International

Allemagne: Les défis qui attendent Angela Merkel

Par Fatim-Zahra TOHRY | Edition N°:5113 Le 26/09/2017 | Partager
Réformes en Europe et bouleversements géopolitiques
Former une nouvelle majorité dans un paysage politique éclaté
merkel_angela_013.jpg

Victorieuse mais affaiblie par un score électoral décevant, Angela Merkel s’est attelée hier lundi à former une nouvelle majorité en Allemagne. L’état-major du parti conservateur CDU de la chancelière s’est réuni pour tirer les premières leçons d’un scrutin législatif où le mouvement n’a recueilli que 33% des voix. Les participants ont débattu de la percée de la droite nationaliste ou encore de la crise dans le camp des sociaux-démocrates. En route pour un quatrième mandat, Angela Merkel va devoir faire face aussi à plusieurs défis internationaux dont un pays qui compte plus de cinq millions de musulmans.

■ Relance de la construction européenne: Les résultats des élections allemandes ne sont pas une bonne nouvelle pour Emmanuel Macron et ses projets de relance de l’Europe. Le chef de l’Etat français présentera ses propositions aujourd’hui 26 septembre à la Sorbonne à Paris. La poussée des partis eurosceptiques allemands change la donne. Angela Merkel et son parti conservateur sont à la base réservés sur l’idée d’une Union à plusieurs vitesses ou sur certaines propositions concernant la zone euro, comme la création d’un budget. Le débat s’annonce encore plus difficile avec la décision des sociaux-démocrates, très pro-européens de ne pas participer au prochain gouvernement, rapporte l’AFP.

■ La stratégie face à Poutine: Celle qui porte le surnom de Mutti (la mère de la nation), est restée ferme jusqu’ici face à la Russie sur l’Ukraine, en plaidant pour le maintien des sanctions. Mais elle sera désormais confrontée à une chambre des députés qui a rarement été aussi «pro-russe».
Sur les sept partis représentés, seule la CDU et les écologistes prônent l’intransigeance. Tous les autres, de la droite nationaliste à la gauche radicale en passant par le SPD, les Libéraux ou la CSU, branche bavaroise de la CDU, font les yeux doux à Moscou. Quelle que soit la future coalition, la pression sur Angela Merkel sera réelle. Les Libéraux du FDP viennent d’appeler à reconnaître le rattachement de la Crimée par la Russie et à lever partiellement les sanctions.

■ Quid de Trump: Plusieurs dossiers opposent la femme qui a été élue la plus puissante du monde par le magazine Forbes et Donald Trump. Sur la liste figurent le climat, le libre-échange, les migrants ou encore le nucléaire iranien. Dernier contentieux en date: la Corée du Nord. Le président américain attend dans les années à venir que l’Allemagne augmente nettement ses dépenses militaires pour atteindre l’objectif Otan de 2% du PIB. En cas de coalition à trois avec les Libéraux et les Verts, les premiers soutiendront les conservateurs de la chancelière dans ce domaine, mais pas les écologistes.

■ Le casse-tête des migrants: La plupart des pays, à commencer par la Pologne et la Hongrie, refusent de partager l’accueil des réfugiés en Europe avec l’Allemagne. «Ceux qui refusent cette solidarité doivent savoir que cela ne restera pas sans conséquence, y compris lorsque l’on négociera sur les futures subventions de l’UE», a prévenu Merkel. Sur les migrants, le pacte conclu avec la Turquie tient encore. Mais les deux partenaires de l’Otan sont en conflit permanent depuis presque deux ans.

  • SUIVEZ-NOUS:

  • Assabah
  • Atlantic Radio
  • Eco-Medias
  • Ecoprint
  • Esjc