Economie

Aquaculture: La filière cherche des investisseurs

Par Jamal Eddine HERRADI | Edition N°:5111 Le 21/09/2017 | Partager
22 unités projetées dans le nord dont 6 à Al Hoceïma
Des espaces aquacoles, clés en main, mis à disposition
Un budget prévisionnel de 600 millions de DH
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Le plan de développement aquacole du littoral méditerranéen mis en place par l’ANDA a été établi sur des critères spécifiques bien déterminés. La région d'Al Hoceïma est la première étape des appels à manifestation d’intérêt pour le développement des projets d’aquaculture au Maroc

L’aquaculture a-t-elle des chances de se développer au Maroc?  Tout porte à le croire. En effet, la nouvelle stratégie de développement du secteur aquacole a fixé comme objectif d’atteindre une production de 200.000 tonnes à l’horizon 2020. Ce n’est pas rien puisque ce volume représente, quand même, 11% de la production halieutique nationale totale prévisionnelle. De nos jours, le volume de production aquacole marine ne dépasse guère les 500 tonnes par an, soit moins de 0,01% du total de la production halieutique nationale.

Aussi, le département en charge du secteur de la pêche maritime a mis en place, dès 2011, une structure dédiée exclusivement à l’aquaculture. Il s’agit de l’Agence nationale pour le développement de l’aquaculture  (ANDA). Très vite, l’Agence s’est mise au travail et a pu identifier plusieurs zones potentielles d’accueil des projets aquacoles dans différentes parties du pays. La Région Tanger-Tétouan-Al-Hoceïma figure parmi ces zones. L’ANDA a, d’ailleurs, organisé mardi dernier à Al Hoceïma une journée «portes ouvertes» qui a été consacrée aux opportunités d’investissement dans l’aquaculture. Une journée durant laquelle l’information sur cette nouvelle filière a foisonné dans le cadre d’ateliers dédiés animés par les cadres et experts de l’Agence.

Les acteurs ciblés ont ainsi pu prendre connaissance du potentiel halieutique de cette partie du Maroc. La région d’Al Hoceïma dispose, en effet, d’un capital aquacole évalué à 105 hectares. Pas moins de 6 projets porteurs y sont prévus dont 4 projets dédiés à la culture des coquillages et 2 à la pisciculture marine.

La région est la première étape des appels à manifestation d’intérêt pour le développement des projets d’aquaculture au Maroc. En effet, deux appels relatifs à l’exploitation de 22 unités de production étendues sur une superficie de 470 hectares à Chefchaouen et Al Hoceïma ont déjà été lancés le 18 juillet dernier. Soit un investissement prévisionnel de l’ordre de 600 millions de DH avec à la clé la création de 500 nouveaux emplois. Cependant, ces appels sont, apparemment, restés infructueux. C’est pour cette raison que l’Agence a décidé de relancer les deux appels à manifestation d’intérêt pour des investissements dans la filière de l’aquaculture dans la région.

Le premier porte sur 18 unités de production en mer, situées dans les provinces de Chefchaouen et d'Al Hoceïma. Il est destiné aux investisseurs nationaux et étrangers. Quant au second, il concerne 4 unités de production de 15 ha chacune et cible les jeunes entrepreneurs originaires de la région. Le dépôt des dossiers doit être effectué avant le 18 octobre prochain. Des espaces aquacoles, clés en main, seront mis à la disposition des investisseurs qui souhaitent bénéficier de conditions propices à l’investissement et développer des projets viables d’aquaculture dans la région.

Pour les jeunes entrepreneurs, l’ANDA a, quand même, posé quelques conditions. En effet, ils doivent être natifs et résidents de la région Tanger-Tétouan-Al Hoceïma et être âgés entre 20 et 40 ans. En outre, ils doivent au moins être bacheliers. En plus, ils devront s’engager à suivre une formation dans le domaine de la culture marine.

L’Agence encourage également et fortement la formation de groupements de jeunes entrepreneurs. Même que les candidats organisés en groupements de plus de cinq personnes seront favorisés. A noter que les jeunes entrepreneurs seront plus orientés vers l’élevage de coquillages. Une activité nettement moins coûteuse que celle du poisson. Et pour cause, ce dernier doit être nourri quotidiennement alors que les coquillages, en pompant l'eau de mer, y puisent à la fois l'oxygène qui leur est nécessaire et se nourrissent des particules en suspension dans l’eau.

Le plan de développement aquacole du littoral méditerranéen mis en place par l’ANDA a été établi sur des critères spécifiques bien déterminés. D’abord, il fallait procéder à une définition de l’état des lieux par l’établissement de l’occupation des espaces maritimes et terrestres nécessaires. Ce n’est que par la suite que les zones disponibles et propices pour l’exercice de l’activité sont délimitées.

Ensuite, vient l’étape d’identification des caractéristiques du milieu au niveau des zones retenues. Et cela dans l’objectif d’étudier la biodiversité, la qualité de l’eau et aussi les paramètres océanographiques. Troisième étape: élaborer le schéma des structures aquacoles à travers les études de faisabilité et biologiques des projets. Cela tout en définissant les espaces favorables à l’exercice de l’activité, les espèces potentielles et les techniques d’élevage. Et, enfin, évaluer les impacts des projets aquacoles sur l’environnement.

Carte de visite

Créée en 2011, l’Agence nationale pour le développement de l’aquaculture (ANDA) est un organisme public qui a pour vocation essentielle de promouvoir l’aquaculture. Sa mission est axée sur le soutien aux investissements dans cette filière, la proposition de toute mesure réglementaire dans le but d’en encourager le développement et d’accompagner les projets pilotes en partenariat avec les secteurs public et privé. Elle a également pour mission d’apporter tout le soutien nécessaire aux investisseurs pour la concrétisation de leurs projets.
Depuis sa création, l’Agence compte à son actif plusieurs réalisations à l’échelle nationale notamment la mise en œuvre de 5 plans d’aménagement aquacole dans les régions de Dakhla-Oued Eddahab, de Souss-Massa, de Guelmim-Oued Noun, de Tanger-Tétouan-Al Hoceïma et de l’Oriental.

 

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