Economie

100 premiers jours: Un «coup de com» pour relancer la majorité

Par Mohamed CHAOUI | Edition N°:5104 Le 12/09/2017 | Partager
Cérémonie avec les patrons de la coalition, à l’exception de Benkirane
Un rendez-vous instrumentalisé en faveur de l’exécutif
100 jours et beaucoup trop de questions
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«Plus de trois mois après son investiture, El Othmani n’est toujours pas arrivé à imprimer un nouveau rythme. Il y a moins de crispation au sein de la majorité mais toujours un déficit de résultat» (Ph. L'Economiste)

Les premiers pas marquent toujours un mandat politique. C’est probablement ce postulat qu’il faudra garder à l’esprit quand il s’agira d'évaluer le bilan de Saâdeddine El Othmani. Pour les 100 premiers jours, ou plus exactement «des quatre mois» comme aiment à le dire des ministres, la Primature joue la carte de la communication.

D’abord, sur la forme, la cérémonie  devait réunir hier, à 17 heures, les patrons des 6 partis de la majorité, à l’exception peut-être du secrétaire général du PJD Abdelilah Benkirane, qui continue de bouder les activités de l’exécutif même si c’est son parti qui le conduit.

Le chef du gouvernement a cherché à impliquer les parlementaires dans la présentation du «bilan des quatre premiers mois» de ce gouvernement. Mais, à l’heure où nous mettions sous presse, on hésitait encore sur l’opportunité d’associer les élus de la nation via un débat à cette occasion.

Ensuite, sur le fond, le principe des «100 premiers jours», en vigueur dans les démocraties, est détourné. Après cette période, perçue comme un état de grâce, les hostilités sont lancées, ce qui ouvre la voie à l’interpellation du nouveau gouvernement. Les réalisations sont déclinées dans un rapport qui retrace les actions phares dans différents secteurs. L’épaisseur du document, 150 pages, est trompeuse.

Plusieurs chantiers entamés et revendiqués dans le bilan sont en réalité antérieurs à l’arrivée de ce gouvernement. Pour le mandat actuel, le lecteur du rapport est pris à témoin à grand renfort de justification sur le retard pris dans la formation du gouvernement et l’adoption du budget 2017.

Actualité oblige, la rentrée scolaire et universitaire y est abordée, avec les différentes initiatives prises comme le recrutement de 35.000 enseignants par contrats via les Académies régionales d’éducation et de formation. Ce sera sans doute l’une des rares réformes à être effective. Un résultat qui tient d’abord aux instructions et au suivi royal.

Le reste a des airs d’inventaire à la Prévert ou d'une liste à adresser au père Noël: «Soutien du choix démocratique», «principes de l’Etat de droit, de la loi et de la consécration de la régionalisation avancée», «renforcement des valeurs de la transparence», «réforme de l’administration et consécration de la bonne gouvernance», «développement du modèle économique», «promotion de l’emploi et du développement durable», «renforcement du développement humain et cohésion  sociale et spatiale», «renforcement de  l’image du Maroc à l’étranger».

 

 

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