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Réforme du code du travail en France: Les syndicats se mobilisent en ordre dispersé

Par Fatim-Zahra TOHRY | Edition N°:5104 Le 12/09/2017 | Partager
Un mouvement de contestation dès aujourd’hui
L’exécutif a opté pour la procédure accélérée des ordonnances
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Grèves et manifestations sont prévues aujourd’hui en France contre l’assouplissement du code du travail engagé par le président Emmanuel Macron. Il s’agit de la première mobilisation sociale de son quinquennat. Des grèves sont attendues dans les transports aériens et ferroviaires. Fonctionnaires, étudiants, lycéens sont conviés à participer au mouvement.

Le monde syndical reste divisé sur la conduite à tenir face à la loi travail de l’exécutif. La Confédération générale du travail (CGT) a appelé à protester contre le nouveau texte, qui selon elle «donne les pleins pouvoirs aux employeurs». Plus de 180 manifestations et 4.000 appels à la grève ont été recensés au total par la CGT.

Parmi les autres principaux syndicats, FO (Force ouvrière) et la CFDT (Confédération française démocratique du travail) sont critiques envers la réforme mais n’appellent pas à manifester (parfois contre l’avis de leurs adhérents). Le leader de la gauche radicale, Jean-Luc Mélenchon, battra aussi le pavé mardi contre ce qu’il qualifie de «coup d’Etat social». Il a également appelé à manifester le 23 septembre. En parallèle, les salariés de la branche Eau de Veolia sont appelés aussi à se mobiliser contre le quatrième plan social dans l’entreprise depuis 2014.

Le pari est grand. Les précédentes grandes mobilisations sociales, contre la réforme du marché du travail décidée par le président socialiste François Hollande en 2016, ou la réforme des retraites, en 2010, n’ont pas fait reculer les gouvernements de l’époque.

Macron aussi n’a aucune intention de céder sur sa réforme, qui constitue l’une de ses promesses phares de campagne. Son objectif est de donner plus de flexibilité aux entreprises et de les encourager à embaucher alors que le chômage reste massif. Il touche 9,5% de la population active, contre une moyenne de 7,8% en Europe. L’exécutif a opté pour la procédure accélérée des ordonnances, qui lui permet de décider du contenu de la réforme sans passer par un débat parlementaire.

Plafonnement des indemnités en cas de contentieux, réduction des délais de recours des salariés, possibilité de négocier sans syndicat en dessous de 50 salariés: les ordonnances font la part belle aux petites et moyennes entreprises qui représentent près de la moitié des salariés en France. La réforme du code du travail sera le principal objectif de la mobilisation syndicale de ce mardi.

Mais d’autres mesures annoncées inquiètent aussi. C’est le cas de la baisse des aides personnelles au logement (APL) ou encore, dans la fonction publique, le gel du point d’indice (qui sert aux calculs de la rémunération des fonctionnaires) et les réductions d’effectifs.

 

 

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