Primary tabs

Economie

La corruption pourrit le climat des affaires

Par Fatim-Zahra TOHRY | Edition N°:5115 Le 28/09/2017 | Partager
C’est le verdict du WEF qui pointe du doigt d’autres obstacles
Bureaucratie, barrières non tarifaires, lourdeur des impôts…
Enseignement et formation, l’éternel débat
corruptions_015.jpg

La corruption, la bureaucratie et l’accès au financement arrivent en tête des principaux problèmes qui entravent le climat des affaires. Le crime, le vol et l’instabilité gouvernementale et politique ferment le classement (ils sont moins problématiques)

Un nouveau carton rouge à l’enseignement supérieur et la formation professionnelle. Le Forum économique mondial (WEF), qui vient de publier son nouveau rapport sur la compétitivité mondiale 2017-2018, relègue le Maroc au 101e rang sur cet indice. Et il arrive même 120e en ce qui concerne la qualité du système éducatif.

Depuis des années, plusieurs institutions tiennent des discours alarmistes sur le niveau de l’enseignement au Maroc. Peu de formation et d’accompagnement et des programmes trop chargés... c’est le monde vécu des enseignants (voir aussi notre édition du mardi 26 septembre 2017). De surcroît, l’accès à Internet dans les écoles est très lent (111e).

Le Maroc n’est pas non plus très bon en ce qui concerne l’efficacité du marché du travail (120e). Pour le WEF, la «compétitivité doit être renforcée et non affaiblie, en associant la flexibilité de la main-d’œuvre avec une bonne protection des droits des travailleurs». Le défi est aussi de lutter contre le chômage établi à 9,3%, selon Bank Al-Maghrib.
Globalement, le Maroc a perdu une place dans le nouveau classement du WEF sur la compétitivité. Sur un total de 137 pays, il est classé 71e. Il était 70e sur un total de 138 pays pour la période 2016-2017. Cette année, le Royaume devance plusieurs pays maghrébins dont notamment l’Algérie (86e)  et  la Tunisie (95e).

Le Maroc est bon sur certains critères, mauvais sur d’autres. Sur le volet des infrastructures, il est classé 54e. Le port de TangerMed ou le projet de la ligne à grande vitesse (LGV) entre Tanger et Casablanca lui permettent de bien se positionner. En effet, il occupe la 38e place pour la qualité des infrastructures ferroviaires et la 32e place pour l’infrastructure portuaire.

Les auteurs du rapport ont évalué plusieurs critères notamment en termes d’institutions (49e), de l’environnement économique (55e) et de la santé et de l’éducation de base (81e). Le pays a été jugé aussi en matière de protection de la propriété intellectuelle (53e), la confiance du public dans les politiciens (53e) ou encore l’indépendance judiciaire (75e).

La taille du marché ou l’ouverture à la technologie lui font perdre aussi des points. La prévalence des barrières non tarifaires est un autre bémol: le Maroc est classé 107e sur ce critère. Les barrières non tarifaires entravent l’expansion des échanges extérieurs. Plusieurs autres facteurs sont à prendre en compte: le poids des procédures douanières, l’impact de la réglementation des IDE (Investissements directs à l’étranger) et la prépondérance des capitaux étrangers. Les autres secteurs mis en exergue: le développement des affaires et l’innovation. L’amélioration de la compétitivité du pays passe également par la généralisation de l’utilisation des TIC par les entreprises et les particuliers.

Parmi les critères qui entravent le climat des affaires, le WEF cite plusieurs facteurs. Première entrave de taille à la compétitivité: la corruption. Le Maroc perd régulièrement des places au niveau de l’indice de la corruption de Transparency. En 2016, il a occupé le 90e rang. Pourtant, de nombreuses dispositions ont été déployées par le gouvernement pour limiter ce fléau, telles que la mise en ligne d’un site internet «www.stopcorruption.ma» et un numéro vert (08-00-00-47-47).

Mais les résultats ne suivent pas. La bureaucratie, l’accès au financement, le taux d’imposition, la formation de la main-d’œuvre inadéquate… s’ajoutent à la liste (voir illustration). Du côté positif, c’est grâce à sa stabilité politique que le Maroc continue d’attirer les investisseurs.

Très attendu dans le monde des affaires, ce document donne un aperçu sur les pays qui ont su booster l’investissement et stimuler la productivité. L’indice global de la compétitivité  nous aide aussi à comprendre les éléments déclencheurs de l’innovation et de la croissance. La partie concernant le Maroc a été réalisée avec la participation de la CGEM et de la commission Climat des affaires et partenariat public-privé. 

Maîtrise de l’inflation

La situation macroéconomique est aussi diagnostiquée. Le Maroc occupe le 91e rang au niveau du solde budgétaire et est classé 96e pour sa dette du Trésor.  Toutefois, la maîtrise de l’inflation est autour de 1% ce qui lui permet d’être classé au premier rang. C’est le même classement en ce qui concerne la prévalence du VIH parmi les adultes.

 

  • SUIVEZ-NOUS:

  • Assabah
  • Atlantic Radio
  • Eco-Medias
  • Ecoprint
  • Esjc