International

Quand l’inflation guide l’action des banques centrales

Par Fatim-Zahra TOHRY | Edition N°:5110 Le 20/09/2017 | Partager
Elle reste sous le seuil de 2%
La Fed, la BCE… peaufinent leur programme
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Le taux d’inflation dans la zone euro a progressé en août sur un an, à 1,5%. La Banque centrale européenne (BCE) considère qu’une hausse des prix légèrement inférieure à 2% est un signe de bonne santé de l’économie

 

La politique monétaire est redevenue le principal sujet de préoccupation des marchés financiers mondiaux. Ils attendent d’en savoir plus sur l’issue de la réunion de la Réserve fédérale américaine (Fed) mercredi soir. Les investisseurs sont à l’affût de toute indication sur un possible tour de vis en décembre.

Il faut dire que l’inflation guide l’action des principales institutions monétaires. Début septembre, la Banque centrale européenne (BCE) n’a pas modifié sa politique monétaire, mais elle compte présenter un plan en octobre. L’institution s’attend à une baisse de l’inflation début 2018. Et ce, à cause d’un impact négatif lié aux variations des prix de l’énergie et de denrées alimentaires, rapporte son récent bulletin économique.

Ce phénomène devrait se produire au moment où elle pourrait commencer à «recalibrer» à la baisse son vaste programme de rachats d’obligations lancé en 2015. Baptisé «QE», il est destiné à soutenir l’économie et les prix. Le programme est conduit actuellement au rythme de 60 milliards d’euros par mois.

En attendant, le taux de l’inflation dans la zone euro a bel et bien accéléré en août, selon les nouveaux chiffres d’Eurostat, l’Office européen des statistiques. Le taux a progressé en août sur un an, à 1,5%. En juillet, il a atteint 1,3%. La BCE considère qu’une hausse des prix légèrement inférieure à 2% est un signe de bonne santé de l’économie. Les taux les plus faibles ont été enregistrés en Irlande (0,4%), à Chypre (0,5%) et en Grèce (0,6%). Les plus élevés ont été relevés en Lituanie (4,6%), en Estonie (4,2%) et en Lettonie (3,2%).

L’inflation sous-jacente (hors énergie, produits alimentaires, boissons alcoolisées et tabac, qui exclut par conséquent les produits particulièrement volatils) a été confirmée à 1,2% en août, soit le même niveau qu’en juillet.  Une remontée lente et progressive a été d’ailleurs observée depuis mars 2017. Les causes de cette remontée sont importantes. Il peut s’agir a priori: «d’une accélération des salaires avec la baisse du chômage, d’un freinage des gains de productivité et d’une hausse du taux de marges bénéficiaires des entreprises.

Ceci avec le redressement de la demande et la faiblesse de l’euro avant qu’il ne se réapprécie», relèvent les experts de Natixis dans une note économique. Ils observent que, depuis le début de 2017, les «deux premières explications sont pertinentes, plus que la troisième, probablement en raison de l’appréciation de l’euro». La BCE pourra réagir dans le futur à cette augmentation de l’inflation sous-jacente, qui vient bien du «marché du travail».

 

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