Competences & rh

Techniciens comptables, des salaires très bas

Par Tilila EL GHOUARI | Edition N°:5109 Le 19/09/2017 | Partager
Les débutants démarrent à 2.500 ou 3.000 DH
Ils peuvent évoluer vers le métier de chef-comptable, contrôleur de gestion, auditeur...
Formation continue, le chaînon manquant
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Peu de professions peuvent se vanter d’échapper au chômage. Le métier de comptable en est un. En effet, tous les types de structures (entreprises, associations ou administrations) ont besoin des services d’un technicien comptable.  Ce profil est généralement diplômé de l’Office de la formation professionnelle et de la promotion du travail  (OFPPT), de l’Institut spécialisé des technologies appliquées (ISTA) ou d’écoles privées accréditées par la Formation professionnelle.

Les autres sont issus de la faculté des sciences économiques avec un diplôme d’études universitaires générales (Deug ou licence). Certains ont un brevet de technicien supérieur (BTS) en comptabilité, d’autres sont formés sur le tas. A l’aise avec les chiffres et dotés d’une capacité d’apprentissage rapide, ces derniers sont affectés à la direction financière de l’entreprise», rajoute Essaid Bellal, directeur général du cabinet de recrutement Diorh. «Ils commencent par effectuer des petites tâches routinières et dès qu’ils acquièrent les compétences requises, ils deviennent de bons comptables», poursuit-il.

Après leur diplomation, les jeunes candidats peuvent travailler dans les services de comptabilité des entreprises, dans des cabinets de comptables agréés ou d’experts-comptables. «La formation, grâce à son caractère polyvalent, peut aussi aboutir à la création d’entreprises», souligne Mohamadi Rachdi El Yacoubi, président de l’Organisation professionnelle des comptables agréés (OPCA). Les techniciens comptables sont souvent en charge de plusieurs tâches. Dans les moyennes et petites entreprises, où la présence d’un comptable agréé n’est pas obligatoire, ils s’occupent de la préparation de la TVA, de la tenue des livres, de la facturation, du recouvrement, de la paie et de la fiscalité.

Dans de plus grandes structures, ils sont généralement des aides-comptables et participent aussi à l’élaboration des états financiers de synthèse. La rigueur, la précision et la méthodologie sont des critères indispensables pour exercer ce métier. S’ajoutent à cela la curiosité qui permet d’être à jour sur les nouvelles normes comptables, fiscales, sociales et juridiques, le bon sens relationnel, le respect des délais et l’intégrité pour assumer de lourdes responsabilités.

Le salaire des commis comptables est l’un des plus bas sur le marché. «Ils commencent, pour la plupart, avec une rémunération de 2.500 ou 3.000 DH, et peuvent toucher deux à trois fois plus s’ils sont très compétents», précise le DG de Diorh. «Les candidats peuvent passer par l’Anapec, ce qui leur permet de bénéficier d’une bonne sécurité sociale. Mais ce type de contrat ne débouche pas forcément sur un CDI», indique le président l’OPCA.

Les techniciens comptables ont plusieurs possibilités d’évolution de carrière. Ils peuvent s’orienter vers des postes tels que chef-comptable, contrôleur de gestion, directeur administratif et financier ou encore auditeur. Pour cela, ils devront suivre des formations continues ou en alternance. «Plusieurs écoles publiques et privées de la place proposent ce type de formation. Les candidats peuvent facilement décrocher un master ou un bachelor, voire même une expertise, s’ils sont assez tenaces», assure Abdeslam Benahra, président de la Fédération marocaine de l’enseignement professionnel privé (FMEP). Par ailleurs, les écoles pourraient orienter la formation vers les besoins du métier en collaborant avec l’Ordre des experts-comptables et l’Organisation professionnelle des comptables agréés, qui sont les deux institutions représentant la profession au Maroc.

Au niveau de l’entreprise, s’ils veulent progresser, ils ne devront pas se contenter des tâches qui leur sont attribuées. «Ils doivent se montrer curieux et prouver qu’ils sont capables de prendre plus de responsabilités», conseille Essaid Bellal. Pour Mohammed Lahyani, dirigeant de Financejob.ma, cabinet de recrutement des comptables et financiers, la «formation continue devrait être obligatoire».

En effet, au-delà de la formation inculquée sur les bancs de l’école, pour être un bon technicien comptable, il faut surtout miser sur l’auto-formation. «Le meilleur candidat que l’on a reçu venait d’une école privée pas du tout connue, mais il s’auto-formait continuellement et faisait beaucoup de recherches», confie un responsable en recrutement.

 D’énormes lacunes en français et en maîtrise de logiciel 

Aujourd’hui, le nombre de techniciens comptables répond à la demande. Aucun manque ne se fait ressentir sur le marché de l’emploi. Toutefois, en termes de qualité des profils, les recruteurs ne sont pas satisfaits. «Comme dans plusieurs autres domaines d’activité, les bons profils se font rares», déplore Essaid Bellal, directeur général du cabinet de recrutement Diorh. Un avis partagé par plusieurs autres professionnels. La majorité des candidats ont d’énormes lacunes au niveau de la maîtrise de la langue française. «En arrivant à l’établissement de formation, les étudiants ont déjà une rupture linguistique puisqu’ils ont suivi des cours en arabe», explique Mohamadi Rachdi El Yacoubi, président de l’OPCA. En plus de cela, la plupart ne maîtrisent pas les principaux logiciels de comptabilité. «En manque de formation en ce sens, les écoles devraient penser à délivrer des certifications de logiciel professionnel à leurs étudiants», souligne Abdeslam Benahra, président de la Fédération marocaine de l’enseignement professionnel privé (FMEP).

 

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