompagnement réside dans la solvabilité des entreprises du secteur. «L’automobile est l’un des rares secteurs qui offre l’avantage de solvabilité. C’est une industrie très capitalistique certes mais le facteur risque est vraiment marginal», résume Hakim Abdelmoumen, président de l’Amica. Et d’ajouter: «certes le secteur n’est pas spéculatif et les marges sont très serrées mais les carnets de commande s’inscrivent dans la durée. Du long terme avec une perspective de 8 à 10 ans voire plus. Ce qui garantit de la visibilité et la création de valeur dans la durée».

En plus des prêts, la BCP promet une dimension d’accompagnement, d’ingénierie financière et de conseil pour garantir les meilleurs montages au cas par cas à la fois en termes de capitaux propres et de dette bancaire.
Mieux encore, le groupe financier compte ratisser plus large en adressant des secteurs connexes à l’automobile. Le dispositif devra aussi faciliter l’accès au foncier à la fois en zones offshore et onshore tout en réduisant le délai d’obtention des autorisations.

Bien évidemment, pour mieux dimensionner un projet, il y a des pré requis liés à la cohérence de l’activité avec l’écosystème, les fonds propres… Pour mettre en place la bonne formule de financement, le business plan doit être cohérent, selon le management de la BCP.
En marge de l’événement, des rencontres B to B ont eu lieu entre les opérateurs marocains et leurs homologues français avec l’appui de la Fiev et de l’Amica.

Une mission sera programmée incessamment en France avec des donneurs d’ordre de l’Hexagone afin d’identifier de nouveaux marchés pour les opérateurs marocains dans la sous-traitance automobile. «Il y a de nombreuses opportunités qui s’expriment dans le sourcing local des rangs 1 et 2 au Maroc. C’est dire le potentiel et les multiples gisements de marchés à prendre. Il faut juste favoriser le rapprochement en faisant jouer des partenariats et des joint-ventures avec des fournisseurs de rang mondial», tient à préciser Mauge. C’est ce qui permettra d’ailleurs d’assurer la montée en puissance.

Pour l’heure, il y a encore de véritables challenges en termes de valeur ajoutée et de nouvelles filières, notamment tout ce qui tourne autour de l’acier, les tubes en aluminium, les pièces en plasturgie ou encore l’électronique embarquée. C’est ce qu’on appelle dans le jargon, l’intégration en profondeur qui va jusqu’aux ressources humaines.

C’est cette équation qui permettra d’atteindre les objectifs de 65% d’intégration locale dès 2020 voire 85% à terme. «Le taux d’intégration de 2020 (65%) devra générer autant de milliards qui vont rester au Maroc», annonce avec fierté Elalamy.

CIB offshore

Un nouveau siège pour une plate-forme offshore a été inauguré hier par le management du groupe Banque Populaire. CIB offshore se positionne comme un acteur financier de référence au sein de la zone franche de la capitale du Détroit avec des offres dédiées aux opérateurs des zones franches. La filiale du groupe BCP en charge des financements en devises inaugure un nouveau QG dont la mission est d’accompagner la dynamique de croissance surtout auprès d’industriels et de PME orientés export. Une agence similaire est prévue à l’Atlantic Free Zone à Kénitra non loin de l’écosystème PSA.

 

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