Economie

Blé tendre: La France défend ses positions

Par Abdelaziz GHOUIBI | Edition N°:5119 Le 04/10/2017 | Partager
Objectif: assurer 50% de l’approvisionnement du Maroc
Seul bémol, le niveau peu compétitif des prix
38 millions de tonnes récoltées dont la moitié destinée à l’export
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Sur les 7 dernières années, les achats marocains de blé tendre français ont connu une évolution en dents de scie. Après avoir représenté plus de la moitié des importations totales de cette céréale, ils ont chuté à moins de 10%, la campagne passée. La perte des parts de marché s’est faite au profit des pays de la mer Noire (Ukraine et Russie)

L’offre française de céréales renoue avec ses performances de la campagne 2014-2015. Aussi bien le volume que la qualité des blés sont satisfaisants pour l’actuelle campagne. Tout particulièrement le blé tendre dont le Maroc importe de grandes quantités. Au traditionnel forum qu’organise chaque année France Export Céréales, le président Jean-Pierre Langlois Berthelot relevait que  la production de cette céréale s’établit à près de 38 millions de tonnes, en hausse de 6% par rapport à la moyenne des 5 dernières années. Et tous les indicateurs d’ordre qualitatif sont performants.

Ce qui tranche avec la campagne précédente, jugée «catastrophique». La journée de l’association France Export Céréales a drainé  Casablanca. Un évènement qui, comme à l’accoutumée, a attiré un  nombre imposant d’opérateurs marocains de la filière céréalière et du secteur financier. Négociants de grains, minotiers, boulangers et banquiers sont en effet venus nombreux à ce rendez-vous qui marque  le 20e anniversaire de la présence de cette association au Maroc. La profession est d’ailleurs fortement impliquée dans la formation et le soutien aux minotiers.

Côté français,  la délégation était forte d’une soixantaine de membres opérant dans les divers domaines de production, d’exportation, de matériel d’équipement et de la recherche.  Le volume de blé tendre destiné à l’exportation (y compris les pays de l’UE) est de l’ordre de 20 millions de tonnes contre 11 millions la campagne précédente. Avec toutefois une qualité «répondant à tous les besoins des utilisateurs», estime Jean-Philippe Leygue de l’Institut du végétal Arvalis.  Le constat est dressé sur la base d’une enquête réalisée auprès  d’un réseau de collecteurs fort de 263 sites.

Le nombre des échantillons de blé tendre prélevés (hors blé biscuitier) s’élève à 508 alors que celui du blé dur atteint les 150 unités. Résultat, la teneur moyenne en protéine  est jugée élevée. Plus de 91% des blés ont un taux de protéines supérieur à 11,5%. Pour ce qui est du poids spécifique, la moyenne en France s’établit à 77,2 kg par hectolitre. En ce qui concerne la côté technologique, la qualité boulangère atteint des niveaux estimés «très satisfaisants aussi bien pour les pains que les pâtes».

Ces indicateurs montrent que la France se distingue par la qualité et partant renoue avec son potentiel historique. Sauf que des incertitudes pèsent sur l’évolution du marché mondial des céréales, en particulier le blé tendre.  Des opérateurs français restent en effet sceptiques quant à l’offre de la mer Noire, également importante et de qualité irréprochable. Avec à la clé des prix plus compétitifs que le marché français. «C’est donc  à ce niveau que la concurrence va être décisive», prédisent des opérateurs marocains.

Pour le moment, le différentiel de prix entre la mer Noire  (Ukraine et Russie essentiellement) et l’offre française est estimé entre 7 et 9 dollars la tonne. Et il fait toute la différence sur le marché. Une fourchette qui peut évoluer à la hausse comme à la baisse,  selon les conditions de transferts des productions des lieux de stockage vers les enceintes portuaires d’expédition ainsi que de la parité du dollar et des coûts du fret. De même, l’incertitude pèse toujours sur l’origine australienne. «Celle-ci demeure un facteur d’influence sur les flux et les prix», estime un négociant en céréales marocain.

Mais aux yeux du président de l’association de France Céréales Export, «une grande part d’exploitants français comptent se refaire après une campagne 2015-2016 très difficile». Il n’empêche que les exportateurs français tablent sur la réalisation au moins de la moitié de l’approvisionnement marocain en blé tendre, soit un peu plus de 1,5 million de tonnes. Un chiffre qui reste à confirmer dans la mesure où les importateurs marocains ne disposent d’aucune visibilité à l’heure actuelle. La tutelle n’ayant pas encore communiqué sur le niveau des stocks et les besoins à l’importation.

Blé dur: Une production de 2 millions de tonnes

Après une année 2016 totalement atypique, la production française de blé dur est estimée à plus de 2 millions de tonnes. Elle s’inscrit en hausse de 12% par rapport à la moyenne des cinq dernières années. Ceci, en dépit d’un léger recul des superficies. L’explication trouve son origine dans la hausse des rendements qui ont augmenté de 9% à 56,1 quintaux à l’hectare. Sur le volet de la qualité, le poids spécifique des grains s’établit en moyenne à 78 kg/hectolitre. Et dans certains bassins céréaliers, il avoisine les 90 kg.

 

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