Régions

Casablanca/Propreté: Suez s’explique

Par Aziza EL AFFAS | Edition N°:5112 Le 25/09/2017 | Partager
Le groupe veut clarifier des points qui prêtent à confusion
Pénalités, RH, sensibilisation…
La révision du contrat est un processus «naturel»

Le dossier de la propreté à Casablanca n’est pas près de connaître une issue de sitôt. Les négociations sont toujours en cours entre les autorités de la ville et Sita Blanca, filiale du groupe Suez, délégataire du service de collecte des ordures ménagères (pour 2 mandats successifs: 2004-2013 et 2014-2021). «Le délégant et le délégataire travaillent en ce moment même pour trouver un accord», explique une source auprès du groupe Suez, qui affirme ne pas vouloir se retirer des activités de collecte de déchets au Maroc.

Pour l’heure, rien ne filtre sur les négociations en cours avec la filiale de Suez. Les discussions, qui portent sur les modalités de sortie conformément aux termes du contrat de gestion déléguée, devront en principe déboucher sur un accord «à l’amiable». Au terme de ce processus, c’est la SDL Casa Prestations (qui assumait le rôle de contrôle) qui assurera les services de collecte des déchets ménagers pour une période transitoire de 6 mois, en attendant le lancement d’un nouvel appel d’offres.

Il faut rappeler que les négociations ont démarré dès février à la demande de Sita Blanca, qui réclamait une révision du contrat, afin de rétablir «l’équilibre financier». Celle-ci devait «permettre d’adapter certaines dispositions aux nouvelles conditions d’exploitation dont le délégant et le délégataire devront convenir pour permettre l’exécution des services avec un niveau de performance répondant aux attentes», explique-t-on auprès de Suez. En clair, Sita voulait une augmentation du tarif à la tonne et une «clarification de certains points qui prêtent à confusion (obligation moyens/résultats) ou posent problème (communication, pénalités, RH)».

Autrement dit: dans les conditions actuelles, le contrat n’est plus «rentable», selon Sita. En réalité, ce sont les opérations de suivi (via GPS) qui ont poussé le délégataire français à jeter l’éponge. En effet, le contrôle plus resserré a permis d’établir que le délégataire ramassait aussi les déchets inertes (gravats, plantes…) afin d’augmenter le tonnage (et les rémunérations avec). Or, le contrat de délégation ne concerne que la collecte exclusive des ordures. Le Conseil de la ville lui a donc interdit de comptabiliser les gravats qui servent à augmenter le calibrage, et qui représenteraient le tiers du marché des déchets, selon une source bien informée.

Résultat: les pénalités cumulées pour Sita ont atteint le montant record de 7 millions de DH, selon Abdelaziz El Omari, président du Conseil de la ville. Pour compenser ce manque à gagner, Sita a demandé une révision du contrat afin d’augmenter les tarifs. Chose qu’El Omari refuse catégoriquement «au vu de la qualité de service qui laisse à désirer», selon ses termes. Pour Suez, la révision est un processus «naturel» prévu par la loi.

Le groupe a notamment demandé l’intégration de mesures nouvelles pour l’amélioration des services, la mise en œuvre d’un programme de sensibilisation, la création d’une police environnementale afin de verbaliser les contrevenants, la gestion globale des déchets inertes, la mise en conformité et l’entretien des pistes de la décharge de Médiouna…

Suez Environnement est l’un des principaux délégataires de services publics au Royaume, à travers de nombreuses filiales implantées dans plusieurs villes, dont la plus importante est la Lydec, qui gère les services d’eau, d’électricité, d’assainissement et d’éclairage public à Casablanca depuis 1997.

280 DH/tonne d’ordures

Casablanca consacre un budget global de 700 millions de DH (dont 300 millions pour Sita) par an à la propreté. Les prestations des délégataires sont payées en fonction du tonnage des ordures ramassées. Quant au tarif à la tonne, il varie selon la nature des déchets. Ainsi, une tonne d’ordures est rémunérée entre 165 et 280 DH et la même quantité de gravats à 111 DH. Les déchets verts sont les plus chers: 530 à 560 DH la tonne. Les délégataires sont aussi payés pour leurs prestations de balayage mécanique et manuel (en fonction du kilométrage).

 

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