Economie

Cochenille du cactus: La lutte s’organise dans les Doukkala

Par Jamal Eddine HERRADI | Edition N°:5106 Le 14/09/2017 | Partager
13 millions de DH pour l’arrachage des plants infestés
1.700 km traités chimiquement

Introduit au Maroc vers 1770, le cactus a connu une évolution remarquable au fil des années. A telle enseigne qu’il est considéré aujourd’hui parmi les filières agricoles importantes. Et cela en raison, notamment, de son utilisation comme clôtures des propriétés agricoles ou des maisons dans la campagne. Et aussi comme fourrage pendant les années de sécheresse. C’est également un produit frais et ses produits dérivés ont une forte valeur ajoutée.

La superficie occupée actuellement par le cactus pour la seule région des Doukkala est de l’ordre de 1.500 ha dont 500 ha plantés dans le cadre du Pilier II du plan Maroc Vert qui encourage sa plantation comme culture alternative dans les zones moins favorables aux autres cultures.

Cependant, et malgré sa résistance aux maladies et aux ravageurs, le cactus a connu ces derniers temps une expansion sans précédent de la cochenille du cactus. Les premiers foyers de la forte présence de cet insecte phytophage ont été signalés à Sidi Bennour, Rhamna et à Youssoufia. Face à cette situation aussi grave que dangereuse, une commission technique composée de l’ORMVAD, de l’ONSSA, de l’INRA, des autorités locales, des collectivités territoriales et de partenaires privés, a été mise en place pour lutter contre ce fléau.

Ainsi, la lutte intégrée contre la cochenille du cactus s’articule autour de quatre axes principaux. D’abord, la lutte chimique combinée à l’arrachage et l’enfouissement des plants infestés et endommagés. Ensuite, la lutte biologique utilisant des insectes prédateurs de la cochenille. Et enfin, la sélection génétique de variétés résistantes.

Un premier bilan des différentes interventions à plusieurs niveaux, fait état d’une distance de 1.700 km de cactus attaqués qui ont été traités chimiquement. Quant aux opérations d’arrachage et de destruction des cactus infestés, elles ont été réalisées sur une distance de 260 km avec une largeur variant entre 2 et 4 mètres. Opérations effectuées en trois étapes durant la période s’étalant du début de 2016  jusqu’à fin juin 2017. C’est ce qui a permis de freiner la dissémination de la cochenille vers d’autres zones.

Actuellement, la quatrième étape de lutte est en cours après la tenue de plusieurs réunions à l’échelle des provinces, des caïdats et des douars. Réunions qui avaient pour objectif de déterminer exactement les distances aptes pour l’arrachage au niveau de chaque commune et le classement des douars selon le degré d’attaque d’une part, et pour élaborer la stratégie d’intervention d’autre part.

A l’issue de ces réunions, la distance totale a été évaluée à 4.000 km différemment attaqués, dont 3.440 km au niveau de la seule province de Sidi Bennour et 560 au niveau de la province d’El Jadida.  Sur la base de ce diagnostic, un budget de 13 millions de DH a été consacré à l’arrachage d’une distance de 350 à 400 km répartie en 3 lots.

Ces derniers sont composés de communes rurales fortement infestées pour un délai de réalisation fixé à 6 mois. L’efficience d’intervention sera garantie par les commissions provinciales qui coordonnent l’opération et les commissions de suivi formées à l’échelle de chaque caïdat et qui suivent de très prêt l’arrachage et gèrent les machines selon les priorités d’intervention.

Cordon sanitaire

Le département de l’Agriculture a mis en place des mesures d’urgence pour faire face au fléau de la cochenille du cactus. Parmi ces mesures, il y a lieu de citer la suspension du programme de nouvelles plantations de cactus dans le cadre du Pilier II du plan Maroc Vert jusqu’à ce que la situation soit maîtrisée. Et aussi le renforcement et l’accélération des opérations d’arrachage et d’enfouissement des cactus infestés. Il a également été décidé d’intensifier les traitements phytosanitaires des plantations faiblement infestées. Sans oublier la mise en place d’un cordon sanitaire pour empêcher la contamination des zones encore indemnes.

 

 

 

  • SUIVEZ-NOUS:

  • Assabah
  • Atlantic Radio
  • Eco-Medias
  • Ecoprint
  • Esjc