Economie

Développement local: Les disparités persistent

Par Mohamed Ali Mrabi | Edition N°:5116 Le 29/09/2017 | Partager
Grands écarts de développement entre les milieux urbain et rural et entre les régions
Laâyoune Sakia El Hamra, région la plus développée selon le nouvel indice de l’ONDH
Touarga et Agdal Riad en tête des communes
devloppement_local_016.jpg

Les résultats des études réalisées par l’ONDH en matière de développement local multidimensionnel pointent l’écart entre les différents niveaux territoriaux et entre milieux urbain et rural. Par exemple, cet indice est 1,3 fois plus grand dans les villes que dans les campagnes, où les déficits sont plus accentués

Après le Haut commissariat au plan (HCP), c’est au tour de l’Observatoire national du développement humain (ONDH) de s’intéresser à la pauvreté multidimensionnelle. Aujourd’hui, «l’approche fondée sur la pauvreté monétaire montre toutes ses limites et ne permet pas de capter les dimensions fondamentales liées à la qualité de vie comme l’éducation, la santé, l’habitat, les services sociaux…», a expliqué Rachid Benmokhtar, président de l’Observatoire.

D’où l’intérêt de l’indicateur élaboré par cet organisme, basé sur les résultats du recensement de 2014. Il s’agit d’un «indice multidimensionnel du développement local, qui permet de résumer les progrès cumulés dans plusieurs domaines», est-il indiqué. L’une des principales conclusions de cet exercice mené par l’ONDH: «la nécessité de repenser le ciblage des politiques publiques», selon Abdelkader Teto, directeur du pôle enquête et méthodes.

Surtout face à «la massification de la pauvreté ressentie et à la persistance des inégalités à un niveau proche du socialement intolérable», a-t-il ajouté. Concrètement, si rien ne change, le risque est important d’une «reproduction sociale de la pauvreté sous l’effet de l’exclusion des programmes sociaux».

Dans les détails, ce nouvel indice multidimensionnel du développement local a atteint 0,70 au niveau national, sa valeur se situant entre 0 et 1 (voir encadré pour la méthodologie de calcul). Les résultats montrent l’existence de grandes disparités entre les villes et les campagnes ainsi qu’entre les différentes régions. Par exemple, cet indice est «1,3 plus grand dans le milieu urbain que dans le monde rural».

Le déficit en développement est 2 fois plus grand dans les campagnes par rapport aux villes. Dans le milieu rural, le manque est ressenti essentiellement dans les domaines de l’éducation (58,7%), suivie du cadre de vie (51,6%), la santé (42,5%), les services sociaux (44,6%)… Ces taux sont moins élevés dans les villes, avec 35,4% pour l’éducation, 33,6% pour la santé, 31,6% pour le cadre de vie…

Au niveau des régions, plusieurs zones ont un indice de développement en dessous de la moyenne nationale, établie à 0,70. Les régions les plus déficitaires sont Draâ Tafilalet, Beni Mellal Khénifra, Marrakech-Safi et Tanger Tétouan Al Hoceïma. Pour l’ONDH, cette situation est due notamment au positionnement géographique, caractérisé par la nature montagneuse de ces zones, difficilement accessibles et sous-équipées en infrastructures sociales. En face, les régions les plus développées sont Laâyoune-Sakia El Hamra, Casablanca-Settat, Eddakhla Oued Eddahab et Rabat-Salé-Kénitra.

Des disparités sont également identifiées au sein d’une même région. Il s’agit généralement de provinces montagneuses ou connues pour leur vocation rurale. C’est le cas notamment de Chefchaouen (0,555), Taounate (0,569), Moulay Yacoub (0,580), Essaouira (0,595)… Dans la catégorie des provinces les mieux loties, on retrouve Rabat (0,822), Casablanca (0,798), Oujda Angad (0,790), Laâyoune (0,788)…

Au niveau communal, de grandes disparités existent entre celles situées dans des villes et celles relevant du monde rural. La commune la moins développée est celle de Oulad M’hammed dans la province de Taourit avec un indice de 0,310. Pour les communes les plus développées, on retrouve deux collectivités relevant de la province de Rabat, à savoir Touarga et Agdal Riad, avec un résultat de 0,860. Les collectivités ciblées par l’INDH ont réalisé des performances moyennes, se situant dans une tranche intermédiaire, avec un indice ayant atteint 0,569.

Méthodologie

Fondé sur les résultats du recensement de 2014, l’indice de développement local multidimensionnel est axé sur une approche d’agrégation des indicateurs pour le calcul des indices dimensionnels. Il «s’identifie à une mesure moyenne de l’impact conjoint, sur le bien être». Concrètement, cet indice «mesure le chemin parcouru dans la voie du développement humain, en comparaison avec une commune fictive réalisant les meilleures performances dans l’ensemble des dimensions retenues». La valeur de cet indice se situe entre 0 et 1. Par exemple, «une province ayant enregistré un indice de 0,650, signifie qu’elle a parcouru 65% du chemin conduisant à la meilleure situation possible».

 

  • SUIVEZ-NOUS:

  • Assabah
  • Atlantic Radio
  • Eco-Medias
  • Ecoprint
  • Esjc