Régions

Quel avenir pour la zone touristique de Oued Fès?

Par Youness SAAD ALAMI | Edition N°:5112 Le 25/09/2017 | Partager
Le Mövenpick en lice pour gérer un 5 étoiles
Les autorités lui imposent de nouvelles conditions
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Le projet Oued Fès Golf City sera-t-il enfin concrétisé plus de 12 ans après le lancement du Plan de développement régional du tourisme? (Ph YSA)

Douze ans après son lancement, le projet Oued Fès Golf City piétine toujours. Pourtant, de gros moyens avaient été mobilisés pour l’aboutissement de ce projet, qui avait été conclu, rappelons le, en marge de la signature de l’accord d’application du PDRT, en novembre 2005. C’était MedZ qui avait pris en charge la réalisation de l’Unité d’aménagement touristique (UAT) sur le site d’Oued Fès.

S’étalant sur un terrain communal d’une superficie de 166 hectares, le site jouit d’un emplacement idéal, au centre de la ville. Il devait accueillir, entre autres, un hôtel 5* luxe, un 4* business et un 3* premium, en  plus de villas et de résidences touristiques. Ces projets totalisaient une capacité de près de 1.700 lits, au lieu des 1.000 lits prévus dans l’accord cadre relatif à l’UAT (soit presque 70% de plus). La filière de CDG avait mis en place une filiale dédiée, la Société Oued Fès SA, en charge de la commercialisation et de la gestion d’Oued Fès Golf City.

En février 2015, Abdellatif Zaghnoun, alors fraîchement nommé patron de CDG, promet un nouveau départ pour les projets du holding au niveau de la région. C’est ainsi que MedZ révise sa copie du Oued Fès Golf City. En avril 2016, la filiale de CDG Développement chargée de l’aménagement de la zone touristique Oued Fès, lançait un appel à manifestation d’intérêt international (AMI) pour la cession à titre gracieux de deux lots hôteliers à Fès. Cinq mois plus tard, la société «choisissait le meilleur aménageur» (L’Economiste Edition N°:4839 Le 19/08/2016). C’est la société Yoda Promotion, et son propriétaire Mohamed El Rhaffouli, qui remporte l’AMI.

MedZ lui accorde, à titre gracieux, un lot de terrain d’une superficie de 2,8ha pour la réalisation d’un hôtel 5 étoiles, selon un cahier des charges dont L’Economiste détient copie. Il s’agit néanmoins d’une offre jamais enregistrée à Fès. Surtout pour un emplacement de choix qu’est Oued Fès. Comme précisé par l’AMI et le cahier des charges qui le lie avec MedZ, El Rhaffouli doit réaliser son projet sous l’enseigne d’une chaîne hôtelière internationale. Il décroche un engagement et signe un contrat de gestion avec le Mövenpick pour une durée de 20 ans. Sa société fait appel au cabinet d’affaire de Jaouad Ziyate, un établissement de renom.

Puis, elle lance les études architecturales avec un cabinet italien. «J’ai consenti un investissement de 120 millions de DH pour les 150 chambres du futur Mövenpick... Mais, après plus d'un an de travail et plus de 5 millions de DH déjà investis dans les études, un haut responsable de la région s'oppose à mon projet», s'indigne El Rhaffouli. Pourtant, selon lui, son dossier répond à la lettre au cahier des charges.

«Mais à chaque fois, ledit responsable refuse de nous recevoir et impose de nouvelles conditions...», accuse-t-il. Et de poursuivre: «alors que notre Roi encourage les MRE investisseurs, il y a des responsables qui veulent nous chasser de notre pays». El Rhaffouli a d'ailleurs adressé, le 11 septembre, des lettres de dénonciation aux autorités centrales (ministères de l’Intérieur, Justice, Tourisme, Finances…).

Le 14 septembre dernier, le projet du Mövenpick était à l’ordre du jour de la commission des investissements, présidée par Saïd Zniber, wali de la région Fès-Meknès. Au terme de sa réunion, celle-ci a décidé d’accorder un délai de deux mois à l’initiateur du projet. «Ce délai est jugé confortable. Il lui permettra d’attester la disponibilité d’au moins 40% du budget alloué à son projet», explique Mohamed Mengad, directeur de la société Oued Fès, la filiale de MedZ. Il est demandé également à l’initiateur du projet, de présenter un engagement de l’organisme financier qui supportera le reste du financement.

Or, selon El Rhaffouli, «ces nouvelles conditions n’ont aucun lien avec le cahier des charges qui réunit sa société (un privé) avec la société Oued Fès (un autre privé)». «Evidemment, si j’ai décidé de réaliser ce projet, j’en ai les moyens…en plus, j’ai remporté l’appel à manifestation d’intérêt en toute légalité», renchérit-il. Mais, il se dit «surpris de voir un responsable de la région s’opposer à sa personne et lui imposer des conditions qui ne se réfèrent pas au cahier des charges». «J’ai signé un contrat de gestion de 20 ans avec la prestigieuse chaîne hôtelière suisse. D’ailleurs, le patron de celle-ci est attendu le 4 octobre à Fès», conclut El Rhaffouli.

Une zone résidentielle

Aménagée sur une superficie globale de 166 hectares, la nouvelle zone touristique d’Oued Fès propose un programme diversifié de lots pour villas, résidences, hôtels, animations, etc. Les prix des lots résidentiels étant revus à la baisse, la nouvelle offre avait séduit plusieurs clients dont des médecins, avocats et juges. Les commerciaux de MedZ avaient indiqué que deux lots étaient réservés à deux show-rooms de véhicules à savoir «Smeia» et «Hyundai» et que le site connaissait une forte demande pour les lots de villas isolées, jumelées ou en bande, avec vue imprenable sur le site. Mais aucun projet n’est encore sorti de terre. Signalons que le projet comprend également des espaces d’animation, commerces, loisirs et équipements socio-culturels, autour d’un golf, outre un palais des congrès. Sans oublier les résidences collectives en R+2 et R+3, hôtels et résidences immobilières de promotion touristique (RIPT).

Avoir du souffle

La réalisation d’un projet d'hôtel 5 étoiles dans la zone touristique Oued Fès piétine depuis plus d'un an. Celle du projet Oued Fès Golf City a accusé un retard de 12 ans. Pour mémoire, ce projet est l’un des piliers du Plan de développement régional du tourisme (PDRT), signé en 2005. Comme quoi, pour réaliser un projet à Fès, il faut avoir du souffle. En tout cas, les responsables de MedZ, la filiale de CDG Développement chargée de l’aménagement de la zone touristique, tempèrent. «Nous sommes sur la bonne voie. Nous avons plusieurs demandes pour l'offre hôtelière et les chaînes intéressées peuvent retirer le cahier des charges dès à présent et jusqu'à juillet prochain», déclarait à L’Economiste Omar El Yazghi, patron de MedZ.

De notre correspondant,
Youness SAAD ALAMI

 

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